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MICRO-ENTREPRISE
Embaucher en auto-entreprise : règles et coûts 2026
Un auto-entrepreneur peut-il embaucher ? Formalités (DPAE, TESE), coût d'un salarié au Smic, stagiaire, apprenti et alternatives à l'embauche.
Sommaire
En résumé
- Oui, un auto-entrepreneur peut embaucher. Le statut le permet, mais il n'est pas pensé pour une équipe.
- Les salaires ne sont pas déductibles : vos cotisations et votre impôt restent calculés sur le chiffre d'affaires.
- Au Smic, un salarié à temps plein coûte environ 1 988 € par mois à l'employeur en 2026.
- La DPAE se fait avant l'arrivée du salarié, au plus tôt 8 jours avant l'embauche. Le TESE de l'Urssaf, gratuit, prend en charge une grande partie des formalités.
- Stagiaire, apprenti, sous-traitance ou intérim : chaque option a ses règles.
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Les demandes s'enchaînent et vous ne suivez plus ? Embaucher paraît logique. En micro-entreprise, c'est possible, mais le calcul n'a rien d'évident : chaque euro de salaire sort de votre poche sans réduire vos cotisations. Voici les règles 2026, le coût réel d'un salarié, les démarches et les autres solutions pour vous faire aider, d'après les sources officielles.
Un auto-entrepreneur peut-il embaucher un salarié ?
Oui. Aucune règle n'interdit à un micro-entrepreneur de recruter. Vous déclarez votre salarié comme n'importe quel employeur, avec le numéro SIRET que vous avez déjà.
Le problème est ailleurs. Vos cotisations ? Un pourcentage de ce que vous encaissez, sans retirer aucun frais avant le calcul (Urssaf). Et l'abattement de 71 %, 50 % ou 34 % ne joue que pour l'impôt. Résultat : un salaire versé ne fait baisser ni vos cotisations ni votre revenu imposable.
Autre limite, les plafonds de chiffre d'affaires. En 2026, ils sont de 83 600 € pour les prestations de services et de 203 100 € pour la vente (service-public.fr). Un salarié vous aide à produire plus, mais votre chiffre d'affaires reste plafonné.
Bon à savoir
dépasser le plafond une seule année ne fait pas perdre le régime. Il faut deux années consécutives de dépassement pour basculer au 1er janvier suivant.
Combien coûte un salarié au Smic en 2026 ?
Le Smic brut est de 1 867,02 € par mois pour 35 heures depuis le 1er juin 2026, soit 12,31 € de l'heure (Urssaf). Vérifiez aussi la convention collective de votre activité : son salaire minimum s'applique s'il est plus élevé.
Bonne nouvelle, les cotisations patronales sont très allégées à ce niveau de salaire. La réduction générale dégressive unique (RGDU) est maximale au Smic, puis diminue jusqu'à disparaître à 3 Smic (service-public.fr).
Concrètement, le simulateur de l'Urssaf donne, pour un salarié en CDI à temps plein payé au Smic, dans une entreprise d'un salarié :
| Poste | Montant mensuel |
|---|---|
| Salaire brut | 1 867,02 € |
| Cotisations patronales | 120,74 € |
| Coût total employeur | 1 987,76 € |
| Salaire net versé au salarié | 1 455,99 € |
Sur un an, comptez donc près de 23 850 €. Et pas un centime de cette somme ne vient en déduction de votre chiffre d'affaires. Posez donc vos propres chiffres à plat avant de signer quoi que ce soit. L'activité doit payer le salaire, vos cotisations et, bien sûr, votre propre rémunération.
Bon à savoir
ce montant varie selon la convention collective, la mutuelle choisie ou le temps de travail. Service-public.fr renvoie vers le simulateur de l'Urssaf pour estimer votre cas précis.
Quelles démarches pour embaucher un premier salarié ?
Les formalités sont les mêmes que pour toute entreprise (service-public.fr).
Avant le premier jour de travail
- La DPAE (déclaration préalable à l'embauche). Elle part à l'Urssaf avant que le salarié commence, mais pas plus de 8 jours avant l'embauche. Le salarié en reçoit une copie. Un oubli coûte cher : 1 305 € de pénalité par salarié. S'il est volontaire, c'est du travail dissimulé, puni de 45 000 € d'amende et de 3 ans d'emprisonnement.
