✦ 34 termes · vérifiés le 24 septembre 2026 · sources officielles

Glossaire des impayés et du recouvrement : 34 termes expliqués

Une facture impayée n'est pas une fatalité, c'est une procédure. Le droit français organise le recouvrement par étapes, de la relance amiable à la saisie, et chaque étape a son vocabulaire : créance certaine, liquide et exigible, mise en demeure, injonction de payer, titre exécutoire, commissaire de justice. Connaître ces mots, c'est savoir quoi faire quand un client ne paie pas, et dans quel ordre. C'est aussi savoir ce que la loi vous accorde : des pénalités de retard qui courent sans relance, une indemnité de 40 euros, une procédure simplifiée pour les créances de moins de 5 000 euros. Ce glossaire définit les termes de l'impayé, de la première relance à la perte sur créance irrécouvrable, avec un exemple qui parle aux indépendants et le texte qui fonde chaque règle.

IndexABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ

Chaque définition indique sa source. Dernière vérification de l'ensemble : 24 septembre 2026. Les seuils et montants cités sont ceux en vigueur à cette date.

A

Affacturage

L'affacturage est le financement par lequel une entreprise cède ses factures clients à une société spécialisée, le factor, qui lui en avance le montant, déduction faite d'une commission et d'une retenue de garantie, puis se charge du recouvrement auprès des clients. Il transforme des créances à 30 ou 60 jours en trésorerie immédiate et transfère, selon le contrat, le risque d'impayé.

Le contrat fixe les factures cédées, la commission (frais de gestion et intérêts sur l'avance) et la retenue gardée en garantie. En affacturage sans recours, le factor supporte l'impayé. En affacturage avec recours, il vous rend les factures impayées.

Des offres en ligne, à la facture et sans engagement, sont désormais accessibles aux indépendants : elles financent une facture à un client professionnel en 24 à 48 heures, contre quelques pour cent de son montant. Le client est prévenu et paie le factor. L'affacturage sert à avancer votre trésorerie, pas à récupérer un impayé : le factor n'achète pas les factures déjà en retard.

Exemple

Un consultant facture 10 000 euros à 60 jours à un grand compte. Il cède la facture à un factor en ligne qui lui verse 9 700 euros sous 48 heures et encaissera les 10 000 euros du client à l'échéance : 300 euros pour disposer de sa trésorerie deux mois plus tôt.

SourceCode civil, articles 1346 et suivants (subrogation) et 1321 et suivants (cession de créance) ;service-public.fr, affacturage : céder ses créances pour répondre à un besoin rapide de trésorerie(vérifié le 12 septembre 2023).

Voir aussiAssurance-créditEncours clientDélai moyen de paiement (DSO)

Assurance-crédit

L'assurance-crédit est le contrat par lequel un assureur indemnise l'entreprise en cas d'impayé d'un client professionnel, généralement à hauteur de 70 à 90 % de la créance hors taxe, après une période de carence. L'assureur évalue la solvabilité des clients, fixe des plafonds d'encours garantis par client et prend en charge le recouvrement des créances sinistrées.

L'assurance-crédit a trois rôles. Elle prévient le risque, en notant vos clients et en fixant un plafond d'encours par client. Elle se charge du recouvrement. Elle vous indemnise si le recouvrement échoue. La prime est un pourcentage du chiffre d'affaires assuré, et l'assureur demande souvent de couvrir tous vos clients professionnels.

Pour un indépendant, elle est rarement accessible ou rentable sous quelques centaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires. Il existe des alternatives : une assurance à la facture proposée par certaines plateformes, une garantie incluse dans un contrat d'affacturage, ou simplement l'acompte et le lien de paiement, qui réduisent le risque dès le départ.

Exemple

Un fabricant artisan de mobilier assure 300 000 euros de chiffre d'affaires auprès de revendeurs. Un revendeur fait faillite avec 12 000 euros HT d'encours : l'assureur, après recouvrement infructueux, l'indemnise à 85 %, soit 10 200 euros.

SourceCode des assurances, article L111-1 ;service-public.fr, affacturage (assurance-crédit et fonds de garantie)(vérifié le 12 septembre 2023) ;service-public.fr, trouver des solutions pour améliorer la trésorerie de l'entreprise.

Voir aussiAffacturageEncours clientAcompte (glossaire facturation)Perte sur créance irrécouvrable

B

Balance âgée

La balance âgée est le tableau qui classe les factures clients non encaissées par ancienneté de retard : non échues, 1 à 30 jours, 31 à 60 jours, 61 à 90 jours, plus de 90 jours. Elle donne en un coup d'œil la composition de l'encours et signale les créances qui glissent vers le douteux, client par client et facture par facture.

Chaque tranche appelle une action. Les factures non échues se surveillent. Celles de 1 à 30 jours se relancent. Celles de 31 à 60 jours reçoivent une mise en demeure. Au-delà de 60 jours, vous engagez la procédure adaptée, et au-delà de 90 jours, la créance devient douteuse.

Un logiciel de facturation peut la produire automatiquement à partir des échéances et des paiements reçus. Elle sert aussi de support avec votre expert-comptable en fin d'exercice. Pour un micro-entrepreneur, elle reste un bon outil pour suivre les factures en attente.

Exemple

Au 30 septembre, la balance âgée d'une graphiste affiche 6 200 euros non échus, 1 400 euros de moins de 30 jours (relances envoyées), 900 euros entre 31 et 60 jours (mise en demeure envoyée) et rien au-delà. Elle sait exactement quoi faire lundi.

SourcePlan comptable général, comptes 411 et 416 ;service-public.fr, surveiller l'équilibre financier et détecter les signaux d'alerte;service-public.fr, obligations comptables du commerçant.

Voir aussiEncours clientDélai moyen de paiement (DSO)Relance amiable

C

Chargeback

Le chargeback, ou rétrofacturation, est l'annulation d'un paiement par carte bancaire à l'initiative du porteur de la carte, qui conteste l'opération auprès de sa banque : fraude, produit non reçu, prestation non conforme, débit non reconnu. La banque du client rembourse celui-ci et la somme est reprise au professionnel par son prestataire de paiement, avec des frais de traitement.

Les règles sont fixées par les réseaux de cartes (CB, Visa, Mastercard) et par le droit européen. Le client peut contester une opération non autorisée pendant treize mois. Pour un motif commercial, comme un produit non reçu, les délais sont de plusieurs mois. Vous pouvez répondre à la contestation avec vos preuves : commande, livraison, échanges, conditions acceptées.

