✦ 51 termes · vérifiés le 23 septembre 2026 · sources officielles

Glossaire de la facturation électronique : 51 termes expliqués

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France et assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques. À partir du 1er septembre 2027, les PME et les micro-entreprises devront aussi les émettre et transmettre leur e-reporting. La réforme est venue avec son vocabulaire : Plateforme Agréée, annuaire, cycle de vie, Factur-X, e-reporting de paiement. L'administration emploie ces mots tels quels dans ses textes et dans sa foire aux questions. Ce glossaire les définit un par un, en français courant, avec un exemple qui parle aux indépendants et le texte qui fonde chaque définition. Il s'adresse à celles et ceux qui travaillent seuls et veulent comprendre la réforme par eux-mêmes : micro-entrepreneurs, freelances, artisans, praticiens.

IndexABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ

Chaque définition indique sa source. Dernière vérification de l'ensemble : 23 septembre 2026. Les seuils et montants cités sont ceux en vigueur à cette date.

A

Adressage d'une facture

L'adressage est l'étape où la plateforme de l'émetteur trouve où livrer une facture électronique. Elle cherche le SIREN du client dans l'annuaire central, y lit sa Plateforme Agréée et son adresse de facturation, puis lui transmet la facture.

Vous n'avez pas à connaître la plateforme de votre client ni à lui demander une adresse email dédiée. L'identifiant de départ est son numéro SIREN, qui devient d'ailleurs une mention obligatoire de la facture. Si votre client a déclaré plusieurs adresses dans l'annuaire (par établissement avec le SIRET, ou par service avec un code de routage), il vous indique celle à utiliser.

Une fois que vous êtes soumis à l'émission, si le client n'a pas encore choisi de plateforme de réception, l'adressage est impossible : votre plateforme vous signale que la facture a été rejetée ou n'a pas pu être délivrée. Votre client est alors lui-même en défaut au regard de l'obligation de réception : prévenez-le pour qu'il choisisse sa plateforme, et gardez la trace de vos démarches.

Exemple

Une graphiste a désigné sa Plateforme Agréée. Son imprimeur, une ETI soumise à l'émission depuis septembre 2026, lui facture un lot de cartes de visite : sa plateforme consulte l'annuaire avec le SIREN de la graphiste, trouve sa Plateforme Agréée et lui transmet la facture. Elle la reçoit dans son outil, sans email.

SourceCGI, annexe II, articles 242 nonies E et 242 nonies H ;impots.gouv.fr, foire aux questions de la facturation électronique(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiAnnuaire des destinatairesCode de routageSIREN et SIRET dans la facture électroniqueRejet de facture

Adresse de livraison (nouvelle mention)

L'adresse de livraison des biens devient une mention obligatoire de la facture quand elle diffère de l'adresse du client. C'est l'une des quatre mentions ajoutées par la réforme, obligatoires à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises, avec le SIREN du client, la catégorie d'opération et, le cas échéant, l'option pour la TVA d'après les débits.

Cette mention ne concerne que les livraisons de biens : une prestation de services n'a pas d'adresse de livraison à indiquer. Pour un artisan qui fournit du matériel sur un chantier, l'adresse du chantier est l'adresse de livraison si elle n'est pas celle du client.

Les quatre nouvelles mentions suivent le calendrier de l'émission électronique. Elles s'appliquent aux factures émises à partir du 1er septembre 2026 par les grandes entreprises et les ETI, et à partir du 1er septembre 2027 par les PME et les micro-entreprises. Rien n'empêche de les ajouter plus tôt. Le réflexe utile : renseigner l'adresse de chantier ou de livraison dès le devis, pour qu'elle suive jusqu'à la facture.

Exemple

En octobre 2027, un électricien installe un tableau dans un local commercial à Metz pour une société dont le siège est à Nancy. Sa facture porte l'adresse du siège comme adresse du client et l'adresse du local de Metz comme adresse de livraison.

SourceCGI, annexe II, article 242 nonies A (7° bis) ; décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022, article 3, modifié par le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024 (dates d'application).

Voir aussiCatégorie d'opérationOption pour la TVA d'après les débitsSIREN et SIRET dans la facture électroniqueChecklist des mentions obligatoires d'une facture

Annuaire des destinataires

L'annuaire des destinataires, appelé « annuaire central » dans les textes, est le répertoire que l'État met à la disposition des Plateformes Agréées. Pour chaque entreprise, il indique la plateforme qui reçoit ses factures et ses adresses de facturation.

L'annuaire est mis à jour chaque jour à partir du répertoire Sirene de l'INSEE et des informations transmises par les plateformes. Votre SIREN y figure donc déjà ; ce qui s'y ajoute, par l'intermédiaire de votre Plateforme Agréée, c'est la plateforme qui reçoit vos factures et vos adresses de facturation. Pour les actualiser, la plateforme doit disposer de votre accord formel, daté et signé.

Tant qu'aucune plateforme de réception n'est associée à votre SIREN, un fournisseur ne peut pas vous adresser de facture électronique. Or l'obligation de réception vous impose justement de pouvoir les recevoir. Les textes prévoient plusieurs formes d'adresses (par établissement ou par service), mais une adresse principale, celle de votre SIREN, suffit à la plupart des indépendants. L'annuaire est consultable en ligne pour vérifier votre rattachement ou celui d'un client.

Exemple

Une consultante désigne sa Plateforme Agréée et signe l'accord formel. Une fois l'information enregistrée, sa plateforme apparaît en face de son SIREN dans l'annuaire. Son fournisseur de logiciels, une grande entreprise déjà soumise à l'émission, peut désormais lui adresser ses factures électroniques.

SourceCGI, article 289 bis, III ; CGI, annexe II, articles 242 nonies E bis et 242 nonies H ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiAdressage d'une factureObligation de réceptionPortail Public de Facturation (PPF)Mandat de facturation

API de facturation

Une API (interface de programmation) permet à deux logiciels d'échanger des données automatiquement. En facturation électronique, c'est par exemple par une API que votre logiciel envoie vos factures à une Plateforme Agréée et récupère celles de vos fournisseurs.

Lorsqu'une Plateforme Agréée propose des API standardisées, elle doit respecter la norme AFNOR XP Z12-013, qui les décrit. Si votre logiciel de facturation n'est pas lui-même une Plateforme Agréée, il doit se raccorder à une plateforme, par exemple par une API : il lui envoie vos factures, récupère celles de vos fournisseurs et rapatrie les changements de statut. Vous n'avez rien à programmer, l'éditeur s'en charge, mais la qualité de ce raccordement conditionne votre quotidien : délai d'apparition des factures reçues, fiabilité des statuts, gestion des rejets.

Une API sert aussi à brancher vos propres outils : une boutique en ligne qui crée une facture à chaque commande, un outil de prise de rendez-vous qui crée la fiche client. Abby propose des automatisations prêtes à l'emploi pour ces cas.

Exemple

Un vendeur Shopify connecte sa boutique à son logiciel de facturation. Chaque commande crée automatiquement la facture correspondante, sans ressaisie ; à partir de septembre 2027, le logiciel la déposera sur la plateforme quand le client est une entreprise établie en France.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies C, I-4° (norme XP Z12-013) ;impots.gouv.fr, liste des plateformes agréées(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiInteropérabilité entre plateformesOpérateur de dématérialisation (OD)Solution de facturation conformeAutomatiser sa facturation Shopify

Archivage électronique

L'archivage électronique consiste à conserver ses factures dans leur format d'origine pendant la durée légale, en garantissant qu'elles restent authentiques, intactes et lisibles. Une facture émise sous forme électronique se conserve sous cette forme, pas en version imprimée.

Le droit commercial impose de conserver dix ans les documents comptables et les pièces justificatives, dont les factures. Le droit fiscal impose de les conserver sous leur forme originale, six ans jusqu'ici ; à partir du 1er janvier 2027, ce délai passe à dix ans pour toutes les pièces dont le délai de conservation n'a pas encore expiré à cette date. Les deux délais sont donc alignés : retenez dix ans. Pour une facture au format Factur-X, cela veut dire conserver le fichier lui-même, avec ses données structurées, et non une simple impression.

L'obligation de conservation pèse sur vous. Vérifiez ce que votre plateforme prévoit pour l'accès à vos factures dans la durée, et exportez régulièrement une sauvegarde de vos factures émises et reçues, surtout si vous changez d'outil. En cas de changement de Plateforme Agréée, l'ancienne doit vous fournir sur demande, pendant un an, les informations utiles à la continuité de votre activité.

Exemple

Un plombier reçoit un contrôle en 2031 portant sur l'année 2027. Il doit produire les factures Factur-X de l'époque, telles qu'émises. Une capture d'écran ou un PDF réimprimé ne suffit pas.

