MICRO-ENTREPRISE

Aides micro-entrepreneur : toutes les aides disponibles en 2026

Léa Rollauer
par Léa Rollauer, Content Manager
Publié le 16 minutes de lecture

ACRE, ARCE, prêts d'honneur, exonérations : toutes les aides pour lancer et développer votre micro-entreprise.

Micro-entrepreneur consultant les aides disponibles pour lancer son activité

A priori, le statut de micro-entrepreneur implique naturellement les notions d'autonomie et d'indépendance. Mais est-ce que cela signifie que vous devez obligatoirement développer l'ensemble de votre projet par vos propres moyens ? Non, bien au contraire ! De nombreuses aides sont là pour vous accompagner, vous soutenir et vous encourager tout au long de la création de votre micro-entreprise, mais également jusqu'à son développement.

À cet instant, vous vous demandez certainement « Quelles sont ces aides ? » ou plus particulièrement « Existe-t-il des dispositifs d'accompagnement pour les micro-entrepreneurs ? », « Quelles sont les aides financières ? » etc… Eh bien, retrouvez sans plus attendre, dans ce guide : toutes les aides mises en place pour les micro-entrepreneurs, dont vous disposez en fonction de votre statut et de votre situation !

Des aides pour vous accompagner !

Voici une liste des différentes aides dont vous pouvez disposer en tant que micro-entrepreneur afin de mener à bien votre projet.

L'ACRE : L'aide à la création ou à la reprise d'une entreprise

L'ACRE, qu'est-ce que c'est ?

Cette aide a été mise en place dans un but premier : aider les micro-entrepreneurs à alléger leurs cotisations sociales au démarrage de leur activité. Elle se comptabilise en trimestre civil ce qui signifie qu'un trimestre débute en janvier, avril, juillet ou octobre.

Grâce à cette aide, vous pouvez être partiellement exonéré de cotisations sociales à partir de la date de début d'activité que vous avez déclarée, et jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit. Depuis le 1er juillet 2026, vous payez 75 % de vos taux de cotisations habituels, soit une exonération de 25 %.

Qui peut bénéficier de l'ACRE ?

Toutes les personnes désirant se lancer dans l'univers de la micro-entreprise peuvent bénéficier de l'ACRE, sous certaines conditions : vous devez être dans l'une de ces situations au moment de la création ou de la reprise de votre activité :

  • Être un demandeur d'emploi indemnisé
  • Être un demandeur d'emploi non indemnisé inscrit à France Travail pendant 6 mois au cours des 18 derniers mois
  • Bénéficier du RSA (Revenu de Solidarité Active) ou de l'ASS (Allocation de Solidarité Spécifique)
  • Avoir entre 18 et 25 ans
  • Avoir moins de 30 ans et ne pas être indemnisé (durée d'activité insuffisante pour ouvrir des droits au chômage)
  • Avoir moins de 30 ans et être reconnu handicapé
  • Être salarié ou licencié d'une entreprise en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire et en reprendre l'activité
  • Être sans emploi et avoir signé un CAPE (Contrat d'Appui au Projet d'Entreprise)
  • Créer votre entreprise dans un QPV (quartier prioritaire de la politique de la ville)
  • Bénéficier de la PreParE (prestation partagée d'éducation de l'enfant)
  • Exercer votre activité dans une ZFRR ou une ZFRR+ (zone France ruralités revitalisation)

Attention : vous ne devez pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes.

Comment bénéficier de l'ACRE ?

Tout d'abord, sachez que si vous touchez l'ASS, l'ACRE vous permet de continuer à la percevoir pendant 12 mois à compter de la création ou de la reprise de votre entreprise (ACRE-ASS).

Cela dit, prétendre à l'ACRE nécessite le suivi de ces 3 étapes :

  • Envoyer le formulaire de demande d'ACRE à l'URSSAF, depuis votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr, après avoir déclaré votre création d'activité sur le Guichet unique

Il suffit d'y joindre les documents justifiant votre éligibilité au système, ainsi que le justificatif de création d'activité disponible sur le Guichet unique. En termes de délai, il est recommandé de l'envoyer au moment de la déclaration de création ou de reprise de l'activité. Sinon, vous pouvez l'envoyer au maximum dans les 60 jours suivant le début de votre activité (après ce délai, vous ne pourrez plus envoyer la demande, alors soyez vigilant).

  • Votre demande est traitée sous 30 jours.