Pour vous protéger, décrivez clairement la prestation sur la facture, utilisez un libellé bancaire reconnaissable et gardez les preuves de livraison. Préférez aussi un moyen de paiement qui demande au client de confirmer avec un code ou dans l'application de sa banque (le « 3D Secure ») : en cas de fraude, c'est alors la banque qui en porte la responsabilité.

Exemple

Une créatrice de bijoux vendus en ligne subit un chargeback de 180 euros pour « colis non reçu ». Elle produit la preuve de livraison signée et la confirmation de commande : la banque tranche en sa faveur et la somme lui est recréditée.

SourceCode monétaire et financier, articles L133-18 à L133-24 ; directive (UE) 2015/2366 (DSP2) ; règles de fonctionnement des réseaux de cartes ;service-public.fr, quel paiement un professionnel peut-il refuser ?(vérifié le 4 août 2023).

Voir aussiImpayéLien de paiement (glossaire facturation)

Chèque sans provision

Un chèque sans provision est un chèque que la banque de l'émetteur refuse de payer parce que le compte n'est pas suffisamment approvisionné. Le bénéficiaire reçoit une attestation de rejet, dispose de trente jours pour représenter le chèque ou obtenir la régularisation, puis peut obtenir un certificat de non-paiement qui, signifié par un commissaire de justice, vaut titre exécutoire.

Dès le rejet, le client est interdit d'émettre des chèques jusqu'à ce qu'il régularise. Pendant trente jours, vous pouvez représenter le chèque ou lui demander par écrit de régulariser. Passé ce délai, pour un chèque de plus de 15 euros, sa banque vous remet gratuitement un certificat de non-paiement, automatiquement après un second rejet, sur demande écrite sinon.

Une fois le certificat signifié au client par un commissaire de justice, il a quinze jours pour payer. Sinon, le commissaire peut saisir son compte ou ses revenus sans passer par le juge, et les frais sont à la charge du client. Les chèques de 15 euros ou moins sont garantis par la banque du client, qui doit les payer.

Exemple

Un coiffeur à domicile reçoit un chèque de 120 euros rejeté pour défaut de provision. Il le représente au bout de trois semaines, sans succès ; sa banque lui transmet le certificat de non-paiement, qu'un commissaire de justice signifie au client.

SourceCode monétaire et financier, articles L131-73 et L131-82 ;service-public.fr, que faire en cas de réception d'un chèque sans provision ?(vérifié le 28 janvier 2025).

Voir aussiTitre exécutoireJustificatif de paiement (glossaire facturation)

Clause pénale

La clause pénale est une clause de votre contrat ou de vos conditions générales de vente qui fixe à l'avance ce que le client devra payer s'il ne respecte pas ses engagements, par exemple 10 % du montant en cas de retard de paiement. Vous n'avez pas à prouver votre préjudice, mais le juge peut réduire une clause trop élevée.

Elle ne se confond pas avec les pénalités de retard, calculées au jour le jour, ni avec l'indemnité de 40 euros. Elle ajoute une sanction prévue au contrat, souvent 10 à 15 % des sommes dues. Pour être valable, le client doit l'avoir acceptée, dans le devis signé ou les conditions générales. Elle ne peut pas être ajoutée sur la facture après coup.

Face à un particulier, elle ne doit pas être disproportionnée, sinon elle est considérée comme abusive. Le juge réduit souvent les clauses pénales excessives. Une clause modérée et clairement acceptée reste un bon argument dans une relance : elle montre au client ce que lui coûte le retard.

Exemple

Les conditions générales d'un web designer prévoient une clause pénale de 10 % des sommes impayées trente jours après l'échéance. Sur une facture de 3 000 euros impayée depuis deux mois, il réclame 300 euros de clause pénale, 40 euros d'indemnité et les pénalités légales.

SourceCode civil, articles 1231-5 et 1231-6 ; Code de la consommation, articles L212-1 et R212-2 ;service-public.fr, conditions générales de vente (CGV).

Voir aussiPénalités de retardIndemnité forfaitaire de 40 eurosTaux d'intérêt légalConditions générales de vente (glossaire facturation)

Créance

Une créance est une somme d'argent qu'une personne vous doit, par exemple le montant d'une facture qu'un client n'a pas encore payée. Pour être recouvrée en justice, une créance doit être certaine (son existence n'est pas contestable), liquide (son montant est déterminé) et exigible (son échéance est passée), et ne pas être prescrite. Elle devient douteuse quand son paiement devient incertain, et peut alors faire l'objet d'une provision comptable au régime réel.

Une facture acceptée pour une prestation livrée est une créance certaine. Un devis non signé ou une prestation contestée ne le sont pas. Le montant doit être chiffré. La créance devient exigible à la date d'échéance de la facture ou, à défaut, trente jours après la livraison ou la fin de la prestation.

Pour prouver votre créance, gardez le devis signé, le bon de commande ou le mail d'accord, la facture et la preuve que le travail a été fait. Ce sont les pièces que vous demanderont le commissaire de justice ou le juge. Une facture complète, avec toutes ses mentions obligatoires, est plus difficile à contester.

Exemple

Un développeur a livré une application, le client a validé la recette par mail et la facture de 6 000 euros est échue depuis quinze jours. Sa créance est certaine, liquide et exigible : il peut engager une injonction de payer sans autre formalité.

SourceCode civil, articles 1103, 1104 et 1342 ; Code des procédures civiles d'exécution, article L111-2 ;service-public.fr, recouvrement de dettes en France : injonction de payer et procédure simplifiée(vérifié le 1er septembre 2026).

Voir aussiDébiteur et créancierTitre exécutoirePrescription des créancesMentions obligatoires d'une facture (glossaire facturation)

D

Débiteur et créancier

Le créancier est la personne à qui une somme est due ; le débiteur est celle qui la doit. Dans une relation de facturation, l'indépendant qui a émis la facture est le créancier et son client le débiteur. Les rôles s'inversent pour les factures que l'indépendant reçoit de ses fournisseurs. Le droit du recouvrement organise les moyens du créancier et les protections du débiteur.

Les règles changent selon votre client. Avec un professionnel, les pénalités de retard et l'indemnité de 40 euros s'appliquent, et vous avez cinq ans pour agir. Avec un particulier, vous n'avez que deux ans, les pénalités doivent avoir été prévues au contrat, et vous devez lui indiquer un médiateur de la consommation.