SourceLivre des procédures fiscales, article L102 B, dans sa rédaction issue de l'article 36 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (applicable au 1er janvier 2027) ; Code de commerce, article L123-22 ; CGI, article 289, V ; CGI, annexe II, article 242 nonies E quater ;service-public.fr, tout savoir sur la facturation(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiFormat structuréFacture électroniqueGuide : archivage électronique des factures

Assujetti à la TVA

Est assujettie à la TVA toute personne qui exerce une activité économique de manière indépendante et habituelle, quel que soit son statut. Être assujetti ne veut pas dire facturer la TVA : un micro-entrepreneur en franchise en base est assujetti sans être redevable.

C'est le mot qui dit qui est concerné par la réforme. Elle s'applique aux assujettis établis en France, qu'ils soient redevables de la TVA ou non, sans seuil de chiffre d'affaires. Un auto-entrepreneur qui émet trois factures par an avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » est concerné au même titre qu'une SAS.

Les opérations exonérées de TVA en application des articles 261 à 261 E du Code général des impôts (certains soins médicaux, certaines opérations d'enseignement, la location de logements nus, par exemple) ne donnent lieu ni à facture électronique ni à e-reporting. L'entreprise qui les réalise reste pourtant concernée comme acheteur : elle doit pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs, par une Plateforme Agréée.

Exemple

Un graphiste en micro-entreprise, 18 000 euros de chiffre d'affaires par an, n'a jamais facturé de TVA. Il est assujetti. Depuis le 1er septembre 2026, il doit pouvoir recevoir des factures électroniques ; à partir du 1er septembre 2027, il émet les siennes en électronique.

SourceCGI, article 256 A ; CGI, article 289 bis ;impots.gouv.fr, je n'émets pas de facture ou je facture sans TVA : suis-je concerné ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiRedevable de la TVAObligation de réceptionOpérations hors champSimulateur : êtes-vous concerné par la facturation électronique ?

Autofacturation

L'autofacturation, c'est quand le client établit lui-même la facture au nom et pour le compte de son fournisseur, qui lui a donné mandat. La facture porte la mention « Autofacturation » et n'est émise au nom du fournisseur que sous réserve de son acceptation.

Le mécanisme sert dans les relations où le client connaît mieux que le fournisseur ce qui est à facturer, par exemple les courses réalisées ou les quantités livrées. Le fournisseur reste responsable de la facture : chaque facture n'est émise en son nom que sous réserve de son acceptation.

Avec la réforme, une facture autofacturée entre deux entreprises établies en France suit elle aussi le circuit des Plateformes Agréées. C'est l'un des cas d'usage décrits par la norme AFNOR XP Z12-014, que les plateformes doivent respecter. Point de vigilance : vous ne devez pas réémettre votre propre facture pour la même opération, sinon la même prestation est facturée deux fois.

Exemple

À partir de septembre 2027, un livreur indépendant travaille avec une plateforme de livraison qui établit chaque mois la facture de ses courses, en son nom. La facture circule au format électronique et le livreur la retrouve dans sa Plateforme Agréée. Il la vérifie et la conserve ; il ne la refait pas.

SourceCGI, article 289, I-2 ; CGI, annexe II, article 242 nonies A, 14° (mention « Autofacturation ») ; CGI, annexe IV, article 41 septies C, I-3° (norme XP Z12-014).

Voir aussiMandat de facturationObligation d'émissionPlateforme Agréée (PA)

Avoir électronique

Un avoir est un document à montant négatif qui annule tout ou partie d'une facture déjà émise, en y faisant référence. Il vaut facture : entre entreprises établies en France, il passe lui aussi par les Plateformes Agréées dès que l'émetteur est soumis à l'émission électronique.

Une facture émise ne se modifie pas et ne se supprime pas. Quand elle a déjà été payée, toute correction ou annulation passe par un avoir. C'est un document à part entière : il porte son propre numéro, dans la même série que vos factures ou dans une série réservée aux avoirs, avec une numérotation chronologique et continue.

Tant que la facture n'est pas payée, une facture rectificative portant la mention « annule et remplace la facture n° … » est aussi possible. Le devis, lui, n'est pas concerné par la réforme : vous continuez de l'envoyer comme vous voulez.

Exemple

En novembre 2027, un développeur a facturé et encaissé 2 400 euros pour une mission qui en valait 2 100. Il émet un avoir de 300 euros qui référence la facture initiale, transmis par sa plateforme à celle du client, et rembourse la différence.

SourceCGI, article 289, I-5 ;service-public.fr, tout savoir sur la facturation, rubrique annuler ou rectifier une facture(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiFacture rectificative électroniqueCycle de vie de la factureRefus de factureGuide : facturation

B

B2B, B2C, B2G

Ces sigles classent vos ventes selon le client : B2B (une entreprise), B2C (un particulier), B2G (le secteur public). La réforme prévoit la facture électronique pour le B2B entre entreprises établies en France et l'e-reporting pour le B2C, à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises, et Chorus Pro pour le B2G.

Le classement se fait client par client, pas activité par activité. Une même entreprise peut relever des trois.

Le B2B international (client entreprise établi hors de France) ne relève pas de la facture électronique française : la vente entre dans l'e-reporting. Un client qui n'est pas assujetti à la TVA, comme une association sans activité économique, relève aussi de l'e-reporting, comme un particulier.

Exemple

En octobre 2027, un traducteur réalise dans le mois une traduction pour une PME lyonnaise (facture électronique), une autre pour un particulier (e-reporting) et une troisième pour un éditeur belge (e-reporting, facture envoyée comme aujourd'hui).

SourceCGI, articles 289 bis et 290 ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiOpération domestiqueE-reportingChorus ProTransmission des données de transaction

C

Calendrier de la réforme

La réforme a deux dates. Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises et ETI les émettent et transmettent leur e-reporting. Le 1er septembre 2027, les PME et micro-entreprises font de même.

Ce calendrier est celui de la loi de finances pour 2024, qui a remplacé le calendrier initial, lequel faisait démarrer la réforme au 1er juillet 2024. La date qui vous concerne dépend de la catégorie de votre entreprise, pas de votre forme juridique ni de votre régime fiscal : une SARL de cinq salariés et un micro-entrepreneur suivent le même calendrier, celui du 1er septembre 2027.

Deux conséquences pratiques. Depuis septembre 2026, vos fournisseurs soumis à l'émission (grandes entreprises et ETI) vous adressent des factures électroniques : il vous faut une plateforme pour les recevoir. La réglementation n'interdit pas non plus d'émettre en électronique avant la date à laquelle l'émission électronique devient obligatoire pour vous ; vérifiez simplement que votre outil le permet déjà.

Exemple

Une micro-entrepreneure en rédaction web désigne sa plateforme en septembre 2026 pour recevoir les factures de ses fournisseurs soumis à l'émission. Elle continue d'envoyer ses propres factures comme avant jusqu'au 1er septembre 2027, date à laquelle elle passe à l'émission électronique.

SourceLoi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, article 91 ; CGI, annexe IV, article 41 septies D ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiObligation de réceptionObligation d'émissionTaille d'entreprise au sens de la réformeHub facturation électronique Abby

Catégorie d'opération

La catégorie d'opération indique si la facture porte uniquement sur des livraisons de biens, uniquement sur des prestations de services, ou sur les deux. Mention obligatoire à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises, elle figure aussi dans l'e-reporting et dit à l'administration quand la TVA est due.

L'administration a besoin de cette information parce que la TVA n'est pas exigible au même moment selon ce que vous vendez : à la livraison pour les biens, à l'encaissement pour les services (sauf option pour les débits). C'est aussi ce qui détermine si des données de paiement sont à transmettre.

Une facture mixte (un artisan qui fournit et pose du matériel) relève de la catégorie « livraisons de biens et prestations de services ». Votre logiciel déduit en principe la catégorie du type de lignes facturées ; vérifiez que vos articles sont bien classés en produit ou en prestation. Comme les autres nouvelles mentions, elle s'applique aux factures des PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.

Exemple

À partir de septembre 2027, un menuisier qui facture la fourniture d'une porte et sa pose indique la catégorie mixte. La même année, une décoratrice facture uniquement du conseil : catégorie prestation de services, avec TVA due à l'encaissement et données de paiement à transmettre.

SourceCGI, annexe II, article 242 nonies A (8° bis) ; CGI, annexe II, article 242 nonies M ; CGI, article 269, 2.

Voir aussiOption pour la TVA d'après les débitsDonnées de paiementAdresse de livraison (nouvelle mention)

Chorus Pro

Chorus Pro est la plateforme de l'État, gérée par l'AIFE, sur laquelle les fournisseurs du secteur public déposent leurs factures. La réforme ne la remplace pas : les factures adressées à une mairie ou à une administration continuent d'y passer.

Le Code de la commande publique impose la facture électronique aux fournisseurs du secteur public, et Chorus Pro en est la solution mutualisée. Elle gère les factures du secteur public (B2G), distinctes des factures entre entreprises de la réforme. Si vous facturez déjà des collectivités, rien ne change sur le fond.