Sans réponse de l'URSSAF dans ce délai, l'ACRE est considérée comme accordée.

  • Vous recevez un courrier vous indiquant si l'ACRE vous est accordée ou non.

Si la réponse est favorable, vous recevrez une attestation justifiant votre attribution de l'aide. Sinon, vous recevrez un courrier motivé expliquant le refus de votre demande.

Quelles cotisations sont exonérées par l'ACRE ?

En micro-entreprise, l'ACRE ne s'applique pas cotisation par cotisation : c'est votre taux global de cotisations sociales qui est réduit, à 75 % du taux habituel depuis le 1er juillet 2026.

Si vous souhaitez en savoir davantage, n'hésitez pas à consulter notre article spécialement dédié à ce sujet.

L'ARCE : l'aide à la reprise ou à la création d'une entreprise

Cette aide complète en quelque sorte l'ACRE, car pour pouvoir en bénéficier, il faut avoir obtenu l'ACRE. Mais il faut également bénéficier de l'ARE (l'allocation d'aide au retour à l'emploi). En effet, l'aide est versée par France Travail uniquement à ces bénéficiaires.

À noter qu'un créateur d'entreprise sur quatre était au chômage avant de se lancer (Insee, 2022). L'élément avantageux réside dans le fait que vous pouvez choisir de recevoir 60 % de vos droits restants sous forme de capital, au lieu de continuer à percevoir vos allocations chaque mois. Une retenue de 3 % pour la retraite complémentaire est appliquée sur ce capital.

En ce qui concerne le versement du capital, il se fait en 2 fois :

  • la moitié à la date du début de l'activité
  • l'autre moitié 6 mois après, si vous exercez toujours votre activité et que vous n'êtes pas en CDI à temps plein

Le CAPE : Le contrat d'appui au projet d'entreprise

Le contrat d'appui au projet d'entreprise est un réel soutien pour le lancement de votre micro-entreprise. En effet, par le biais d'une association ou d'une entreprise, vous pouvez bénéficier d'une aide à la fois financière et matérielle, durant un an, renouvelable deux fois (soit 3 ans au maximum).

En contrepartie, il vous suffit de participer à un programme préparant à la création, la gestion ou la reprise de votre micro-entreprise.

Les dispositifs régionaux (ex-NACRE) : l'accompagnement à la création ou la reprise d'entreprise

Le NACRE (nouvel accompagnement à la création ou la reprise d'entreprise) n'existe plus au niveau national : depuis 2017, ce sont les régions qui proposent leurs propres dispositifs, mis en place spécialement pour les créateurs d'entreprise.

Ces dispositifs peuvent se caractériser en 3 éléments clés pour la création de l'entreprise :

  1. Le lancement de votre projet
  2. La gestion du financement
  3. Le développement de votre projet

À qui s'adressent ces dispositifs ?

Les conditions d'éligibilité et les démarches varient d'une région à l'autre. Pour connaître les dispositifs proposés dans votre région, rendez-vous sur le site de Bpifrance Création.

L'action sociale du CPSTI : une aide en cas de coup dur

L'URSSAF ne sert pas qu'à collecter vos cotisations : si vous traversez une période difficile, elle peut aussi vous venir en aide.

Si vous rencontrez des difficultés ponctuelles dans votre activité, vous pouvez en effet solliciter l'action sociale du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI), portée par l'Urssaf. Selon votre situation, différentes aides sont possibles :

  • l'aide aux cotisants en difficulté, pour vous aider à faire face à vos cotisations sociales ;
  • l'aide financière exceptionnelle ;
  • l'aide d'urgence en cas de catastrophe et intempéries ;
  • l'accompagnement au départ à la retraite, au moment de la cessation de votre activité.

D'ailleurs, sachez qu'Abby est partenaire officiel de l'Urssaf. Qu'est-ce que cela signifie ? Eh bien, si vous êtes en micro-entreprise (micro-BIC ou micro-BNC), vous n'aurez plus besoin de vous connecter à votre compte de l'URSSAF pour déclarer votre chiffre d'affaires et payer vos cotisations : tout se fait directement depuis l'application. Seule votre toute première déclaration se fait sur le site de l'URSSAF. De quoi faciliter au maximum la gestion de votre comptabilité et bien sûr optimiser votre temps. Génial non ?