Le débiteur est aussi protégé. Une partie de son compte bancaire ne peut pas être saisie, tout comme les biens nécessaires à sa vie courante et à son travail. La résidence principale d'un entrepreneur individuel ne peut pas être saisie par ses créanciers professionnels. Vérifiez ces limites avant d'engager des frais contre un client dont rien ne peut être saisi.

Exemple

Une décoratrice a deux impayés. Le premier concerne une agence immobilière : les pénalités et l'indemnité de 40 euros s'appliquent, et elle a cinq ans pour agir. Le second concerne un particulier : elle n'a que deux ans, les pénalités ne s'appliquent que si son devis les prévoyait, et elle doit lui indiquer un médiateur.

SourceCode civil, articles 1101 et 1343-5 ; Code de commerce, articles L110-4 et L441-10 ; Code de la consommation, articles L218-2 et L612-1 ;service-public.fr, litige commercial : déroulement d'une affaire devant le tribunal de commerce(vérifié le 1er janvier 2025).

Voir aussiCréancePrescription des créancesSaisieMédiation

Déclaration de créance

La déclaration de créance est l'acte par lequel un créancier fait connaître au mandataire judiciaire ou au liquidateur d'une entreprise en procédure collective le montant et la nature de ce qui lui est dû, afin d'être admis au passif et payé selon les règles de la procédure. Elle doit être faite dans les deux mois de la publication du jugement d'ouverture au Bodacc, quatre mois pour un créancier hors métropole.

Aucune forme n'est imposée, mais la déclaration doit contenir le montant dû au jour de l'ouverture, avec les dates d'échéance, les éventuelles garanties, le calcul des intérêts et les pièces (factures, contrat, mises en demeure). Adressez-la au mandataire judiciaire en sauvegarde ou redressement, au liquidateur en liquidation. Leurs noms figurent dans l'annonce du Bodacc.

Si vous ne déclarez pas dans le délai, votre créance ne sera pas payée. Le juge-commissaire peut vous relever de ce retard s'il n'est pas de votre fait, sur demande dans les six mois de la publication. Vous pouvez déclarer vous-même, sans avocat.

Exemple

Une photographe voit son client, une agence événementielle, placé en liquidation judiciaire le 3 juin, publication au Bodacc le 12 juin. Elle adresse au liquidateur, avant le 12 août, sa déclaration de 2 900 euros avec factures et mise en demeure.

SourceCode de commerce, articles L622-24 à L622-26 et R622-24 ;service-public.fr, déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiProcédure collectivePerte sur créance irrécouvrableCréanceMise en demeure

Délai moyen de paiement (DSO)

Le délai moyen de paiement, ou DSO (days sales outstanding), mesure le nombre de jours qui séparent en moyenne l'émission d'une facture de son encaissement. Il se calcule en rapportant l'encours client au chiffre d'affaires de la période, multiplié par le nombre de jours de la période. Plus il est élevé, plus votre trésorerie finance vos clients.

Le DSO combine deux choses : le délai de paiement que vous accordez et le retard que prennent vos clients. Un DSO de 55 jours avec des factures à 30 jours signifie 25 jours de retard en moyenne. Suivez-le dans le temps pour repérer une dérive, et comparez-le par client pour identifier les mauvais payeurs.

Pour le réduire, facturez le jour de la livraison, raccourcissez les échéances, demandez des acomptes, proposez le paiement en ligne et relancez dès l'échéance.

Exemple

Un développeur a facturé 60 000 euros sur les six derniers mois et son encours est de 15 000 euros. Son DSO est de 15 000 / 60 000 × 182, soit environ 46 jours, pour des factures à 30 jours. Il programme des relances à l'échéance et ramène son DSO à 34 jours le semestre suivant.

SourceNotion de gestion financière ;service-public.fr, surveiller l'équilibre financier et détecter les signaux d'alerte;service-public.fr, délais de paiement entre professionnels(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiEncours clientBalance âgéeRetard de paiement

Dépôt de garantie

Le dépôt de garantie est une somme remise par le client au début d'un contrat, conservée par le professionnel pendant sa durée et restituée à la fin, déduction faite des sommes restant dues ou des dommages constatés. Il ne se confond ni avec l'acompte, qui s'impute sur le prix, ni avec la caution, qui est l'engagement d'un tiers. Il sert de garantie de paiement pour les contrats dans la durée et les locations.

On le rencontre dans la location de matériel, la mise à disposition d'un espace ou certains abonnements avec équipement. Son montant est libre entre professionnels. Il doit figurer au contrat ou dans vos conditions générales, avec les cas où vous pouvez le garder. Sinon, le client peut en réclamer le remboursement complet.

Tant que vous ne le gardez pas, le dépôt n'est pas un chiffre d'affaires et n'est pas soumis à la TVA. Il le devient si vous le conservez pour payer une facture impayée ou un dommage. Restituez-le rapidement en fin de contrat : un dépôt gardé sans raison se transforme en litige.

Exemple

Un loueur de matériel audiovisuel indépendant demande 500 euros de dépôt de garantie pour la location d'un kit caméra à 300 euros. Le kit revient avec un objectif rayé : il conserve 180 euros sur facture de réparation et restitue 320 euros.

SourceCode civil, articles 1103 et 2333 (gage) ; CGI, article 256 (opérations imposables) ; BOFiP, BOI-TVA-BASE-10-10-10 ;service-public.fr, conditions générales de vente (CGV).

Voir aussiAcompte (glossaire facturation)Clause pénaleConditions générales de vente (glossaire facturation)

E

Encours client

L'encours client est le montant total des factures émises et non encore encaissées à un instant donné, échues ou non. C'est l'argent que vos clients vous doivent, et donc la part de votre chiffre d'affaires qui n'est pas encore dans votre trésorerie. Il se suit globalement et client par client, pour mesurer le risque concentré sur chacun.

L'encours se lit de deux façons. Au global, rapporté au chiffre d'affaires, il indique combien de jours de facturation attendent d'être payés : c'est le délai moyen de paiement. Par client, un encours élevé sur un seul client est un risque important. Si un client représente 60 % de votre encours, réfléchissez avant d'accepter une nouvelle mission sans avoir été payé.

Piloter l'encours, c'est décider jusqu'où un client peut accumuler des factures impayées avant que vous suspendiez le travail ou demandiez un acompte. Il se réduit en facturant vite, avec des acomptes, des échéances courtes, un lien de paiement et une relance dès l'échéance.

Exemple

Une consultante a 18 000 euros d'encours : 12 000 euros non échus et 6 000 euros échus, dont 5 000 euros chez un seul client. Elle décide de ne pas démarrer la nouvelle mission de ce client avant règlement et de demander un acompte de 30 %.