Ce qui change, c'est le raccordement : les Plateformes Agréées doivent prouver leur interopérabilité avec la solution mutualisée du secteur public avant d'être immatriculées. À l'inverse, Chorus Pro ne sert pas de plateforme pour vos clients privés : un indépendant qui facture à la fois une commune et des entreprises a besoin d'une Plateforme Agréée.

Exemple

Une paysagiste entretient les espaces verts d'une commune et de deux entreprises. Les factures de la commune partent vers Chorus Pro ; celles des entreprises passeront en facture électronique entre plateformes à partir de septembre 2027. Deux circuits, pour deux types de clients.

SourceOrdonnance n° 2014-697 du 26 juin 2014 ; Code de la commande publique, articles L2192-1 et suivants ; CGI, annexe II, article 242 nonies B, I-7°.

Voir aussiB2B, B2C, B2GPortail Public de Facturation (PPF)Interopérabilité entre plateformes

CII

CII (Cross Industry Invoice) est l'une des syntaxes de facture électronique retenues par la réforme : un format XML élaboré par UN/CEFACT, un organisme des Nations unies. Illisible sans outil, c'est aussi le XML embarqué dans une facture Factur-X.

Vous n'aurez jamais à choisir ce format vous-même. Il travaille en coulisses : les données cachées dans vos factures Factur-X sont écrites en CII, un format que toutes les plateformes savent lire.

Les Plateformes Agréées doivent pouvoir recevoir trois formats de base, UBL, CII et le format mixte (Factur-X), et transmettre dans au moins l'un d'eux, chacun dans le profil « EN16931 » ou dans l'extension française « EXTENDED-CTC-FR », conformément à la norme AFNOR XP Z12-012. Entre vous et votre plateforme, d'autres formats sont possibles : la plateforme d'émission se charge alors de la conversion.

Exemple

Un consultant reçoit d'un grand groupe une facture au format CII pur. Son logiciel l'affiche sous forme lisible, avec les montants et le taux de TVA extraits automatiquement, alors que le fichier brut n'est qu'une suite de balises.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies C (arrêté du 7 octobre 2022 modifié par l'arrêté du 27 juillet 2026) ; norme EN 16931 ; norme AFNOR XP Z12-012.

Voir aussiUBLFactur-XFormat structuré

Code de routage

Le code de routage est un identifiant qu'une entreprise déclare dans l'annuaire pour diriger ses factures vers un service ou un site précis. Il complète le SIREN, et le cas échéant le SIRET ; il ne les remplace pas.

Le SIREN identifie l'entreprise, le SIRET identifie un établissement. Pour aller plus fin, par exemple séparer le traitement des factures de plusieurs services, une entreprise peut créer des codes de routage. Une facture adressée avec le bon code arrive alors directement dans la bonne file de traitement.

Pour la quasi-totalité des indépendants, il n'y a aucun code de routage à créer : une adresse principale suffit. En revanche, quand vous facturez un grand compte, il peut vous demander d'utiliser un code de routage donné. Notez-le dans la fiche client, comme vous noteriez un numéro de bon de commande, sinon la facture risque d'arriver dans un service qui n'est pas le bon.

Exemple

En 2027, un consultant qui passe à l'émission électronique facture une enseigne de distribution qui lui indique le code de routage de sa direction marketing. Il l'enregistre dans la fiche client ; ses factures suivantes arrivent directement au bon service.

SourceCGI, annexe II, article 242 nonies H, II-1° ; CGI, annexe IV, article 41 septies A bis (adresses couvertes par l'accord formel).

Voir aussiAdressage d'une factureAnnuaire des destinatairesSIREN et SIRET dans la facture électronique

Cycle de vie de la facture

Le cycle de vie est la suite des statuts qu'une facture électronique traverse, de son dépôt à son encaissement. Quatre statuts sont prévus par les textes et transmis à l'administration : dépôt, rejet, refus et encaissée.

C'est l'un des vrais changements de la réforme pour un indépendant : vous savez ce que devient votre facture. Un PDF envoyé par email disparaît dans une boîte de réception ; une facture électronique porte des statuts. Le statut « encaissée » comprend les données de paiement des prestations de services.

La plateforme met à jour « dépôt » et « rejet ». Le destinataire pose le « refus », l'émetteur l'« encaissée ». Les spécifications externes de la DGFiP prévoient d'autres statuts facultatifs, comme la mise à disposition, la prise en charge ou l'approbation, que les plateformes peuvent proposer. Lisez vos statuts : un refus appelle une analyse de son motif, un rejet signifie que la facture n'est pas arrivée.

Exemple

En octobre 2027, une photographe dépose une facture le 3 du mois : statut « dépôt ». Le 28, elle reçoit le virement et passe la facture en « encaissée ». Entre les deux, elle n'a eu à relancer personne pour savoir si la facture était arrivée.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies G ; CGI, annexe II, article 242 nonies E, 6° ; spécifications externes de la facturation électronique (DGFiP).

Voir aussiStatut de factureRejet de factureRefus de factureDonnées de paiement

D

Dématérialisation fiscale

La dématérialisation fiscale remplace les documents papier à valeur fiscale (factures, déclarations, justificatifs) par des documents électroniques qui ont la même valeur probante. La facturation électronique en est l'étape la plus récente, mais pas la première.

Les factures électroniques existent depuis longtemps en droit fiscal, à condition d'en garantir l'authenticité, l'intégrité et la lisibilité. La réforme va plus loin : entre entreprises établies en France, elle rend la facture électronique obligatoire, la fait transiter par des Plateformes Agréées et en extrait des données pour l'administration.

Il ne faut pas confondre facture dématérialisée et facture électronique. Un PDF est une facture dématérialisée ; il n'est pas une facture électronique au sens de la réforme, parce qu'il ne contient pas de données structurées et ne passe pas par une Plateforme Agréée.

Exemple

Un traducteur envoie depuis des années ses factures en PDF : c'est de la dématérialisation. À partir de septembre 2027, ses factures à des entreprises françaises seront émises au format Factur-X et transmises par sa plateforme : c'est de la facturation électronique.

SourceCGI, articles 289 et 289 bis ; Livre des procédures fiscales, article L102 B ;impots.gouv.fr, une facture envoyée par mail est-elle une facture électronique ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiFacture électroniquePDF simple (facture non électronique)Archivage électronique

DGFiP

La DGFiP (Direction générale des Finances publiques) est l'administration fiscale qui pilote la réforme. Elle immatricule les Plateformes Agréées, publie leur liste et les spécifications techniques, et reçoit les données transmises par les plateformes.

C'est aussi elle qui reçoit vos déclarations de TVA et gère votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Dans la réforme, elle reçoit les données utiles de vos factures (montants, TVA, identifiants), transmises par votre plateforme dans les vingt-quatre heures du dépôt. Vos déclarations de TVA continuent, à la même périodicité ; ces données doivent permettre, à terme, de les pré-remplir.

Pour vous, la DGFiP est la source à consulter en cas de doute : la liste officielle des plateformes agréées, la foire aux questions de la réforme et un numéro dédié, le 0806 807 807 (service gratuit, prix de l'appel). Une plateforme qui se dit « agréée » sans figurer sur la liste officielle ne l'est pas.

Exemple

Un artisan hésite entre deux logiciels qui affichent tous deux un logo « plateforme agréée ». Il vérifie la liste publiée sur impots.gouv.fr : un seul des deux y figure.

Sourceimpots.gouv.fr, je passe à la facturation électronique(vérifié le 23 septembre 2026) ; CGI, annexe II, articles 242 nonies D et 242 nonies L.

Voir aussiPlateforme Agréée (PA)Immatriculation d'une Plateforme AgrééePortail Public de Facturation (PPF)

Données de paiement

Les données de paiement sont la date d'encaissement et le montant encaissé par taux de TVA, transmis via votre plateforme pour les ventes dont la TVA est due au moment où le client paie, surtout les prestations de services. On parle aussi d'e-reporting de paiement, obligatoire à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Pour une prestation de services, la TVA est due au moment où le client paie, sauf option pour les débits. L'administration a donc besoin de savoir quand vous êtes payé, pas seulement quand vous facturez. En franchise en base, vous ne facturez pas de TVA, mais vous transmettez quand même vos encaissements : la franchise n'en dispense pas. Pour une facture électronique, ces données passent par le statut « encaissée » ; pour les autres ventes, par l'e-reporting.

Les textes prévoient une transmission tous les bimestres civils en franchise, une par mois au régime simplifié et au régime réel. Pour de la pure vente de biens, la TVA est exigible à la livraison : pas de données de paiement, sauf pour les acomptes, dont la TVA est exigible à l'encaissement.

Exemple

Une consultante en franchise facture une entreprise 600 euros le 5 mars 2028, payés le 22 avril. Elle passe la facture en « encaissée » ; sa plateforme transmet la date et le montant de l'encaissement.