Et côté facturation électronique, vous êtes aussi couvert : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, micro-entrepreneurs compris, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. L'émission deviendra obligatoire le 1er septembre 2027 si vous facturez des professionnels. Abby est une plateforme agréée : vous recevez déjà vos factures électroniques directement dans l'application, et l'émission y sera disponible pour l'échéance de 2027, gratuitement sur toutes les offres.

Les BGE : le réseau d'appui aux entrepreneurs

Le réseau BGE (Appui aux entrepreneurs) vous propose un accompagnement personnalisé pour apprendre à construire, mais aussi gérer votre micro-entreprise.

L'objectif est de vous apprendre à mettre en avant votre projet, tout en s'adaptant à votre rythme, mais aussi en prenant en compte vos attentes, avec l'aide d'un conseiller.

Les CMA : les chambres de métiers et de l'artisanat

Les CMA, qu'est-ce que c'est ?

Les chambres de métiers et de l'artisanat sont un réel soutien pour toutes les micro-entreprises artisanales françaises. Effectivement, en plus de défendre les objectifs et les intérêts de ces dernières, les CMA accompagnent concrètement les micro-entrepreneurs artisans.

Des aides financières pour les micro-entrepreneurs !

L'ARE : L'allocation d'aide au retour à l'emploi

L'allocation d'aide au retour à l'emploi est une aide que vous pouvez continuer à percevoir après le lancement de votre micro-entreprise. Attention : depuis le 1er avril 2025, si vous créez votre entreprise, vous ne pouvez cumuler l'ARE avec vos revenus que dans la limite de 60 % de vos droits restants.

Par ailleurs, le montant de l'allocation est calculé de sorte que celui-ci ne dépasse pas le salaire moyen à partir duquel vos droits au chômage ont été calculés.

Pour connaître le montant de votre allocation chômage, vous pouvez utiliser un outil d'estimation en ligne comme proposé sur le site Mes-Allocs. Le simulateur vous indique si vous êtes éligible, et calcule directement le montant de votre ARE.

En clair, l'ARE et votre revenu ne peuvent dépasser un certain seuil établi par France Travail. Concrètement, votre allocation est réduite de 70 % de vos revenus d'activité. En micro-entreprise, ce revenu correspond à votre chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les activités BNC).

De plus, chaque mois, vous devez déclarer les revenus rapportés par votre micro-entreprise, à France Travail.

À noter que si vous choisissez de bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), vous ne pouvez pas bénéficier de l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE). À vous de choisir l'aide qui vous convient le plus !

L'ASS : L'allocation de solidarité spécifique

L'allocation de solidarité spécifique vise les demandeurs d'emploi ne disposant plus de droits au chômage. Pour en bénéficier, vous devez avoir travaillé au moins 5 ans au cours des 10 années précédant la fin de votre dernier contrat, et vos ressources ne doivent pas dépasser 1 363,60 € par mois si vous vivez seul. Son montant est de 19,48 € par jour. Cela dit, en tant que micro-entrepreneur, vous pouvez la cumuler avec vos revenus pendant 3 mois : au-delà, son versement s'arrête si votre activité vous rapporte des revenus. Si vous bénéficiez de l'ACRE, vous pouvez en revanche continuer à la percevoir pendant 12 mois.

Les prêts : le prêt d'honneur, le micro-crédit

Le prêt d'honneur peut être une très bonne alternative d'aide financière pour le lancement de votre micro-entreprise. En effet, il dispose de nombreux avantages tels que :

  • le prêt personnel à taux 0
  • pas besoin de garantie
  • pas besoin de caution
  • un montant plus ou moins élevé : entre 3 000 € et 50 000 € (10 000 € en moyenne chez Initiative France)

À qui s'adresser ?

Pour bénéficier du prêt d'honneur, vous pouvez vous adresser à des associations telles que :

  • Réseau Entreprendre
  • Initiative France

L'ADIE : Association pour le droit à l'initiative économique

L'association pour le droit à l'initiative économique propose des micro-crédits aux caractéristiques suivantes :

  • il s'élève au maximum à 15 000 €
  • il peut être remboursé sous 48 mois (4 ans)
  • une personne de votre entourage doit se porter garante à hauteur de 50 % du montant emprunté
  • son taux d'intérêt est fixe, à partir de 8,4 %, auquel s'ajoute une contribution de solidarité de 6 % du montant emprunté

Des aides publiques pour les micro-entrepreneurs

Le soutien de votre région

En fonction de votre lieu d'habitation et de votre micro-entreprise, vous pouvez vous voir proposer des aides et contrats d'accompagnement par :

  • Des associations ;
  • Votre Conseil régional ;
  • Votre département ;
  • Etc.