SourcePlan comptable général, compte 411 « Clients » ;service-public.fr, trouver des solutions pour améliorer la trésorerie de l'entreprise;service-public.fr, surveiller l'équilibre financier et détecter les signaux d'alerte.

Voir aussiDélai moyen de paiement (DSO)Balance âgéeAffacturageAssurance-crédit

Escompte pour paiement anticipé

L'escompte pour paiement anticipé est la réduction de prix accordée au client qui règle sa facture avant l'échéance convenue, par exemple 2 % pour un paiement sous dix jours au lieu de trente. Sur vos factures à des professionnels, ses conditions, ou leur absence (« Escompte pour paiement anticipé : néant »), doivent obligatoirement figurer. C'est un outil de prévention des retards : le client est récompensé de payer vite plutôt que sanctionné de payer tard.

L'escompte représente un coût pour vous. Il ne se justifie donc que si votre trésorerie est tendue, ou si un client paie toujours en retard et que l'escompte change vraiment ses habitudes. Il s'applique au montant hors taxe. Si vous facturez la TVA, il réduit aussi la base de TVA.

Il se place en amont du recouvrement, avec les autres outils qui font payer vite : l'acompte, l'échéance courte et le lien de paiement.

Exemple

Un fournisseur indépendant de pièces sur mesure accorde 2 % d'escompte pour paiement sous huit jours à un client qui payait systématiquement à 45 jours. Sur une facture de 5 000 euros HT, le client économise 100 euros et paie au sixième jour : le fournisseur gagne cinq semaines de trésorerie.

SourceCode de commerce, article L441-9 ; CGI, article 267, II-1° ;service-public.fr, délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiDélai légal de paiementAcompte (glossaire facturation)Retard de paiementEscompte (glossaire facturation)Avoir (glossaire facturation)

I

Impayé

Un impayé est une facture qui n'a pas été réglée à sa date d'échéance. Le terme couvre le simple retard de quelques jours comme la créance définitivement perdue. Juridiquement, dès le lendemain de l'échéance, la créance est exigible : les pénalités de retard courent et le créancier peut engager le recouvrement, amiable d'abord, judiciaire ensuite.

Pour un indépendant, un impayé est d'abord un problème de trésorerie : la prestation est faite, les charges sont payées, mais l'argent n'arrive pas. Il a rarement les réserves pour absorber plusieurs factures en attente. Réagir vite compte plus que réagir fort : une facture relancée le lendemain de l'échéance est presque toujours réglée, une facture oubliée trois mois se récupère difficilement.

Le traitement suit un ordre. Vérifiez d'abord que la facture est complète et que le client l'a bien reçue. Relancez ensuite à l'amiable, puis envoyez une mise en demeure, et enfin choisissez la voie judiciaire adaptée au montant. La meilleure protection reste la prévention : un acompte, des conditions de paiement claires et un lien de paiement sur la facture.

Exemple

Une graphiste émet une facture de 1 800 euros payable le 30 juin. Le 1er juillet, la facture est impayée. Elle envoie une relance courtoise le jour même, rappelle le 8 juillet, et le virement arrive le 10, sans aucune procédure.

SourceCode civil, articles 1344 et 1231-6 ; Code de commerce, article L441-10 ;service-public.fr, recouvrement amiable : relance et mise en demeure de payer(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiCréanceRetard de paiementRelance amiableRecouvrement amiableGuide : relancer un client qui ne répond plus

Indemnité forfaitaire de 40 euros

L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est une somme fixe de 40 euros due de plein droit par tout client professionnel qui paie une facture après son échéance, en plus des pénalités de retard. Elle est due par facture en retard, une seule fois quel que soit le nombre de jours, sans rappel, et sa mention est obligatoire sur la facture et dans les conditions générales de vente.

Elle compense vos frais de relance. Si vos frais réels sont plus élevés, par exemple avec une société de recouvrement, vous pouvez demander un complément, justificatifs à l'appui. Elle ne s'applique qu'entre professionnels : un client particulier ne la doit jamais. Elle ne s'applique pas non plus aux loyers de baux commerciaux.

Elle n'est pas soumise à la TVA. Ajoutez-la au montant réclamé dans votre mise en demeure et dans votre requête en injonction de payer, facture par facture.

Exemple

Une agence règle trois factures d'un rédacteur avec un mois de retard chacune. Il réclame 120 euros d'indemnité forfaitaire, 40 euros par facture, plus les pénalités calculées sur chaque montant, dans une seule mise en demeure.

SourceCode de commerce, articles L441-10 et D441-5 ;service-public.fr, délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiPénalités de retardRetard de paiementRecouvrement amiableIndemnité forfaitaire de recouvrement (glossaire facturation)

Injonction de payer

L'injonction de payer est une procédure judiciaire rapide et sans audience qui permet au créancier d'obtenir, sur simple requête, une ordonnance condamnant le débiteur à payer une créance contractuelle d'un montant déterminé. Elle est ouverte quel que soit le montant, et l'ordonnance non contestée dans le mois de sa signification constitue un titre exécutoire.

Vous déposez la requête au greffe du tribunal de commerce si le client est un commerçant ou une société commerciale, au tribunal judiciaire sinon. Joignez le formulaire, les pièces (devis, facture, preuve du travail fait, mise en demeure) et un décompte précis. Le juge décide sur dossier, sans entendre le client. L'avocat n'est pas obligatoire, sauf devant le tribunal judiciaire au-delà de 10 000 euros.

Depuis le 1er septembre 2026, vous avez trois mois à partir de la date de la décision, au lieu de six, pour la faire signifier au client par un commissaire de justice. Passé ce délai, la décision n'a plus d'effet. Le client a ensuite un mois pour faire opposition, ce qui renvoie l'affaire à une audience. Le greffe du tribunal judiciaire vous prévient désormais lui-même d'une opposition. Une injonction de payer européenne existe pour les clients établis dans un autre pays de l'Union européenne.

Exemple

Une consultante dépose une requête contre une société pour 5 400 euros. La décision est rendue en quatre semaines et signifiée quinze jours plus tard. Sans opposition dans le mois, elle mandate un commissaire de justice pour saisir le compte de la société.

SourceCode de procédure civile, articles 1405 à 1425 ;service-public.fr, recouvrement judiciaire : injonction de payer en France et en Europe(vérifié le 1er septembre 2026).