SourceCGI, article 290 A ; CGI, article 269, 2 ; CGI, annexe II, article 242 nonies P ; CGI, annexe IV, article 41 septies G.

Voir aussiE-reportingOption pour la TVA d'après les débitsRéconciliation des paiementsCatégorie d'opération

E

E-invoicing

E-invoicing est le terme anglais pour facturation électronique. En France, il désigne la partie de la réforme qui porte sur les factures entre entreprises assujetties établies en France, par opposition à l'e-reporting.

Le mot apparaît dans la documentation officielle et chez les éditeurs pour distinguer nettement les deux parties de la réforme : e-invoicing pour les factures entre entreprises établies en France, e-reporting pour le reste (particuliers, étranger, paiements). Retenez l'opposition plutôt que le mot : dès qu'une vente relève de l'e-invoicing, une facture structurée transite par les plateformes ; dès qu'elle relève de l'e-reporting, ce sont des données qui sont transmises.

Dans les textes français, le terme officiel reste « facturation électronique » (article 289 bis du Code général des impôts). Les deux expressions sont interchangeables dans le langage courant.

Exemple

Une agence de communication de trois personnes se demande si elle est « concernée par l'e-invoicing ». Elle facture des entreprises françaises : oui, à compter du 1er septembre 2027 pour l'émission, et depuis septembre 2026 pour la réception.

SourceCGI, article 289 bis ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiFacture électroniqueE-reportingObligation d'émissionObligation de réception

E-reporting

L'e-reporting est la transmission à l'administration, via une Plateforme Agréée, des données des opérations qui ne passent pas par une facture électronique : ventes aux particuliers, opérations avec l'étranger et encaissements des prestations de services. Il ne crée aucune facture et s'applique à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

L'e-reporting a deux parties. L'e-reporting de transaction porte sur vos ventes hors facture électronique : pour les particuliers, des données globalisées par jour et par taux de TVA, sans nom de client ; pour les clients étrangers, les données de chaque facture. L'e-reporting de paiement porte sur les encaissements des ventes dont la TVA est exigible à l'encaissement, principalement les prestations de services.

Le rythme dépend de votre régime de TVA. Données de transaction : tous les bimestres civils en franchise en base, une fois par mois au régime simplifié ou au réel normal trimestriel, trois fois par mois au réel normal mensuel. Données de paiement : tous les bimestres en franchise, une fois par mois sinon. Sans opération sur la période, rien n'est à transmettre. L'e-reporting ne remplace pas votre déclaration de TVA ; il démarre au 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Exemple

Une esthéticienne à domicile en franchise encaisse 3 200 euros auprès de particulières en septembre et octobre 2027. Elle saisit ses recettes dans son outil ; sa plateforme transmet leurs totaux par jour pour le bimestre. Aucune facture par cliente à produire pour l'e-reporting.

SourceCGI, articles 290 et 290 A ; CGI, annexe II, articles 242 nonies M, 242 nonies O et 242 nonies P ; CGI, annexe IV, article 41 septies L.

Voir aussiTransmission des données de transactionDonnées de paiementB2B, B2C, B2GLogiciel de caisse et e-reporting

F

Factur-X

Factur-X est un format de facture électronique mixte : un PDF lisible par un humain, qui contient un fichier XML lisible par les logiciels. C'est l'un des trois formats de base que toutes les Plateformes Agréées doivent savoir recevoir.

Son intérêt est de ne rien changer à ce que vous voyez. Votre facture garde sa mise en page, votre logo, vos couleurs ; les données structurées sont à l'intérieur du fichier, invisibles à l'ouverture. Un client sans outil adapté peut lire le PDF ; une plateforme ou un logiciel comptable lit le XML et évite toute ressaisie.

Factur-X est une norme franco-allemande (elle s'appelle ZUGFeRD outre-Rhin), conforme à la norme européenne EN 16931. Elle existe en plusieurs niveaux de détail, des « profils » : entre plateformes, le XML doit suivre le profil « EN16931 » ou l'extension française « EXTENDED-CTC-FR ». Vous n'avez pas à choisir un profil : votre logiciel le fait.

Exemple

À partir de septembre 2027, un photographe envoie ses factures Factur-X à une agence par sa plateforme. L'agence l'ouvre comme n'importe quel PDF ; son logiciel comptable, lui, lit directement le montant hors taxe, la TVA à 20 % et l'échéance, sans ressaisie.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies C, I-1°-e (arrêté du 7 octobre 2022 modifié par l'arrêté du 27 juillet 2026) ; norme EN 16931 ; norme AFNOR XP Z12-012 ;FNFE-MPE, Factur-X(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiFormat hybrideCIIUBLFormation par email : la facturation électronique en 9 jours

Facture d'acompte électronique

Une facture d'acompte est émise quand le client paie une partie du prix avant la livraison ou la fin de la prestation. C'est une facture à part entière : entre entreprises établies en France, elle passe elle aussi par les Plateformes Agréées dès que l'émetteur est soumis à l'émission électronique.

L'acompte a une conséquence fiscale immédiate : la TVA est exigible à l'encaissement de l'acompte, pour les prestations de services comme pour les livraisons de biens. C'est pourquoi l'encaissement d'un acompte donne lieu à des données de paiement, même pour un vendeur de biens qui n'en transmet pas par ailleurs.

La facture de solde reprend ensuite le total de l'opération en déduisant l'acompte déjà facturé, avec la référence de la facture d'acompte. La facturation des acomptes fait partie des cas d'usage que les plateformes doivent traiter selon la norme AFNOR XP Z12-014 : utilisez le type de document prévu par votre logiciel plutôt qu'une facture libre.

Exemple

En novembre 2027, un menuisier demande 30 % à la commande d'une cuisine, soit 2 400 euros. Il émet une facture d'acompte électronique, encaisse, puis à la pose une facture de solde de 5 600 euros qui mentionne l'acompte déjà réglé.

SourceCGI, article 289, I-1-c ; CGI, article 289 bis ; CGI, article 269, 2 ; CGI, annexe IV, article 41 septies C, I-3°.

Voir aussiDonnées de paiementFacture électroniqueCycle de vie de la factureGuide : facturation

Facture électronique

Une facture électronique est émise, transmise et reçue sous forme électronique, avec un socle minimum de données structurées lisibles par un logiciel. Entre entreprises assujetties établies en France, elle circule par des Plateformes Agréées : réception obligatoire pour toutes depuis le 1er septembre 2026, émission obligatoire le 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Trois critères la distinguent d'un simple PDF : des données structurées lisibles par un logiciel (montants, TVA, identifiants, dates), un format normalisé (Factur-X, UBL ou CII) et un circuit de transmission contrôlé (les Plateformes Agréées, qui en extraient les données pour l'administration). Un PDF produit par un outil bureautique et envoyé par email ne remplit aucun des trois.

Ce que la réforme ne change pas : le contenu de fond de votre facture (vos prestations, vos prix, vos conditions), sa présentation visuelle si vous utilisez Factur-X, et vos obligations de numérotation et de conservation. Ce qu'elle ajoute : quatre mentions obligatoires, un circuit imposé et des statuts de suivi. L'obligation d'émettre en électronique concerne vos ventes à des entreprises établies en France ; vos ventes aux particuliers et à l'étranger relèvent de l'e-reporting.

Exemple

En septembre 2027, une développeuse freelance facture 4 500 euros à une start-up parisienne. Son logiciel produit un Factur-X, le dépose sur sa plateforme, qui l'achemine vers celle de la start-up et transmet les données de facturation à l'administration. La start-up reçoit un PDF lisible et ses données déjà intégrées.

SourceCGI, article 289 bis ; loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023, article 91 ;impots.gouv.fr, une facture envoyée par mail est-elle une facture électronique ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiE-invoicingFormat structuréFactur-XPDF simple (facture non électronique)Guide de la facturation électronique 2026-2027

Facture rectificative électronique

Une facture rectificative corrige une facture émise mais pas encore payée. Elle porte la mention « annule et remplace la facture n° … » et un nouveau numéro, et suit le même circuit que la facture initiale, électronique ou non.

Une fois émise, une facture ne peut plus être modifiée directement. Ce qui décide de la méthode, c'est le moment où l'erreur est constatée. Avant le paiement, une facture rectificative peut remplacer la facture erronée. Après le paiement, la facture ne peut plus être remplacée : toute correction passe par un avoir.

Ce que vous ne pouvez pas faire : refaire simplement la facture, avec le même numéro ou un autre, sans rattachement à la facture initiale. Cela crée une incohérence entre votre comptabilité et celle du client, et peut être sanctionné en cas de contrôle. Tout document qui modifie une facture et y fait référence de façon non équivoque est lui-même assimilé à une facture.

Exemple

En 2027, après son passage à l'émission électronique, une consultante a facturé la mauvaise entité d'un groupe ; la facture n'est pas encore payée. Elle émet une facture rectificative « annule et remplace la facture n° 2027-041 », avec un nouveau numéro et le bon SIREN, transmise par sa plateforme.

