FACTURATION ÉLECTRONIQUE

Qui est concerné par la facturation électronique ?

Lea Rollauer
par Lea Rollauer, Responsable Juridique
14 minutes de lecture

Auto-entrepreneur, profession libérale, SCI ou association : découvrez qui est concerné par la facturation électronique et à quelle date.

En résumé :

  • Les entreprises assujetties à la TVA établies en France entrent dans le dispositif, quelle que soit leur forme juridique.
  • Les auto-entrepreneurs et les micro-entrepreneurs en franchise en base de TVA sont concernés.
  • Les ventes entre professionnels établis en France relèvent de la facture électronique.
  • Les ventes aux particuliers et certaines opérations internationales relèvent de l'e-reporting.
  • Certaines opérations exonérées de TVA peuvent bénéficier d'un traitement spécifique.
  • La réception est obligatoire depuis le 1er septembre 2026. L'émission s'étend progressivement jusqu'au 1er septembre 2027.

Le test en trois questions pour savoir si vous êtes concerné

La réponse dépend principalement de votre activité, de votre régime de TVA et de vos clients. Pour vous situer rapidement, suivez ce parcours.

1. Exercez-vous une activité économique indépendante ?

Si vous vendez des biens ou proposez des prestations de manière indépendante et habituelle, vous exercez une activité économique. Cette activité peut être exercée en entreprise individuelle, en société ou sous un autre statut juridique.

2. Êtes-vous assujetti à la TVA ?

Vous pouvez être assujetti à la TVA même si vous ne la facturez pas. C'est notamment le cas des micro-entrepreneurs en franchise en base.

3. Quels sont vos clients et vos opérations ?

  • Vous facturez des professionnels établis en France : vos opérations peuvent relever de la facture électronique.
  • Vous facturez des particuliers : les données de vos ventes peuvent relever de l'e-reporting.
  • Vous facturez des clients étrangers : certaines données peuvent également relever de l'e-reporting.
  • Vous réalisez uniquement des opérations exonérées ou hors champ : un examen spécifique est nécessaire.

Si vous répondez « oui » aux deux premières questions, votre entreprise devrait entrer dans le nouveau dispositif. C’est le type de client qui détermine ensuite le traitement de chaque opération.

Qui entre dans le champ de la facturation électronique ?

Les entreprises assujetties à la TVA établies en France

Le critère principal est simple : être une entreprise assujettie à la TVA et établie en France. Cette règle concerne les personnes physiques comme les personnes morales.

Vous pouvez donc être concerné en tant que :

  • auto-entrepreneur ;
  • micro-entrepreneur ;
  • freelance ;
  • artisan ;
  • commerçant ;
  • profession libérale ;
  • société commerciale ;
  • association assujettie ;
  • SCI exerçant une activité soumise à la TVA.

La forme juridique ne suffit pas à déterminer votre situation. Une entreprise individuelle, une EURL ou une SASU peut être concernée selon son activité et son régime de TVA.

Assujetti et redevable : quelle est la différence ?

Ces deux notions sont proches mais elles ne désignent pas la même situation.

NotionDéfinitionConséquence pour la réforme
Assujetti à la TVAExerce une activité économique indépendante entrant dans le champ de la TVAEntre dans le dispositif
Redevable de la TVADoit collecter et reverser la TVAPeut émettre des factures avec TVA
En franchise en baseEst assujetti mais ne facture pas la TVA sous certaines conditionsReste concerné par la réforme

La franchise en base ne supprime donc pas le fait d’être assujetti. Elle vous dispense de facturer la TVA tant que les conditions du régime sont respectées. Cela ne vous exclut pas automatiquement de la facturation électronique.

Quels indépendants sont concernés ?

Les auto-entrepreneurs et les micro-entrepreneurs

Le régime micro ne constitue pas une exception. Un auto-entrepreneur assujetti à la TVA et établi en France entre dans le périmètre de la réforme.

Cette règle s'applique également si vous bénéficiez de la franchise en base. Vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026. Votre obligation d'émission dépend ensuite de la catégorie de votre entreprise.

Pour une micro-entreprise, l'émission des factures électroniques commence au 1er septembre 2027. Cette obligation concerne principalement les factures adressées à des professionnels établis en France.

Consultez le guide consacré à la facture électronique de l'auto-entrepreneur pour retrouver les principales échéances.

Les freelances et les artisans

Les freelances, artisans et commerçants sont concernés dès lors qu'ils exercent une activité assujettie à la TVA en France.