Voir aussiTitre exécutoireRéféré provisionRecouvrement judiciaireCréance

L

Lettre recommandée avec accusé de réception

La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) est un courrier dont la réception est prouvée par la signature du destinataire. En recouvrement, c'est le support habituel de la mise en demeure. Sa version électronique, la lettre recommandée électronique, a la même valeur juridique.

C'est la date de réception qui compte : le délai laissé au client part de là. Un courrier refusé ou non retiré produit quand même ses effets, si l'adresse est exacte. Gardez la preuve de dépôt, l'accusé de réception et une copie du courrier.

La version électronique évite le passage à la poste et coûte souvent moins cher. Un client professionnel peut la recevoir sans accord préalable, un particulier doit l'avoir accepté à l'avance. Choisissez un prestataire qualifié au sens du règlement européen eIDAS.

Exemple

Une rédactrice envoie sa mise en demeure en recommandé le 3 septembre, et l'accusé de réception revient signé du 5. Le délai de dix jours qu'elle a fixé expire le 15 : le 16, elle dépose sa requête en injonction de payer.

SourceCode civil, article 1344 ; Code des postes et des communications électroniques, articles L100 et R53-1 et suivants ; règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), article 44 ;service-public.fr, une lettre recommandée électronique a-t-elle une valeur légale ?(vérifié le 10 septembre 2025).

Voir aussiMise en demeureSignature électronique d'un devis (glossaire facturation)

Loi de modernisation de l'économie (LME)

La loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 est le texte qui a plafonné les délais de paiement entre professionnels en France : soixante jours à compter de la date d'émission de la facture ou quarante-cinq jours fin de mois au maximum, trente jours par défaut. Elle a fait de la réduction des délais de paiement un objectif de politique économique, au bénéfice des petites entreprises créancières.

Avant la LME, les délais n'étaient pas plafonnés, et les grands clients imposaient souvent 90 ou 120 jours à leurs fournisseurs. La loi a fixé un plafond, des sanctions et, avec les textes qui ont suivi, un contrôle par la DGCCRF.

C'est grâce à elle qu'un grand client ne peut pas vous payer à 90 jours, et que les pénalités de retard courent sans relance. L'indemnité de 40 euros a été ajoutée en 2012. Les règles figurent aujourd'hui aux articles L441-10 et suivants du Code de commerce, mais on parle toujours de « délais LME ».

Exemple

Un consultant négocie avec un groupe industriel qui propose « nos délais standard fournisseurs : 60 jours fin de mois ». Il répond que ce délai dépasse le plafond légal issu de la LME et obtient 45 jours fin de mois, le maximum autorisé dans cette formule.

SourceLoi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie, article 21 ; Code de commerce, articles L441-10 à L441-16 ;service-public.fr, délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiDélai légal de paiementPénalités de retardIndemnité forfaitaire de 40 eurosRetard de paiement

M

Médiateur des entreprises

Le Médiateur des entreprises est un service public gratuit, rapide et confidentiel, rattaché au ministère de l'Économie, qui aide une entreprise à régler à l'amiable un différend avec une autre entreprise ou avec une administration. Les retards et conditions de paiement non respectés, les pénalités abusives et les ruptures de contrat sont ses principaux motifs de saisine.

La saisine se fait en ligne, en quelques minutes. Un médiateur vous contacte sous quelques jours, propose la médiation à l'autre partie et organise les échanges. Tout ce qui s'y dit reste confidentiel et ne peut pas être utilisé ensuite devant un juge.

Il est particulièrement utile face à un grand groupe ou une administration qui paie en retard : il rééquilibre le rapport de force, sans procédure et sans rompre la relation. Il ne peut rien imposer : si l'autre partie refuse ou qu'aucun accord n'est trouvé, la voie judiciaire reste ouverte.

Exemple

Un sous-traitant informatique attend 15 000 euros d'un grand groupe depuis quatre mois, ses relances restant sans réponse du service comptable. Il saisit le Médiateur des entreprises en ligne ; un médiateur obtient un rendez-vous avec la direction achats et un paiement sous trois semaines.

SourceDécret n° 2016-1119 du 12 août 2016 ;service-public.fr, prévenir et résoudre les litiges commerciaux grâce au Médiateur des entreprises(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiMédiationRetard de paiementDélai légal de paiementRecouvrement amiable

Médiation

La médiation est une façon de régler un litige à l'amiable : un tiers neutre, le médiateur, vous aide, votre client et vous, à trouver un accord, sans rien imposer. Elle permet de débloquer un désaccord sur une prestation sans rompre la relation. L'accord peut être validé par le juge pour devenir exécutoire.

Face à un client particulier, vous devez lui indiquer un médiateur de la consommation, par exemple dans vos conditions générales. Depuis le 1er septembre 2025, le juge peut aussi obliger les parties à rencontrer un médiateur, sous peine d'une amende pouvant atteindre 10 000 euros.

Un médiateur privé est payant. Un conciliateur de justice et le Médiateur des entreprises sont gratuits.

Exemple

Une agence conteste la moitié d'une facture de 8 000 euros d'une consultante, invoquant des livrables incomplets. Plutôt qu'un procès, les deux saisissent un médiateur. Ils trouvent un accord à 6 500 euros en six semaines, homologué par le juge, et la relation est préservée pour la mission suivante.

SourceCode de procédure civile, articles 750-1 et 1530 et suivants ; Code de la consommation, article L612-1 ;service-public.fr, résoudre les litiges commerciaux grâce aux modes amiables de règlement des différends(vérifié le 8 septembre 2025).

Voir aussiMédiateur des entreprisesRecouvrement amiableRecouvrement judiciaire

Mise en demeure

La mise en demeure est l'acte par lequel le créancier somme le débiteur de payer dans un délai précis, sous peine de poursuites. Elle se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par un commissaire de justice. Elle clôt la phase amiable. Avec un client particulier, elle fait courir les intérêts au taux légal si le contrat ne prévoit pas de pénalités. Avec un professionnel, les pénalités courent déjà depuis l'échéance.

Pour valoir mise en demeure, le courrier doit contenir l'identité des parties, la référence et le montant de la facture, le rappel de l'échéance dépassée, une demande de paiement claire, un délai (huit à quinze jours en pratique) et l'annonce d'une action en justice. Ajoutez les pénalités et l'indemnité de 40 euros dues. Le contrat peut aussi prévoir que la simple échéance vaut mise en demeure.

La mise en demeure n'arrête pas le délai de prescription. Elle reste la pièce centrale de votre dossier si vous allez devant le juge.