SourceCGI, article 289, I-5 ;service-public.fr, tout savoir sur la facturation, rubrique annuler ou rectifier une facture(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiAvoir électroniqueRefus de factureCycle de vie de la facture

Format hybride

Un format hybride, appelé « format mixte » dans les textes, réunit dans un même fichier un PDF lisible par un humain et des données XML lisibles par un logiciel. Factur-X est le format hybride retenu par la réforme.

Le format hybride est un compromis utile aux petites entreprises. Un format purement structuré comme UBL ou CII n'est lisible qu'avec un outil ; un PDF seul n'est pas exploitable par une machine. L'hybride donne les deux : le client voit une facture, la plateforme lit des données.

Techniquement, le PDF est au format PDF/A-3, une variante conçue pour l'archivage qui permet d'y joindre des fichiers. Le XML embarqué suit la syntaxe CII. Les textes présentent le PDF comme la représentation lisible de la facture : c'est pourquoi il faut laisser son logiciel générer le fichier plutôt que de retoucher un PDF à la main, au risque de faire diverger le visuel et les données.

Exemple

Un artisan reçoit une facture hybride de son grossiste, une ETI déjà soumise à l'émission. Il l'imprime pour son dossier chantier, et son logiciel enregistre en parallèle l'achat dans son registre à partir du XML.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies C, I-1°-e (arrêté du 7 octobre 2022 modifié par l'arrêté du 27 juillet 2026) ; norme AFNOR XP Z12-012.

Voir aussiFactur-XFormat structuréPDF simple (facture non électronique)

Format structuré

Un format structuré range les données d'une facture dans des champs normalisés (émetteur, client, montants, TVA, dates) qu'un logiciel lit sans ressaisie. UBL et CII sont des formats structurés ; une facture Factur-X en contient un.

C'est ce qui distingue une facture électronique d'un PDF ordinaire : un socle minimum de données sous forme structurée. Sans structure, pas de lecture automatique, donc pas d'extraction des données pour l'administration ni de traitement sans ressaisie chez le client. Un PDF issu d'un traitement de texte, même parfaitement présenté, ne contient que du texte et des images.

Pour vous, l'exigence de structure se traduit par la qualité des informations saisies dans votre logiciel : un client avec son SIREN, des articles classés en biens ou en services, des taux de TVA corrects. Le logiciel se charge ensuite de produire le fichier. Une donnée obligatoire absente ou incohérente fait échouer les contrôles de la plateforme, ce qui donne un rejet.

Exemple

Une facture dont le SIREN du client manque dans le XML ne passe pas les contrôles, même si le numéro figure en clair sur le PDF. La donnée doit être dans le bon champ, pas seulement visible.

SourceCGI, article 289 bis ; CGI, annexe II, article 242 nonies J ; CGI, annexe IV, articles 41 septies C et 41 septies G ; norme EN 16931.

Voir aussiFacture électroniqueUBLCIIRejet de facture

I

Immatriculation d'une Plateforme Agréée

L'immatriculation est la procédure par laquelle l'administration fiscale reconnaît un opérateur comme Plateforme Agréée. Le numéro est attribué pour trois ans renouvelables, après examen d'un dossier et tests d'interopérabilité ; la liste est publiée sur impots.gouv.fr.

Pour être immatriculé, l'opérateur doit prouver qu'il est en règle avec l'administration fiscale, que vos données sont sécurisées par des certifications reconnues et restent dans l'Union européenne, et qu'il sait échanger avec l'annuaire, l'administration et les autres plateformes. Il est ensuite audité régulièrement.

Pour vous, l'immatriculation est un critère simple, oui ou non : une plateforme figure sur la liste officielle ou elle n'y figure pas. L'administration a créé un logo « plateforme agréée » et un logo « solution compatible » ; vérifiez toujours la liste plutôt que le logo. Abby est immatriculée Plateforme Agréée.

Exemple

Une aide à domicile compare deux offres. L'une affiche « conforme à la réforme », l'autre « plateforme agréée ». Elle vérifie sur impots.gouv.fr : seule la seconde figure sur la liste. La première doit être raccordée à une plateforme pour fonctionner.

SourceCGI, article 290 B ; CGI, annexe II, articles 242 nonies B et 242 nonies C ;impots.gouv.fr, je consulte la liste des plateformes agréées(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiPlateforme Agréée (PA)Opérateur de dématérialisation (OD)Interopérabilité entre plateformesDGFiP

Interopérabilité entre plateformes

L'interopérabilité oblige les Plateformes Agréées à échanger factures et statuts entre elles, quelle que soit la plateforme de chacun. Elle repose sur l'annuaire central, des formats de base communs et des échanges par convention bilatérale ou protocole en réseau.

C'est ce qui vous permet de choisir librement votre plateforme sans vous soucier de celle de vos clients. Le fournisseur dépose sa facture sur sa plateforme ; celle-ci consulte l'annuaire, trouve la plateforme du client et lui transmet la facture dans l'un des formats de base.

Les textes laissent deux voies aux plateformes pour s'échanger les flux : une convention d'interopérabilité bilatérale, ou l'adhésion à un protocole d'échange d'information en réseau. L'interopérabilité vaut aussi pour les statuts : le refus posé par le client vous revient même si vous n'êtes pas sur la même plateforme. Elle est testée avant l'immatriculation. Pour vous, un seul raccordement suffit, pas un par client.

Exemple

En 2027, une décoratrice est sur une plateforme, son client sur une autre. Elle dépose sa facture, l'annuaire indique la plateforme du client, qui la reçoit. Elle voit les statuts remonter sans avoir créé de compte chez le prestataire du client.

SourceCGI, annexe II, articles 242 nonies B, I-7° et 242 nonies I ; CGI, annexe IV, article 41 septies C ;impots.gouv.fr, liste des plateformes agréées(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiAnnuaire des destinatairesImmatriculation d'une Plateforme AgrééeFormat structuré

L

Logiciel de caisse et e-reporting

Un logiciel de caisse enregistre les ventes à des clients qui ne reçoivent pas de facture. Depuis 2018, il doit être sécurisé pour les entreprises redevables de la TVA. Avec la réforme, ces ventes aux particuliers entrent dans l'e-reporting, globalisées par jour, à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Deux obligations distinctes se rejoignent ici. La première, antérieure à la réforme, vise à empêcher la dissimulation de recettes : le logiciel doit remplir des conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données, attestées par un certificat ou par une attestation individuelle de l'éditeur. Les assujettis en franchise en base n'y sont pas soumis. La seconde, l'e-reporting, demande de transmettre les données des ventes aux particuliers, pour lesquelles il n'y a pas de facture électronique.

Pour un commerçant, le récapitulatif quotidien de la caisse est la source naturelle de l'e-reporting. Encore faut-il que ces totaux arrivent dans l'outil qui transmet : vérifiez si votre plateforme sait récupérer vos ventes ou s'il faut les reporter dans votre livre de recettes.

Exemple

Un soir d'octobre 2027, un food truck redevable de la TVA encaisse 640 euros via sa caisse. Ce total, par taux de TVA, entre dans son e-reporting. Aucune facture à établir pour les 85 clients servis.

SourceCGI, article 286, I-3° bis et II ;BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30(vérifié le 23 septembre 2026) ; CGI, article 290 ; CGI, annexe IV, article 41 septies L.

Voir aussiE-reportingTransmission des données de transactionB2B, B2C, B2G

M

Mandat de facturation

Le mandat de facturation autorise un client ou un tiers à émettre les factures d'une entreprise assujettie, en son nom et pour son compte. Quand le mandataire est le client, on parle d'autofacturation. Chaque facture n'est émise que sous réserve de l'acceptation de l'entreprise assujettie.

Le mandat ne transfère pas la responsabilité : vous restez tenu de vous assurer que la facture est émise et juste, même établie par un autre. D'où l'intérêt de fixer par avance, avec le mandataire, ce qu'il facture, à quel rythme et comment vous validez.

Ne confondez pas ce mandat avec l'accord formel que vous signez en désignant votre Plateforme Agréée pour la réception. Cet accord, daté et signé, l'autorise à actualiser vos adresses de facturation dans l'annuaire central ; la plateforme le numérote et le conserve. Elle doit aussi vérifier de façon fiable votre identité et votre qualité de représentant de l'entreprise, avec une authentification renforcée.

Exemple

Un consultant désigne sa Plateforme Agréée : il vérifie ses informations, signe l'accord formel, et sa plateforme est enregistrée dans l'annuaire pour ses factures. Aucun mandat de facturation n'est nécessaire, puisqu'il établit lui-même ses factures.

SourceCGI, article 289, I-2 ; CGI, annexe II, articles 242 nonies E bis et 242 nonies F ; CGI, annexe IV, article 41 septies A bis.