Leur régime d'imposition ne suffit pas à les exclure. Un graphiste en entreprise individuelle, un consultant en société ou un artisan soumis à la TVA doivent donc analyser leurs opérations selon le type de client.

Un artisan qui facture des entreprises françaises émettra des factures électroniques à partir de la date applicable à sa catégorie. Un artisan qui facture principalement des particuliers devra surtout s'intéresser à l'e-reporting des données de transaction.

Les professions libérales

Les professions libérales sont concernées lorsqu'elles réalisent des opérations entrant dans le champ de la TVA.

Sophrologue, naturopathe ou praticien en médecine douce, votre cas est repris en vidéo, y compris quand votre clientèle est uniquement composée de particuliers.

Certaines activités bénéficient toutefois d'une exonération spécifique. C'est notamment le cas de certaines prestations médicales, paramédicales ou d'enseignement. La réponse dépend alors de la nature exacte de la prestation.

Une même entreprise peut réaliser plusieurs types d'opérations. Certaines peuvent relever de la facture électronique tandis que d'autres bénéficient d'un traitement différent.

Attention

Une activité exonérée de TVA ne signifie pas automatiquement que l'entreprise est totalement exclue de la réforme. L'analyse doit porter sur chaque opération et sur les achats reçus par l'entreprise.

Les SCI et les associations sont-elles concernées ?

Les SCI

La situation d’une SCI se détermine à partir de son activité et de son régime de TVA. Son numéro SIREN sert uniquement à l’identifier auprès de l’administration.

Situation de la SCIConcernée par la réforme
Location nue à usage d'habitation sans option pour la TVAGénéralement hors du champ de l'émission électronique pour ces opérations
Location de locaux professionnels avec option pour la TVAConcernée pour les opérations soumises à la TVA
Activité commerciale soumise à la TVAConcernée pour les opérations entrant dans le dispositif
SCI recevant des factures de fournisseurs assujettisSituation à vérifier selon son propre assujettissement

Une SCI qui loue uniquement des logements sans option pour la TVA ne se trouve généralement pas dans la même situation qu'une SCI ayant opté pour la TVA sur des locaux professionnels.

Le statut de la SCI ne permet donc pas de répondre seul à la question. Vérifiez l'activité réellement exercée, l'option éventuelle pour la TVA et la nature des opérations facturées.

Les associations

Une association non assujettie à la TVA n'entre pas dans le dispositif pour ses activités situées hors du champ de la taxe.

Une association qui exerce une activité économique soumise à la TVA peut en revanche être concernée. Elle doit alors pouvoir recevoir des factures électroniques et émettre les siennes selon la catégorie d'entreprise applicable.

Situation de l'associationConcernée par la réforme
Association sans activité économique assujettieHors du champ pour ces activités
Association exerçant une activité soumise à la TVAConcernée
Association réalisant des opérations exonéréesTraitement à vérifier selon les opérations
Association achetant auprès de professionnels assujettisSituation à examiner selon son assujettissement

Une association peut aussi exercer plusieurs activités avec des régimes de TVA différents. Il faut donc distinguer les opérations commerciales, les activités exonérées et les activités sans caractère économique.

Les sociétés commerciales et les autres structures

Les sociétés commerciales sont généralement concernées lorsqu'elles sont assujetties à la TVA et établies en France.

Leur taille détermine ensuite la date d'émission. La forme juridique ne modifie pas le principe de l'assujettissement.

Le même raisonnement s'applique aux entreprises individuelles, aux sociétés civiles et aux structures exerçant une activité économique sous un régime particulier.

Quelles opérations sont concernées ?

Les opérations entre professionnels français

La facture électronique concerne principalement les échanges entre deux professionnels établis en France lorsque les opérations relèvent des règles françaises de facturation.

Ces opérations sont souvent désignées par le terme B2B domestique. Si vous facturez une entreprise française dans le cadre de votre activité professionnelle, votre facture devra suivre le circuit électronique à partir de votre échéance d'émission.

Un PDF envoyé directement par e-mail ne correspond pas à une facture électronique au sens de la réforme. La facture doit être transmise par une plateforme agréée dans un format permettant son traitement automatisé.

Les ventes aux particuliers

Les ventes et prestations adressées à des particuliers ne relèvent pas de la facture électronique B2B.

Elles peuvent toutefois entrer dans le champ de l'e-reporting. Ce dispositif consiste à transmettre certaines données de transaction à l'administration fiscale.

Un coach, un artisan ou un photographe qui facture uniquement des particuliers n'est donc pas totalement en dehors de la réforme. Il peut être concerné par l'e-reporting selon la nature de ses opérations.