De plus, certains concours peuvent vous permettre d'accéder à des prix avec une récompense financière.

Vous pouvez également être exonéré de la cotisation foncière des entreprises (CFE) l'année de création de votre entreprise. L'année suivante, votre base d'imposition est réduite de 50 %. Et si votre chiffre d'affaires de l'avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas 5 000 €, vous êtes exonéré de CFE.

Pour bénéficier de l'exonération de la première année d'activité, vous devez effectuer une déclaration initiale avant le 31 décembre de l'année de début d'activité.

Les financements européens

Sur le site europa.eu, vous pouvez découvrir les aides européennes (garantie, investissements, prêts, accompagnements…) que vous pouvez obtenir selon votre :

  • situation géographique
  • type d'activité
  • secteur d'activité

La franchise en base de TVA

Votre micro-entreprise peut bénéficier de la franchise en base de TVA sous certaines conditions. Effectivement, votre chiffre d'affaires hors taxes N-1 doit être inférieur ou égal à ces montants en fonction de votre situation :

  • 85 000 € pour les activités commerciales et les activités qui relèvent de l'hébergement,
  • 37 500 € pour les prestations de services.

Si vous dépassez ce seuil sans dépasser 93 500 € (activités commerciales) ou 41 250 € (prestations de services), vous perdez la franchise au 1er janvier de l'année suivante. Au-delà de ces seuils majorés, la TVA est due dès le jour du dépassement. Sur vos factures, pensez à indiquer la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

Des aides personnalisées pour les micro-entrepreneurs

L'AGEFIPH : l'Association de Gestion des Fonds pour l'insertion des personnes handicapées

C'est une subvention forfaitaire dont le montant s'élève à 3 000 euros. Le but de cette aide est de couvrir les frais nécessaires lors du lancement de l'entreprise. Pour en bénéficier, votre projet doit représenter au moins 7 500 €, avec un apport personnel d'au moins 1 200 €, et vous devez être accompagné par un expert habilité par l'Agefiph ou la région.

Si vous êtes concerné et que vous souhaitez percevoir cette subvention, il est important que vous anticipiez.

En effet, la demande doit être transmise avant l'immatriculation de votre entreprise (ou dans les 6 mois qui suivent, sous conditions).

Les aides dédiées aux femmes micro-entrepreneurs

Différentes aides dédiées aux femmes micro-entrepreneurs ont été mises en place afin de promouvoir la parité dans le monde de la micro-entreprise à travers des organismes, des concours ou encore des journées qui leur sont consacrées.

D'un point de vue financier, la garantie Égalité Femmes facilite l'obtention d'un prêt bancaire, d'une durée maximale de 7 ans. Elle s'adresse aux femmes inscrites comme demandeuses d'emploi ou en situation de précarité, pour une entreprise de moins de 3 ans.

Le prêt garanti peut financer vos investissements et/ou votre besoin en fonds de roulement.

Le fonds garantit le prêt jusqu'à 80 %, dans la limite de 50 000 euros garantis.

La garantie coûte 2,5 % du montant garanti.

Si la peur vous freine, vous savez désormais que vous n'êtes pas seul et qu'une multitude d'aides sont mises à votre disposition. À la fois pour vous, micro-entrepreneur, et pour votre micro-entreprise. Alors, plus d'excuses pour ne pas vous lancer !

Questions fréquentes

Si vous êtes éligible, l'ACRE réduit vos cotisations sociales à 75 % de leur taux habituel jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit le début d'activité. Si vous touchez le chômage, vous pouvez cumuler l'ARE avec vos revenus ou demander l'ARCE. Vous pouvez aussi obtenir un prêt d'honneur à taux 0 ou un microcrédit de l'ADIE.

Non. Vous choisissez entre le maintien de l'ARE, cumulée avec vos revenus dans la limite de 60 % de vos droits restants, et l'ARCE, qui vous verse 60 % de ces droits en capital, en 2 fois.

Envoyez le formulaire de demande à l'Urssaf depuis votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr, au plus tard 60 jours après le début de votre activité. Sans réponse sous 30 jours, l'ACRE est considérée comme accordée.

Non, vous êtes exonéré l'année de création si vous faites votre déclaration initiale avant le 31 décembre, puis votre base d'imposition est réduite de 50 % l'année suivante.

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