Voir aussiAutofacturationAnnuaire des destinatairesPlateforme Agréée (PA)

O

Obligation d'émission

L'obligation d'émission impose de facturer ses clients assujettis établis en France au format électronique, via une Plateforme Agréée. Elle vaut depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, et à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Elle concerne uniquement vos ventes à des entreprises assujetties établies en France. Vos factures aux particuliers, aux clients non assujettis et aux clients étrangers relèvent de l'e-reporting ; celles aux administrations passent par Chorus Pro. Une fois l'émission électronique obligatoire pour vous, ne pas la respecter est sanctionné par une amende de 50 euros par facture non émise sous forme électronique, plafonnée à 15 000 euros par année civile.

À la date de votre obligation, vous ne changez pas de métier : vous facturez les mêmes prestations, aux mêmes prix. Ce qui change, c'est que le fichier est structuré et que l'envoi passe par la plateforme au lieu de l'email. Si votre client n'a pas encore choisi de plateforme de réception, la facture ne peut pas lui être délivrée : c'est lui qui manque à son obligation de réception, et c'est à lui de désigner sa plateforme.

Exemple

Un plombier dépanne un restaurant (une entreprise française) le 15 septembre 2027 : la facture doit être électronique. La même semaine, il intervient chez un particulier : facture classique, et la vente entre dans son e-reporting.

SourceCGI, article 289 bis ; CGI, article 1737, III ; loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023, article 91 ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiObligation de réceptionCalendrier de la réformeSanctions de la réformeOpération domestique

Obligation de réception

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA et établie en France doit pouvoir recevoir des factures électroniques, donc avoir choisi une Plateforme Agréée de réception. C'est vrai quelle que soit sa taille, qu'elle soit redevable de la TVA ou non.

C'est la seule obligation de la réforme qui ne connaît pas de calendrier progressif selon la taille. Elle vise l'assujetti en tant qu'acheteur : une entreprise en franchise en base, ou qui ne réalise que des opérations exonérées, y est soumise dès lors que ses fournisseurs établis en France doivent lui facturer en électronique. L'image la plus juste est celle de la boîte aux lettres : on vous demande d'en avoir une à votre nom.

Une entreprise qui ne recourt pas à une Plateforme Agréée pour la réception reçoit une mise en demeure de s'y conformer dans les trois mois. Faute de régularisation, l'amende est de 500 euros, puis de 1 000 euros après une nouvelle mise en demeure de trois mois, et encore 1 000 euros après chaque période de trois mois sans régularisation.

Exemple

Un masseur-kinésithérapeute libéral, dont les soins sont exonérés de TVA, n'émet aucune facture électronique. Il doit pourtant avoir choisi sa plateforme de réception pour recevoir, par exemple, la facture électronique de son fournisseur de matériel, une ETI.

SourceCGI, article 289 bis ; CGI, article 1737, IV bis ;impots.gouv.fr, franchise en base, micro-entrepreneur : suis-je concerné ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiAnnuaire des destinatairesMandat de facturationSanctions de la réformeSimulateur d'éligibilité à la facturation électronique

Opérateur de dématérialisation (OD)

Un opérateur de dématérialisation est un outil ou un prestataire qui produit, transmet ou reçoit des factures électroniques sans être immatriculé Plateforme Agréée. L'administration l'appelle « solution compatible » : il doit être raccordé à une Plateforme Agréée.

La différence avec une Plateforme Agréée n'est pas technique mais réglementaire. Une solution compatible n'est pas immatriculée : elle ne peut ni transmettre les factures directement à l'administration, ni agir en intermédiaire officiel pour les données de transaction et de paiement. Elle passe par la plateforme à laquelle elle est raccordée.

L'administration a créé un logo « solution compatible », distinct du logo « plateforme agréée ». Si votre logiciel est une solution compatible, vous avez en pratique deux prestataires : lui, et la plateforme à laquelle il vous raccorde. Ce n'est pas un problème en soi, mais le fonctionnement dépend de la qualité du raccordement.

Exemple

Un formateur utilise un logiciel de devis qui n'est pas immatriculé. Pour être en règle, il vérifie que l'éditeur l'a raccordé à une Plateforme Agréée, qui apparaît dans l'annuaire comme sa plateforme de réception.

Sourceservice-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026) ; CGI, article 290 B.

Voir aussiPlateforme Agréée (PA)Solution de facturation conformeAPI de facturationImmatriculation d'une Plateforme Agréée

Opération domestique

Une opération domestique est une vente entre un fournisseur et un client tous deux assujettis à la TVA et établis en France. C'est le cas visé par la facture électronique ; les autres opérations dans le champ de la TVA relèvent de l'e-reporting.

Trois conditions, toutes nécessaires : les deux parties sont assujetties, les deux sont établies en France, et l'opération n'est pas exonérée en application des articles 261 à 261 E du Code général des impôts. Une vente à un particulier n'est pas domestique au sens de la réforme (pas d'assujetti en face). Une vente à une entreprise allemande non plus (pas établie en France). Ces ventes sont déclarées en e-reporting.

La notion s'applique aussi à vos achats. La facture de votre fournisseur établi en France arrive en électronique dès qu'il est soumis à l'émission. Celle d'un fournisseur établi à l'étranger continue d'arriver comme aujourd'hui, mais certains de ces achats entreront dans votre e-reporting à partir de la date à laquelle l'émission électronique devient obligatoire pour vous.

Exemple

En octobre 2027, un développeur facture une agence de Bordeaux (domestique, facture électronique), un client suisse (e-reporting) et une association sans activité économique, non assujettie (e-reporting, comme pour un particulier).

SourceCGI, article 289 bis ; CGI, article 290 ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiB2B, B2C, B2GAssujetti à la TVAE-reportingOpérations hors champ

Opérations hors champ de la réforme

Les opérations exonérées de TVA par les articles 261 à 261 E du Code général des impôts (certains soins médicaux, certaines opérations d'enseignement, certaines opérations bancaires ou immobilières) ne donnent lieu ni à facture électronique ni à e-reporting.

L'exclusion vise l'opération, pas l'entreprise. Une infirmière libérale dont les soins sont exonérés n'émet pas de facture électronique pour ses consultations ; si elle vend aussi des produits soumis à la TVA, ces ventes suivent le droit commun. Comme tout assujetti, elle doit aussi pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs.

Attention aux faux amis : la franchise en base n'est pas une exonération au sens de ces articles. Un micro-entrepreneur en franchise réalise des ventes normalement soumises à la TVA, simplement dispensées de TVA par son régime. Ses ventes sont pleinement dans le champ de la réforme.

Exemple

Un masseur-kinésithérapeute libéral réalise des soins exonérés : ils sont hors champ de la réforme. Une graphiste en franchise réalise des ventes qui y entrent : elle émettra des factures électroniques pour ses clients professionnels à partir du 1er septembre 2027, et fera de l'e-reporting pour ses clients particuliers.

SourceCGI, articles 261 à 261 E ; CGI, articles 289 bis et 290 ;impots.gouv.fr, franchise en base, micro-entrepreneur : suis-je concerné ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiAssujetti à la TVAObligation de réceptionOpération domestique

Option pour la TVA d'après les débits

Par défaut, la TVA sur une prestation de services est due au moment où le client paie. L'option pour le paiement de la TVA d'après les débits la rend due dès la facturation. Elle devient une mention obligatoire à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises et dispense des données de paiement.

L'option concerne les prestataires de services redevables de la TVA. Elle aligne la TVA sur la facturation plutôt que sur l'encaissement, au prix d'une avance de trésorerie quand les clients paient tard. Elle n'a pas d'objet pour une entreprise en franchise, qui ne facture pas de TVA.

Avec la réforme, la mention « Option pour le paiement de la taxe d'après les débits » fait partie des nouvelles mentions obligatoires, et figure aussi dans l'e-reporting de transaction. Son effet le plus concret : la TVA n'étant plus exigible à l'encaissement, ces ventes ne donnent pas lieu à des données de paiement.

Exemple

Une agence de conseil redevable de la TVA a opté pour les débits. À partir de septembre 2027, ses factures portent la mention ; aucune donnée de paiement n'est à transmettre sur ces ventes. Sa voisine sans option transmet, elle, ses encaissements.

SourceCGI, article 269, 2 ; CGI, article 290 A ; CGI, annexe II, articles 242 nonies A (11° bis) et 242 nonies M.

Voir aussiDonnées de paiementCatégorie d'opérationRedevable de la TVAGuide : fiscalité de l'indépendant

P

PDF simple (facture non électronique)

Un PDF simple est une facture sans données structurées, produite par un traitement de texte ou numérisée, puis envoyée par email. Ce n'est pas une facture électronique. Il reste valable jusqu'à la date à laquelle l'émission électronique devient obligatoire pour vous, le 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises ; ensuite, l'envoyer à un client professionnel établi en France expose à une amende.