Les opérations avec des clients étrangers

Les opérations réalisées avec des clients établis à l'étranger ne suivent pas le même circuit que les factures B2B entre professionnels français.

Certaines données doivent toutefois être transmises à l'administration au titre de l'e-reporting. Le traitement dépend notamment du lieu de l'opération, du statut du client et des règles de TVA applicables.

Pour approfondir ce sujet, consultez le guide consacré à l'e-reporting des indépendants.

Les factures adressées au secteur public

Les factures adressées à une administration ou à un établissement public suivent un circuit spécifique. Elles sont transmises selon les règles applicables aux marchés publics.

Ce circuit ne doit pas être confondu avec celui des factures B2B adressées à des entreprises privées. La plateforme ou le portail utilisé dépend de la nature du client public et de la procédure concernée.

Les opérations exonérées ou hors champ

Certaines opérations exonérées de TVA ou situées hors du champ de la taxe peuvent bénéficier d'un traitement différent.

Il ne faut toutefois pas conclure trop vite que l'entreprise entière est exclue. Une profession libérale peut réaliser une prestation exonérée tout en recevant des factures liées à son activité. Elle peut également exercer une activité mixte.

La question doit donc être posée opération par opération :

  • l'activité est-elle économique et indépendante ?
  • l'opération est-elle soumise à la TVA, exonérée ou hors champ ?
  • le client est-il établi en France ?
  • le client est-il un professionnel ou un particulier ?
  • l'entreprise reçoit-elle des factures de fournisseurs assujettis ?

Tableau d'auto-qualification par profil et par opération

Le tableau suivant permet de situer les principales situations rencontrées par les indépendants et les petites structures.

Profil ou situationÊtes-vous concerné ?Traitement principal
Micro-entrepreneur en franchise en baseOui si l'activité est assujettieRéception puis émission selon le calendrier applicable
Indépendant redevable de la TVAOuiFacture électronique pour les opérations B2B françaises
Freelance facturant uniquement des entreprises françaisesOuiÉmission électronique à l'échéance applicable
Freelance facturant des particuliersOui pour le dispositifE-reporting possible pour les données B2C
Artisan facturant des professionnels françaisOuiFacture électronique pour les opérations concernées
Artisan facturant uniquement des particuliersOui pour le dispositifE-reporting selon la nature des ventes
Profession libérale soumise à la TVAOuiFacture électronique pour les opérations B2B françaises
Profession libérale réalisant uniquement des actes exonérésSituation à vérifierTraitement différent selon les opérations
SCI louant des logements sans option pour la TVAPas nécessairementSituation à vérifier selon l'activité et les achats
SCI ayant opté pour la TVA sur des locaux professionnelsOui pour les opérations concernéesFacture électronique B2B française
Association non assujettie à la TVANon pour les activités hors champPas d'obligation pour ces opérations
Association exerçant une activité soumise à la TVAOuiRéception et émission selon les opérations
Société commerciale assujettieOuiObligations selon la taille et les clients
Entreprise qui n'émet pas de factureOui si elle est assujettieObligation possible de réception des factures fournisseurs
Entreprise facturant des clients étrangersOui pour certains fluxE-reporting selon la nature des opérations
Entreprise vendant uniquement à des particuliersOui pour certains fluxE-reporting, sans e-invoicing B2B

Ce tableau donne une première orientation. Les situations mixtes nécessitent une analyse plus précise des opérations et du régime de TVA.

Votre obligation dépend-elle de la taille de l'entreprise ?

La taille de l'entreprise détermine surtout la date d'émission. Elle ne remet pas en cause le principe de l'assujettissement.

Catégorie d'entrepriseRéceptionÉmission
Grande entreprise et ETI1er septembre 20261er septembre 2026
PME et TPE1er septembre 20261er septembre 2027
Micro-entreprise1er septembre 20261er septembre 2027

Toutes les entreprises assujetties établies en France doivent donc pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026. L'émission est progressive selon la catégorie de l'entreprise.

Pour connaître les critères de classement et les échéances en détail, consultez le calendrier de la facturation électronique.

Quelles obligations devez-vous préparer ?

Pouvoir recevoir des factures électroniques

La réception passe par une plateforme agréée immatriculée par la DGFiP. Cette plateforme vous permet d'être identifié dans l'annuaire et de recevoir les factures adressées par vos fournisseurs.

La liste officielle des plateformes agréées est disponible sur impots.gouv.fr.