Exemple

Un plombier envoie à un syndic une mise en demeure recommandée pour une facture de 2 300 euros échue depuis 45 jours. Il rappelle ses relances, fixe un délai de dix jours, ajoute les pénalités et les 40 euros d'indemnité, et annonce une procédure simplifiée. Le paiement arrive le neuvième jour.

SourceCode civil, articles 1344, 1344-1 et 1231-6 ;service-public.fr, recouvrement amiable : relance et mise en demeure de payer(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiLettre recommandée avec accusé de réceptionRelance amiableInjonction de payerTaux d'intérêt légalGuide : pénalités de retard et modèles

P

Pénalités de retard

Les pénalités de retard sont les intérêts dus de plein droit par un client professionnel qui paie une facture après son échéance, sans rappel ni mise en demeure. Vous fixez leur taux sur la facture et dans vos CGV, sans descendre sous trois fois le taux d'intérêt légal . Si vous n'en indiquez pas, c'est le taux de la Banque centrale européenne majoré de 10 points qui s'applique.

Le taux de la BCE retenu est celui du 1er janvier pour le premier semestre et du 1er juillet pour le second : 2,15 % au 1er janvier 2026, soit 12,15 % de pénalités au premier semestre, et 2,40 % au 1er juillet 2026, soit 12,40 % au second. Le minimum légal, trois fois le taux d'intérêt légal, est de 8,25 % au second semestre 2026. Les pénalités se calculent par jour de retard, du lendemain de l'échéance jusqu'au paiement, sur le montant toutes taxes comprises. Elles ne sont pas soumises à la TVA.

Le taux doit figurer sur la facture et dans vos conditions générales de vente. Face à un client particulier, les pénalités ne sont dues que si le contrat les prévoit. Sinon, seuls les intérêts au taux légal courent, à partir de la mise en demeure. Beaucoup d'indépendants ne réclament pas les pénalités pour préserver la relation, mais les rappeler dans une relance suffit souvent à accélérer le paiement.

Exemple

Une facture de 3 000 euros TTC échue le 31 juillet 2026 est payée le 30 septembre, avec 61 jours de retard. Les pénalités s'élèvent à 3 000 × 12,40 % × 61 / 365, soit 62,16 euros, auxquels s'ajoute l'indemnité forfaitaire de 40 euros.

SourceCode de commerce, articles L441-10 et L441-16 ;service-public.fr, délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiIndemnité forfaitaire de 40 eurosTaux d'intérêt légalRetard de paiementPénalités de retard (glossaire facturation)Guide : pénalités de retard, calcul et exemples

Perte sur créance irrécouvrable

La perte sur créance irrécouvrable est la constatation comptable et fiscale qu'une créance ne sera définitivement jamais payée : clôture d'une liquidation judiciaire pour insuffisance d'actif, débiteur disparu, procès-verbal de carence d'un commissaire de justice, prescription acquise. La créance sort de l'actif, la perte est déductible et la TVA collectée peut être récupérée.

Si vous facturez la TVA, vous ne récupérez que la TVA déjà déclarée et reversée. C'est le cas pour une vente de biens, ou pour une prestation si vous avez opté pour la TVA sur les débits. Pour une prestation soumise à la TVA sur les encaissements, aucune TVA n'a été déclarée sur une facture jamais payée : il n'y a rien à récupérer. Pour récupérer la TVA, envoyez au client un duplicata de la facture avec la mention prévue par l'article 272 du CGI, puis déduisez la TVA sur votre déclaration suivante.

Vous devez prouver que la créance est irrécouvrable : certificat du liquidateur, procès-verbal de carence d'un commissaire de justice, ou preuve de démarches restées sans résultat. Pour un micro-entrepreneur, la perte n'a pas d'effet fiscal, puisque la recette n'a jamais été imposée.

Exemple

Une graphiste redevable de la TVA a facturé 2 400 euros TTC de vente de supports imprimés à un client liquidé ; le liquidateur lui délivre un certificat d'irrécouvrabilité. Elle envoie le duplicata avec la mention légale et récupère 400 euros de TVA sur sa déclaration suivante ; les 2 000 euros HT passent en perte.

SourceCGI, articles 272, 1 et 39, 1 ; BOFiP, BOI-TVA-DED-40-10-20 ; Plan comptable général, article 944-65 ;service-public.fr, déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiProcédure collectiveTVA sur les encaissements (glossaire TVA)TVA collectée (glossaire TVA)

Prescription des créances

La prescription est le délai au-delà duquel le créancier ne peut plus agir en justice pour obtenir le paiement. Le délai de prescription est de cinq ans entre professionnels, et de deux ans face à un client particulier. Il court à partir de l'échéance de la facture. Passé ce délai, la dette existe encore moralement, mais le débiteur peut refuser de payer sans risque.

Le délai court à partir de la date d'échéance de la facture. Il repart de zéro en cas d'action en justice (y compris une requête en injonction de payer), de saisie, ou si le client reconnaît sa dette, par exemple en signant un échéancier. Une relance ou une mise en demeure n'arrête pas le délai.

Pour un indépendant, les deux ans face aux particuliers sont le plus grand piège : une facture de 2024 oubliée est perdue en 2026. Passez en revue régulièrement vos factures en attente pour ne pas laisser passer le délai.

Exemple

Une coach a facturé un particulier 900 euros le 10 mars 2024, échéance au 10 avril 2024. Sans action en justice, la créance est prescrite le 10 avril 2026 : deux relances par mail en 2025 n'y ont rien changé. Le même impayé chez une société aurait pu être poursuivi jusqu'en avril 2029.

SourceCode de commerce, article L110-4 ; Code de la consommation, article L218-2 ; Code civil, articles 2224, 2240 à 2244 ;service-public.fr, recouvrement de dettes en France : injonction de payer et procédure simplifiée(vérifié le 1er septembre 2026).

Voir aussiCréanceMise en demeureInjonction de payerDébiteur et créancier

Procédure collective

La procédure collective est la procédure judiciaire ouverte à l'égard d'une entreprise en difficulté : sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire. Dès le jugement d'ouverture, les poursuites individuelles des créanciers sont interdites et les créances antérieures gelées ; le créancier ne peut plus que déclarer sa créance au mandataire ou au liquidateur, dans les deux mois de la publication au Bodacc.

Si votre client est en procédure collective, vous ne pouvez plus lui envoyer de mise en demeure, ni demander une injonction de payer ou une saisie. Les intérêts cessent en principe de courir. Vous serez payé selon le plan de sauvegarde ou de redressement, ou avec ce qui reste en cas de liquidation, et les créanciers ordinaires passent après les salariés, l'État et les créanciers garantis.