C'est la confusion la plus répandue chez les indépendants : « je fais déjà mes factures en PDF, donc je suis prêt ». Non. Le PDF ne contient pas de données lisibles par un logiciel, ne transite pas par une Plateforme Agréée et n'alimente pas l'administration. Il reste valable jusqu'à la date à laquelle l'émission électronique devient obligatoire pour vous, puis seulement pour vos clients particuliers et étrangers, qui ne relèvent pas de la facture électronique.

Nuance utile : une plateforme peut accepter d'autres formats que les formats de base et se charger de la conversion. Dans ce cas, c'est la facture convertie qui circule, pas votre PDF. Si votre logiciel produit directement du Factur-X, la question ne se pose plus.

Exemple

Une consultante envoie encore ses factures Word en PDF à ses clients entreprises en octobre 2027. Chaque envoi l'expose à 50 euros d'amende, dans la limite de 15 000 euros par an. Ses factures aux particuliers peuvent rester en PDF.

SourceCGI, article 289 bis ; CGI, article 1737, III ;impots.gouv.fr, une facture envoyée par mail est-elle une facture électronique ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiFacture électroniqueDématérialisation fiscaleFactur-XSanctions de la réforme

Plateforme Agréée (PA)

Une Plateforme Agréée est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'administration fiscale pour émettre, transmettre et recevoir les factures électroniques, et transmettre à l'administration les données de facturation, de transaction et de paiement. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie doit en avoir choisi une.

C'est la pièce centrale de la réforme, anciennement appelée « plateforme de dématérialisation partenaire ». Le numéro d'immatriculation, attribué pour trois ans renouvelables, suppose un dossier démontrant la conformité fiscale, la sécurité des données et l'interopérabilité. La liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr : c'est le seul critère fiable.

Une plateforme enregistre vos adresses de facturation dans l'annuaire, reçoit les factures de vos fournisseurs, transmet les vôtres, gère les statuts et transmet votre e-reporting. Vous pouvez en changer à tout moment : la nouvelle plateforme met à jour l'annuaire dans un délai maximal de quinze jours ouvrables après l'accord de l'ancienne, qui continue d'assurer la gestion des statuts pendant un an. Abby est immatriculée Plateforme Agréée, et la mise en conformité y est incluse dans toutes les offres, y compris la gratuite.

Exemple

Un carreleur active la facturation électronique dans son logiciel, qui est lui-même Plateforme Agréée. Une fois son accord formel signé et l'annuaire mis à jour, les factures de son grossiste en matériaux, une ETI déjà soumise à l'émission, arrivent directement dans son espace.

Sourceimpots.gouv.fr, je consulte la liste des plateformes agréées(vérifié le 23 septembre 2026) ; CGI, articles 289 bis et 290 B ; CGI, annexe II, articles 242 nonies E à 242 nonies E quater.

Voir aussiImmatriculation d'une Plateforme AgrééeOpérateur de dématérialisation (OD)Annuaire des destinatairesInteropérabilité entre plateformesHub facturation électronique Abby

Portail Public de Facturation (PPF)

Le Portail Public de Facturation était le nom du système de l'État au cœur de la réforme. Depuis la loi de finances pour 2026, les textes parlent de l'annuaire central et de la solution de l'administration qui recueille les données ; le sigle PPF reste employé.

Dans le schéma initial, chaque entreprise pouvait choisir entre une plateforme privée et le portail public pour émettre et recevoir ses factures. Ce choix a disparu : pour émettre, recevoir et transmettre son e-reporting, il faut passer par une Plateforme Agréée. L'État ne conserve que l'annuaire et la collecte des données.

Ne confondez pas ces outils avec Chorus Pro, la plateforme du secteur public, qui reste le circuit des factures adressées aux administrations. L'annuaire et la collecte des données sont invisibles pour vous : votre plateforme les utilise à chaque facture.

Exemple

À partir de septembre 2027, quand un formateur dépose une facture, sa plateforme consulte l'annuaire central pour trouver celle du client, puis transmet les données de facturation à l'administration. Le formateur ne se connecte jamais à ces outils.

SourceCGI, articles 289 bis, III et 290 B ; CGI, annexe II, article 242 nonies G ; décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 ;impots.gouv.fr, liste des plateformes agréées(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiAnnuaire des destinatairesChorus ProPlateforme Agréée (PA)

R

Réconciliation des paiements

La réconciliation des paiements consiste à rapprocher chaque facture du règlement reçu sur votre compte. Dans la réforme, elle permet de passer la facture au statut « encaissée » et de transmettre les données de paiement des prestations de services.

Tant que la TVA sur les services est exigible à l'encaissement, l'administration a besoin de la date et du montant réellement encaissés. Cette information n'existe que si votre outil sait qu'une facture a été payée. Le plus fiable est le rapprochement bancaire (votre logiciel connecté à votre compte) : il lit vos transactions et propose de les associer aux factures ouvertes, vous confirmez.

Sans connexion bancaire, vous pointez vos paiements à la main, ce qui reste faisable avec quelques factures par mois mais devient une source d'oubli au-delà. Un paiement partiel, un acompte, un virement groupé pour trois factures : autant de cas que la réconciliation doit traiter pour que les données de paiement soient justes.

Exemple

En 2028, une graphiste reçoit un virement de 1 800 euros couvrant deux factures électroniques. Elle l'affecte aux deux dans son outil. Les deux passent au statut « encaissée », avec leur date d'encaissement.

SourceCGI, article 290 A ; CGI, annexe II, article 242 nonies P ; CGI, annexe IV, article 41 septies G.

Voir aussiDonnées de paiementStatut de factureCycle de vie de la facture

Redevable de la TVA

Le redevable de la TVA est celui qui la facture, la déclare et la reverse à l'État. Tout redevable est assujetti, mais un assujetti en franchise en base n'est pas redevable. La réforme vise tous les assujettis, redevables ou non.

Être redevable change trois choses dans la réforme. Vos factures portent de la TVA et vos données de facturation la détaillent par taux. Le rythme de votre e-reporting dépend de votre régime d'imposition au lieu du rythme bimestriel de la franchise. Et, pour vos prestations de services, vous pouvez opter pour la TVA d'après les débits, ce qui sort ces ventes des données de paiement.

Devenir redevable en cours d'année, après dépassement des seuils de la franchise, ne change rien à votre raccordement : la même plateforme applique la TVA sur vos factures suivantes. Pensez à mettre à jour votre situation dans l'outil. Vos déclarations de TVA, elles, continuent selon leur périodicité habituelle.

Exemple

Un consultant sort de la franchise en juin 2028 et passe au régime simplifié. Ses factures portent désormais la TVA ; son e-reporting passe à une transmission par mois, alors que sa déclaration de TVA reste annuelle, avec des acomptes.

SourceCGI, articles 256 A et 293 B ; CGI, annexe II, articles 242 nonies O et 242 nonies P ;impots.gouv.fr, dois-je encore déposer des déclarations de TVA ?(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiAssujetti à la TVAE-reportingOption pour la TVA d'après les débitsGlossaire de la TVA

Refus de facture

Le refus est le statut par lequel le client indique qu'il refuse une facture électronique. Il est toujours motivé et réservé aux motifs de la norme (non-conformité, facture mal adressée, conditions contractuelles non respectées), jamais à un simple litige commercial.

À la différence du rejet, le refus n'est pas une anomalie technique : c'est un statut du cycle de vie, transmis d'une plateforme à l'autre et à l'administration. Vous commencez par analyser le motif. Si le refus révèle une erreur, vous corrigez la situation et, si nécessaire, émettez une nouvelle facture par le circuit électronique, avec un nouveau numéro. Selon les cas, les effets de la facture refusée sont neutralisés dans vos propres traitements, le cas échéant par un avoir interne.

Si vous contestez le refus, ne créez pas automatiquement une nouvelle facture ou un avoir : instruisez le désaccord avec le client et gardez les éléments qui justifient votre position. Le statut « refus » ne tranche pas le différend ; il ne remplace ni la négociation, ni la médiation, ni le juge.

Exemple

En 2027, un client refuse une facture électronique parce qu'elle est adressée à la mauvaise société de son groupe. Le fournisseur émet une nouvelle facture, avec un nouveau numéro, à la bonne entité, et neutralise la première dans son logiciel.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies G ;impots.gouv.fr, guide pratique de démarrage de la réforme(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiRejet de factureAvoir électroniqueCycle de vie de la factureGuide : relancer un client qui ne répond plus

Rejet de facture

Le rejet est le statut posé par la plateforme de l'émetteur ou du destinataire quand une facture échoue aux contrôles : format invalide, donnée obligatoire manquante, partie mal identifiée, routage impossible. La facture doit être corrigée puis transmise à nouveau.

À la différence du refus, qui vient du client, le rejet vient des contrôles des plateformes. C'est un incident à corriger, pas une raison de suspendre votre facturation. Commencez par en identifier la cause. Si l'erreur vient de vous, corrigez la facture et retransmettez-la par le circuit électronique. Si la difficulté tient au routage ou aux données de réception, rapprochez-vous de votre plateforme ou de votre client.