Une entreprise qui n'émet pas de facture peut donc être concernée uniquement en tant qu'acheteur. C'est le cas d'une structure qui reçoit des factures de fournisseurs professionnels mais réalise peu ou pas de ventes facturées.

Émettre les factures concernées

L'émission électronique concerne principalement les opérations B2B entre professionnels établis en France.

La date dépend de la catégorie de l'entreprise. Pour une micro-entreprise ou une PME, l'obligation d'émission commence le 1er septembre 2027.

Les formats techniques comme Factur-X, UBL ou CII sont générés par l'outil ou la plateforme utilisée. Vous n'avez pas à créer manuellement ces fichiers.

Transmettre les données d'e-reporting

L'e-reporting concerne certaines opérations qui ne donnent pas lieu à une facture électronique B2B française. Il peut s'agir de ventes aux particuliers, de transactions internationales ou de données de paiement selon la nature de la prestation.

Les données transmises et la fréquence applicable dépendent de votre situation. Retrouvez les détails dans le guide de l'e-reporting pour les auto-entrepreneurs.

Vérifier vos informations clients

Avant votre date d'émission, vous devrez fiabiliser les informations de vos clients professionnels. Le numéro SIREN fait partie des données importantes pour identifier le destinataire.

Vérifiez également :

  • la raison sociale ;
  • l'adresse de facturation ;
  • l'adresse de livraison si elle est différente ;
  • la nature de l'opération ;
  • les informations liées à la TVA lorsque cela s'applique.

Comment se préparer selon votre situation ?

Votre préparation peut rester simple si vous procédez dans cet ordre :

  1. Identifiez votre régime de TVA.
  2. Listez vos types de clients.
  3. Repérez les opérations exonérées ou internationales.
  4. Vérifiez votre catégorie d'entreprise.
  5. Choisissez une plateforme agréée figurant sur la liste de la DGFiP.
  6. Contrôlez les informations de vos clients professionnels.
  7. Vérifiez les mentions obligatoires de vos modèles de facture.
  8. Organisez la conservation de vos factures.

Les factures doivent être conservées pendant 6 ans au titre du délai fiscal. Certaines pièces comptables et commerciales doivent être conservées pendant 10 ans.

Pour les situations complexes, notamment une activité mixte, une SCI ou une association exerçant plusieurs activités, rapprochez-vous d'un expert-comptable ou consultez les informations de l'administration fiscale.

Conclusion

Pour savoir qui est concerné par la facturation électronique, commencez par votre activité et votre régime de TVA. Une entreprise assujettie à la TVA et établie en France entre généralement dans le dispositif, même si elle ne facture pas encore la TVA.

Le type de client détermine ensuite le traitement applicable. Les professionnels français relèvent de la facture électronique. Les particuliers et certaines opérations internationales peuvent relever de l'e-reporting. Les activités exonérées nécessitent une vérification spécifique.

Les auto-entrepreneurs, les professions libérales, les associations et certaines SCI sont donc concernés dans des situations différentes. Vérifiez votre cas à l'aide du tableau puis préparez la réception des factures électroniques avant d'anticiper votre propre échéance d'émission.

Questions fréquentes

Oui, lorsqu'ils exercent une activité assujettie à la TVA et établie en France. La franchise en base ne supprime pas cette qualité. Un auto-entrepreneur doit pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 puis émettre les siennes selon le calendrier applicable à sa catégorie.

Non, la franchise en base signifie que vous ne facturez pas la TVA sous certaines conditions. Elle ne signifie pas que votre activité est totalement étrangère à la TVA. Vous restez donc susceptible d'être concerné par la réception, l'émission ou l'e-reporting selon vos opérations.

Cela dépend de la nature de ses prestations. Certaines opérations exonérées peuvent bénéficier d'un traitement différent. La profession libérale peut toutefois rester concernée pour ses achats ou pour d'autres activités soumises à la TVA.

Cela dépend de son activité et de son régime de TVA. Une SCI ayant opté pour la TVA sur des locaux professionnels peut être concernée pour ses opérations B2B françaises. Une SCI louant des logements sans option pour la TVA se trouve généralement dans une situation différente.

Une association non assujettie n'est généralement pas concernée pour ses activités situées hors du champ de la TVA. Une association qui exerce une activité économique soumise à la TVA entre en revanche dans le dispositif pour les opérations concernées.

Oui, si elle est assujettie à la TVA et établie en France. C'est notamment le cas d'un micro-entrepreneur en franchise en base. La réception des factures électroniques dépend de l'assujettissement et non du montant de TVA facturé.

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