- Le service de prévention et de santé au travail, souvent appelé médecine du travail : vous devez y adhérer. La visite d'information et de prévention a lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste (service-public.fr).
- La mutuelle d'entreprise : vous devez proposer une complémentaire santé et en financer au moins 50 % (service-public.fr).
À l'embauche
- Les informations écrites : certaines se remettent au salarié dans les 7 jours (identité, poste, rémunération, durée du travail…), d'autres au plus tard 1 mois après l'embauche.
- Le registre unique du personnel : obligatoire dès le premier salarié ou stagiaire, il se conserve 5 ans après le départ du salarié (service-public.fr).
- Le document unique d'évaluation des risques (DUERP) : il est obligatoire dès le premier salarié (service-public.fr).
- Les affichages obligatoires dans vos locaux (service-public.fr).
Chaque mois
Vous remettez un bulletin de paie et transmettez la déclaration sociale nominative (DSN), au plus tard le 15 du mois suivant pour une entreprise de moins de 50 salariés (service-public.fr). L'affiliation à la retraite complémentaire se fait automatiquement avec la première DSN.
À la fin du contrat
Vous tenez à disposition du salarié son certificat de travail, son reçu pour solde de tout compte et son attestation France Travail.
Bon à savoir
le TESE de l'Urssaf est un service gratuit. Un seul formulaire en ligne vaut contrat de travail et DPAE, puis le service établit les bulletins de paie et les déclarations sociales. Il fonctionne pour un CDI, un CDD ou un contrat d'apprentissage (Urssaf service Tese).
Peut-on accueillir un stagiaire en micro-entreprise ?
Oui, avec une convention de stage signée avec l'établissement d'enseignement. Le stage doit s'inscrire dans un cursus d'au moins 200 heures d'enseignement par an. Les règles principales (service-public.fr) :
- 6 mois maximum par année d'enseignement dans la même structure ;
- 3 stagiaires au plus en même temps dans une entreprise de moins de 20 salariés ;
- un délai de carence d'un tiers de la durée du stage précédent avant de reprendre un stagiaire sur le même poste.
Au-delà de 2 mois de stage (44 jours à 7 heures, ou 309 heures), une gratification est obligatoire. Son minimum est de 4,50 € par heure de présence en 2026. Jusqu'à ce montant, elle n'est pas soumise à cotisations.
Un stagiaire n'est pas un salarié. Vous ne pouvez pas lui confier une tâche régulière correspondant à un poste permanent, ni le faire venir pour un surcroît d'activité ou un emploi saisonnier. Rien de dangereux non plus. Gare aux contrôles : un stage hors des clous peut coûter jusqu'à 2 000 € d'amende par stagiaire.
Bon à savoir
le stage s'est bien passé et vous recrutez votre stagiaire moins de 3 mois après ? Sa période d'essai est raccourcie d'autant.
Un auto-entrepreneur peut-il prendre un apprenti ?
Oui. Côté contrat, deux formules : une durée limitée, de 6 mois à 3 ans, ou un CDI. L'apprenti a en principe entre 16 et 29 ans révolus (service-public.fr).
Son salaire est un pourcentage du Smic, selon son âge et son année de formation. Deux exemples :
- 18 ans, 1re année : 43 % du Smic, soit 802,82 € brut par mois ;
- 21 ans, 2e année : 61 % du Smic, soit 1 138,88 € brut par mois.
La première année, l'État vous verse une aide, proratisée si le contrat dure moins longtemps.
Pour une entreprise de moins de 250 salariés, les montants sont les suivants (service-public.fr) :
- jusqu'à 5 000 € si l'apprenti vise un diplôme de niveau bac au maximum ;
- 4 500 € jusqu'à bac + 2, ou 2 000 € jusqu'à bac + 5, pour un contrat signé depuis le 8 mars 2026 et démarré avant le 1er janvier 2027 ;
- 6 000 € pour un apprenti en situation de handicap.
Quelles alternatives à l'embauche ?