Surveillez donc vos clients : le Bodacc se consulte gratuitement et propose des alertes. Une prestation réalisée après l'ouverture de la procédure suit d'autres règles, plus protectrices. Si la liquidation se termine faute d'argent, votre créance devient irrécouvrable : vous pouvez alors la passer en perte et, le cas échéant, récupérer la TVA.

Exemple

Un traiteur apprend par le Bodacc que son client restaurateur est en redressement judiciaire. Il déclare sa créance de 4 200 euros au mandataire dans le délai, cesse ses relances, et sera réglé selon le plan adopté, peut-être en partie et sur plusieurs années.

SourceCode de commerce, articles L622-7, L622-21, L622-24 et L640-1 ;service-public.fr, comment savoir si une entreprise fait l'objet d'une procédure collective ?;service-public.fr, déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiDéclaration de créancePerte sur créance irrécouvrableSaisieAllocation des travailleurs indépendants (glossaire retraite)

R

Recouvrement amiable

Le recouvrement amiable regroupe toutes les démarches pour obtenir le paiement d'une créance sans décision de justice : relances, mise en demeure, négociation d'un échéancier, recours à une société de recouvrement ou à un commissaire de justice agissant sans titre exécutoire. Ses frais restent à la charge du créancier, sauf l'indemnité forfaitaire de 40 euros entre professionnels.

Vous pouvez confier le recouvrement amiable à une société spécialisée. Ces sociétés sont encadrées : leur courrier au débiteur doit indiquer le montant détaillé de la dette et rappeler que leurs frais ne peuvent pas lui être réclamés. Un commissaire de justice peut aussi intervenir à ce stade, ses honoraires restant alors à votre charge.

Pour les créances de 5 000 euros au plus, la procédure simplifiée de recouvrement est une voie amiable encadrée : le commissaire de justice propose au débiteur un accord, qui devient un titre exécutoire. C'est à ce stade que l'on récupère l'essentiel des impayés, au moindre coût. Agissez vite et gardez une trace de chaque démarche.

Exemple

Une architecte d'intérieur confie une créance de 3 200 euros à une société de recouvrement moyennant 12 % du montant recouvré. La société obtient le paiement en trois semaines et garde sa commission de 384 euros. L'architecte encaisse donc 2 816 euros.

SourceCode des procédures civiles d'exécution, articles L111-8, L125-1 et R124-1 à R124-7 ;service-public.fr, recouvrement amiable : relance et mise en demeure(vérifié le 27 novembre 2024) ;service-public.fr, qui doit payer le commissaire de justice chargé de réclamer un impayé ?(vérifié le 11 mars 2026).

Voir aussiRelance amiableMise en demeureRecouvrement judiciaireIndemnité forfaitaire de 40 euros

Recouvrement judiciaire

Le recouvrement judiciaire est l'obtention du paiement d'une créance par l'intervention du juge, puis, si nécessaire, par l'exécution forcée. Trois voies principales existent pour une facture impayée : l'injonction de payer, sans audience, pour une créance non contestée ; le référé-provision, rapide, pour une créance non sérieusement contestable ; l'assignation en paiement, procédure classique avec audience.

Le choix dépend du montant, du risque de contestation et de l'urgence. L'injonction de payer est la voie la plus courante pour un indépendant : un formulaire, les pièces, et une décision rendue sans audience. Le référé-provision permet d'obtenir en un mois environ une décision exécutoire. L'assignation en paiement s'impose quand le client conteste la créance. Devant le tribunal judiciaire, sous 5 000 euros, une tentative de solution amiable est obligatoire avant d'assigner : conciliation, médiation ou procédure participative.

Le tribunal de commerce est compétent si le client est un commerçant ou une société commerciale, le tribunal judiciaire dans les autres cas. L'objectif est d'obtenir un titre exécutoire, qui permet de saisir. Vérifiez avant que votre client est solvable : un titre contre un débiteur sans rien à saisir ne vous rapporte rien.

Exemple

Un photographe attend 2 700 euros d'une agence de communication qui ne répond plus. Après une mise en demeure, il dépose une requête en injonction de payer au tribunal de commerce. La décision est rendue en trois semaines puis signifiée à l'agence, qui ne fait pas opposition : son compte est saisi.

SourceCode de procédure civile, articles 1405 à 1425 et 835 ;service-public.fr, recouvrement judiciaire : assignation en paiement(vérifié le 24 octobre 2024) ;service-public.fr, litige commercial devant le tribunal de commerce(vérifié le 1er janvier 2025).

Voir aussiInjonction de payerRéféré provisionTitre exécutoireRecouvrement amiableSaisie

Référé provision

Le référé-provision est une procédure d'urgence qui permet d'obtenir du juge des référés, en un mois environ, une ordonnance condamnant le débiteur à verser une provision, c'est-à-dire tout ou partie de la somme due, lorsque la créance n'est pas sérieusement contestable. L'ordonnance est exécutoire immédiatement, même en cas d'appel.

La condition clé est que la dette soit évidente : le juge ne doit pas avoir à interpréter le contrat ni à évaluer un montant. Une facture acceptée, un travail prouvé et une mise en demeure restée sans réponse sérieuse suffisent en général. Si le client conteste sérieusement (malfaçon, prestation incomplète), le juge renvoie l'affaire vers une procédure classique.

Il faut une assignation par commissaire de justice, une audience, et un avocat au-delà de 10 000 euros. La procédure coûte plus cher que l'injonction de payer, mais convient quand le client a déjà annoncé qu'il contesterait, ou quand vous avez besoin d'une décision rapide.

Exemple

Un développeur freelance réclame 12 000 euros à une société qui invoque des « retards » pour ne pas payer, sans avoir jamais contesté les livrables validés par écrit. Comme elle ferait sans doute opposition à une injonction de payer, son avocat assigne directement en référé-provision : il obtient en cinq semaines une décision exécutoire pour la totalité.

SourceCode de procédure civile, articles 835 et 873 ;service-public.fr, recouvrement judiciaire : référé-provision devant les juridictions civiles ou commerciales(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiInjonction de payerRecouvrement judiciaireTitre exécutoireCréance

Relance amiable

La relance amiable est la démarche par laquelle le créancier rappelle au client, sans formalisme, qu'une facture est échue et l'invite à la régler. Mail, appel téléphonique, courrier simple : elle précède la mise en demeure et règle la grande majorité des retards, souvent dus à un oubli, une facture égarée ou un circuit de validation interne.