Embaucher n'est pas la seule façon de vous faire aider.
La sous-traitance
Vous confiez une mission à un autre indépendant, qui vous facture sa prestation. Pas de DPAE ni de bulletin de paie. Une condition est essentielle : il doit rester réellement indépendant. Le critère retenu est le lien de subordination (service-public.fr). Si vous lui imposez des horaires, des consignes et un contrôle comme à un salarié, la relation peut être requalifiée en contrat de travail.
L'intérim
L'agence d'intérim reste l'employeur et gère le contrat et la paie. Le recours est limité à certains cas, dont un qui vous concerne directement : votre propre remplacement en tant que chef d'entreprise ou professionnel libéral (service-public.fr).
Le portage salarial
Une entreprise peut y recourir pour des tâches occasionnelles qui ne relèvent pas de son activité normale et permanente, ou pour une expertise qu'elle n'a pas. La prestation dure 36 mois au maximum (service-public.fr). Pour comparer avec le statut d'indépendant, lisez notre guide freelance ou portage salarial.
Bon à savoir
le Cesu est réservé aux particuliers employeurs, pour des services à domicile. Une entreprise, même individuelle, déclare ses salariés auprès de l'Urssaf ou passe par le TESE.
Faut-il changer de statut pour embaucher ?
Pas forcément pour un premier recrutement. Mais si vos besoins en personnel deviennent durables, le régime de la micro-entreprise montre ses limites : salaires non déductibles, chiffre d'affaires plafonné.
Une entreprise individuelle au réel ou une société (EURL, SASU) ne connaît pas ces plafonds, et les salaires y sont des charges de l'entreprise. En contrepartie, la gestion et la comptabilité sont plus lourdes. Notre guide pour choisir son statut juridique vous aide à comparer.
En attendant, surveillez votre chiffre d'affaires. Le logiciel de comptabilité d'Abby le fait pour vous : son widget « Plafonds » affiche une jauge par catégorie d'activité, alimentée par votre livre des recettes. Vous voyez d'un coup d'œil la marge qui vous reste avant le plafond. Pour aller plus loin, lisez notre guide pour suivre son chiffre d'affaires en micro-entreprise.
Suivez vos plafonds de chiffre d'affaires en temps réel
Abby centralise votre livre des recettes et affiche la marge restante avant chaque seuil micro-entreprise.
Ce qu'il faut retenir
Embaucher en auto-entreprise ? Oui, et les formalités sont celles de tout employeur. Le frein est financier : environ 1 988 € par mois au Smic, sans aucune déduction sur vos cotisations ni sur votre impôt.
Pour un besoin ponctuel, la sous-traitance, l'intérim ou un stagiaire suffisent souvent. Si l'équipe doit grandir durablement, posez-vous la question du statut.
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Sources
- Urssaf, l'essentiel du statut auto-entrepreneurCotisations et fonctionnement du régime micro-entrepreneur
- Urssaf, montant du SmicBarèmes officiels du salaire minimum en vigueur
- Service-public.fr, embaucher un salariéFormalités d'embauche pour les employeurs
- Urssaf, TESETitre emploi service entreprise, service gratuit de l'Urssaf
Questions fréquentes
Oui. Il déclare son salarié comme tout employeur, avec son SIRET, et accomplit les mêmes formalités.
Non. Vos cotisations suivent votre chiffre d'affaires encaissé, votre impôt aussi, après un abattement forfaitaire. Verser un salaire ne change ni l'un ni l'autre.
Comptez environ 1 988 € par mois pour un temps plein en 2026. Le simulateur de l'Urssaf détaille : 1 867,02 € de salaire brut, plus 120,74 € de cotisations patronales.
Avant la prise de poste, au plus tôt 8 jours avant la date d'embauche. Le TESE de l'Urssaf permet de la faire en même temps que le contrat de travail.
Oui, avec une convention de stage. Au-delà de 2 mois, une gratification d'au moins 4,50 € par heure est due en 2026.
Non. Le Cesu est réservé aux particuliers employeurs. En tant qu'entreprise, vous déclarez votre salarié auprès de l'Urssaf, par exemple via le TESE.




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