Une bonne relance est rapide : envoyez-la le lendemain de l'échéance, pas trois semaines après. Elle est précise : numéro, date et montant de la facture, date d'échéance, moyen de paiement, facture jointe. Elle est progressive : un premier mail cordial, un second plus ferme qui rappelle les pénalités et l'indemnité, puis un appel pour comprendre le blocage, avant la mise en demeure.

La relance n'a pas d'effet juridique : elle n'arrête pas le délai de prescription. Elle préserve en revanche la relation, prouve vos démarches si vous devez aller plus loin, et règle le problème dans la plupart des cas.

Exemple

Une formatrice programme trois relances automatiques : un rappel trois jours avant l'échéance, un mail le lendemain de l'échéance, un second à sept jours mentionnant les pénalités. Sur l'année, une seule facture est allée jusqu'à la mise en demeure.

SourceCode civil, article 1344 ;service-public.fr, recouvrement amiable : relance et mise en demeure de payer(vérifié le 27 novembre 2024).

Voir aussiMise en demeureRecouvrement amiableRetard de paiementRelance de facture (glossaire facturation)Guide : relancer un client qui ne répond plus

Retard de paiement

Le retard de paiement est la période qui court du lendemain de la date d'échéance d'une facture jusqu'à son règlement effectif. Entre professionnels, il déclenche de plein droit des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire de 40 euros, sans qu'un rappel soit nécessaire. Il est distinct de l'impayé définitif : la plupart des retards se résolvent par une relance.

La loi limite les délais de paiement entre professionnels : trente jours par défaut, soixante jours après la date de facture ou quarante-cinq jours fin de mois si le contrat le prévoit. Un client qui impose un délai plus long risque une amende pouvant atteindre 75 000 euros pour un entrepreneur individuel et 2 millions d'euros pour une société.

Pour limiter les retards, indiquez une date d'échéance précise, ajoutez un lien de paiement, programmez une relance juste avant l'échéance et demandez un acompte aux nouveaux clients. Les pénalités sont peu réclamées en pratique. Les réclamer, au moins sur les gros retards, change pourtant le comportement des clients.

Exemple

Un consultant facture 4 000 euros payables le 15 mars. Le virement arrive le 30 avril, avec 46 jours de retard. Il peut réclamer 40 euros d'indemnité et 4 000 × 12,15 % × 46 / 365, soit environ 61 euros de pénalités.

SourceCode de commerce, articles L441-10 et L441-16 ;service-public.fr, délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiPénalités de retardIndemnité forfaitaire de 40 eurosDélai légal de paiementDélai moyen de paiement (DSO)Délai de paiement (glossaire facturation)

S

Saisie

La saisie permet de récupérer de force l'argent qu'un client vous doit. Elle est faite par un commissaire de justice, et seulement si vous avez un titre exécutoire, comme une décision du juge. Il peut bloquer l'argent du compte bancaire du client, prélever une partie de son salaire ou faire vendre certains de ses biens.

Contre une entreprise, la saisie sur le compte bancaire est la plus efficace. La banque bloque les sommes dues, puis vous les verse un mois plus tard. Contre un particulier, la banque doit lui laisser au moins 651,69 euros sur son compte.

Certains biens ne peuvent pas être saisis, comme ceux dont le débiteur a besoin pour vivre et travailler. La résidence principale d'un entrepreneur individuel est aussi protégée face à ses créanciers professionnels.

Exemple

Une traductrice détient une ordonnance d'injonction de payer de 2 400 euros contre une agence. Le commissaire de justice pratique une saisie-attribution sur le compte de l'agence : 2 400 euros plus les frais sont bloqués le jour même et lui sont versés un mois plus tard.

SourceCode des procédures civiles d'exécution, articles L211-1, L221-1, L162-2 et L526-1 ;service-public.fr, quelles saisies peut faire un commissaire de justice ?(vérifié le 10 mai 2024) ;service-public.fr, solde bancaire insaisissable(vérifié le 1er avril 2026) ;service-public.fr, peut-on saisir la résidence principale de l'entrepreneur individuel ?(vérifié le 20 janvier 2026).

Voir aussiTitre exécutoireDébiteur et créancierProcédure collective

T

Titre exécutoire

Le titre exécutoire est l'acte qui constate une créance et autorise le créancier à en poursuivre l'exécution forcée par commissaire de justice : saisie des comptes, des rémunérations, des biens. Sont des titres exécutoires les jugements et ordonnances revêtus de la formule exécutoire, l'ordonnance d'injonction de payer non frappée d'opposition, l'accord constaté en procédure simplifiée de recouvrement, les actes notariés, le certificat de non-paiement d'un chèque signifié.

Sans titre exécutoire, aucune saisie n'est possible : même incontestable, une facture ne permet pas de prélever le compte du client. Toute la phase judiciaire sert à l'obtenir. Vous le confiez ensuite à un commissaire de justice, qui choisit la saisie adaptée. Les frais de saisie sont en principe à la charge du débiteur.

Un titre exécutoire reste valable dix ans, ce qui laisse le temps d'attendre qu'un client insolvable redevienne saisissable. Il ne garantit pas le paiement : contre un client sans biens, en procédure collective ou disparu, il ne sert à rien. Vérifiez donc sa solvabilité avant d'engager des frais.

Exemple

Un électricien obtient une ordonnance d'injonction de payer de 1 900 euros contre une entreprise cliente. Signifiée sans opposition, l'ordonnance devient un titre exécutoire. Le commissaire de justice saisit le compte de l'entreprise, qui paie sous huit jours.

SourceCode des procédures civiles d'exécution, articles L111-2, L111-3 et L111-4 ; Code de procédure civile, article 1422 ;service-public.fr, recouvrement de dettes en France : injonction de payer et procédure simplifiée(vérifié le 1er septembre 2026).

Voir aussiInjonction de payerSaisieChèque sans provision

Questions fréquentes

Les confusions les plus courantes, tranchées en quelques lignes.

Dans l'ordre, relancer à l'amiable dès le lendemain de l'échéance, par mail puis par téléphone, en rappelant que les pénalités de retard et l'indemnité de 40 euros courent. Sans réponse, envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec un délai de paiement. Si elle reste sans effet, engager une procédure simplifiée devant un commissaire de justice pour une créance de moins de 5 000 euros, ou une injonction de payer devant le tribunal. Le titre exécutoire obtenu permet la saisie.

Les glossaires voisins

Le vocabulaire de la réforme s'appuie sur celui de la facture et de la TVA.

Les mots sont clairs. La prochaine relance aussi.

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