Parmi les causes fréquentes : un SIREN client absent ou erroné, ou un client qui n'a pas encore choisi de plateforme de réception. Dans ce second cas, c'est le client qui doit désigner sa plateforme de réception. Gardez la trace du rejet, de sa cause et de vos démarches.

Exemple

En septembre 2027, une rédactrice dépose sa première facture électronique avec un SIREN à 8 chiffres au lieu de 9 : rejet. Elle corrige la fiche client et transmet de nouveau la facture, qui passe les contrôles.

SourceCGI, annexe IV, articles 41 septies F et 41 septies G ;impots.gouv.fr, guide pratique de démarrage de la réforme(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiRefus de factureFormat structuréAdressage d'une factureSIREN et SIRET dans la facture électronique

S

Sanctions de la réforme

La réforme prévoit des amendes fiscales. Sans plateforme de réception : mise en demeure, puis 500 euros, puis 1 000 euros par période de trois mois. À partir de la date à laquelle l'émission électronique devient obligatoire pour vous (1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises) : 50 euros par facture non électronique et 500 euros par e-reporting manquant, plafonnés à 15 000 euros par an.

Ces montants sont ceux du Code général des impôts issus de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), en vigueur depuis le 21 février 2026. Ils ont remplacé des montants plus faibles que l'on trouve encore dans des documents anciens. Le plafond de 15 000 euros s'applique séparément aux factures, aux données de transaction et aux données de paiement.

Une première infraction commise au cours de l'année civile et des trois années précédentes n'est pas sanctionnée si elle est réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration.

Exemple

Un artisan sans plateforme de réception reçoit une mise en demeure en novembre 2026. Il choisit une plateforme dans les trois mois : aucune amende. S'il attend, il paie 500 euros, puis 1 000 euros après une nouvelle mise en demeure restée sans effet.

SourceCGI, articles 1737, III, IV bis et V, et 1788 D ;impots.gouv.fr, foire aux questions de la facturation électronique(vérifié le 23 septembre 2026) ;impots.gouv.fr, guide pratique de démarrage de la réforme(vérifié le 23 septembre 2026).

Voir aussiObligation de réceptionObligation d'émissionE-reportingCalendrier de la réforme

SIREN et SIRET dans la facture électronique

Le SIREN (9 chiffres) identifie l'entreprise, le SIRET (14 chiffres) chacun de ses établissements. La réforme raisonne par SIREN : celui du client devient une mention obligatoire à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises et sert d'identifiant principal dans l'annuaire central.

Chaque SIREN est concerné individuellement. Si vous avez une micro-entreprise et une société, ce sont deux entreprises distinctes dans l'annuaire, chacune avec sa plateforme de réception. À l'intérieur d'une entreprise, le SIRET et le code de routage servent à orienter la facture vers le bon établissement ou le bon service.

Le réflexe à prendre : renseigner le SIREN de chaque client professionnel dans sa fiche. C'est souvent la seule des nouvelles mentions qui demande une information que vous n'avez pas encore, et son absence fait échouer l'adressage. Le numéro se trouve sur les devis et factures de votre client ou dans l'annuaire des entreprises publié par l'État.

Exemple

Une consultante a 40 clients professionnels. Avant septembre 2027, elle complète les fiches avec leur SIREN. Le jour de la bascule, ses factures trouvent leur destinataire.

SourceCGI, annexe II, articles 242 nonies A (1°) et 242 nonies H ;service-public.fr, comment obtenir un numéro Siren ou un Siret ?(vérifié le 30 janvier 2025).

Voir aussiAdressage d'une factureCode de routageRejet de facture

Solution de facturation conforme

Une solution de facturation conforme produit des factures dans un format accepté par la réforme, avec les mentions obligatoires, et les fait entrer dans le circuit officiel, parce qu'elle est elle-même Plateforme Agréée ou raccordée à une plateforme.

Le mot « conforme » n'a pas de définition légale, ce qui autorise tous les discours commerciaux. Deux questions permettent de trancher. Le logiciel figure-t-il sur la liste des plateformes agréées publiée par l'administration fiscale ? Si oui, il assure lui-même la transmission. Sinon, à quelle Plateforme Agréée est-il raccordé, et ce raccordement couvre-t-il l'émission, la réception et l'e-reporting ? L'administration a créé un logo « solution compatible » pour les outils raccordés.

Un tableur, un traitement de texte ou un modèle de facture téléchargé ne sont pas des solutions conformes : ils ne produisent ni données structurées ni transmission. Pour un indépendant, le plus simple reste un outil qui est lui-même Plateforme Agréée.

Exemple

Un coach compare trois offres : un logiciel qui est Plateforme Agréée, un logiciel « solution compatible » raccordé à une plateforme tierce, et un modèle Excel. Seuls les deux premiers permettent de se mettre en règle.

Sourceservice-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026) ; CGI, article 289 bis.

Voir aussiPlateforme Agréée (PA)Opérateur de dématérialisation (OD)Format structuréGuide : quel logiciel de facturation pour auto-entrepreneur ?

Statut de facture

Le statut indique où en est une facture électronique dans son cycle de vie. Les textes en prévoient quatre, dépôt, rejet, refus et encaissée ; d'autres statuts facultatifs, comme la mise à disposition ou l'approbation, peuvent s'y ajouter.

Chaque acteur alimente une partie des statuts. La plateforme met à jour « dépôt », quand elle accepte la facture de l'émetteur, et « rejet », quand le format ou les contrôles ne sont pas conformes. Le destinataire pose le « refus ». L'émetteur pose « encaissée » pour les opérations soumises aux données de paiement, en général à partir de son rapprochement bancaire.

Le statut n'est pas qu'un confort de suivi. « Encaissée » porte les données de paiement des prestations de services. Un refus appelle l'analyse de son motif. Un rejet signifie que la facture doit être corrigée et transmise de nouveau. Lire ses statuts, c'est savoir quoi faire sans attendre un email du client.

Exemple

Fin 2027, une graphiste voit dans son outil trois factures électroniques payées et passées en « encaissée », et une quatrième sans suite depuis un mois. Elle relance la quatrième, et seulement celle-là.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies G ; CGI, annexe II, article 242 nonies E, 6° ; spécifications externes de la facturation électronique (DGFiP).

Voir aussiCycle de vie de la factureRejet de factureRefus de factureRéconciliation des paiements

T

Taille d'entreprise au sens de la réforme

La date d'émission obligatoire dépend de la catégorie de l'entreprise : micro-entreprise, PME, ETI ou grande entreprise, au sens de la loi de modernisation de l'économie. Ces catégories reposent sur l'effectif, le chiffre d'affaires et le total de bilan.

Les seuils : micro-entreprise, moins de 10 salariés et chiffre d'affaires ou total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros ; PME, moins de 250 salariés et chiffre d'affaires n'excédant pas 50 millions ou total de bilan n'excédant pas 43 millions ; ETI, moins de 5 000 salariés et chiffre d'affaires n'excédant pas 1,5 milliard ou total de bilan n'excédant pas 2 milliards ; grande entreprise au-delà. Micro-entreprises et PME émettent à partir du 1er septembre 2027, ETI et grandes entreprises depuis le 1er septembre 2026.

Attention au faux ami : la « micro-entreprise » de ce décret n'a rien à voir avec le régime du micro-entrepreneur. Une SARL de 8 salariés peut être une micro-entreprise au sens de la réforme. La forme juridique n'entre pas en compte : SAS, SARL, EI et micro-entrepreneur suivent le calendrier de leur catégorie.

Exemple

Un cabinet de conseil en SAS, 12 salariés, 1,8 million de chiffre d'affaires : PME au sens du décret, émission obligatoire à partir du 1er septembre 2027, comme la micro-entrepreneure qu'il sous-traite.

SourceLoi n° 2008-776 du 4 août 2008, article 51 ; décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 ; loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023, article 91 ;service-public.fr, se mettre en conformité avec la facturation électronique(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiCalendrier de la réformeObligation d'émission

Transmission des données de transaction

La transmission des données de transaction, ou e-reporting de transaction, est l'envoi à l'administration, via votre plateforme, des données des opérations sans facture électronique : ventes aux particuliers et aux clients non assujettis, ventes à des clients établis hors de France, certains achats à l'étranger. Elle s'applique à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Pour les particuliers et les autres clients non assujettis, les données sont globalisées par jour, sans nom de client : catégorie de transaction, base hors taxe et TVA par taux, date. Pour les clients assujettis établis à l'étranger, ce sont les données de chaque facture. Le rythme suit votre régime : tous les bimestres civils en franchise, une fois par mois au régime simplifié ou au réel normal trimestriel, trois fois par mois au réel normal mensuel.

Vous ne changez pas votre façon de vendre : vous continuez de remettre une note ou un ticket au particulier, une facture au client étranger. Ce qui change, c'est que ces données doivent arriver dans votre plateforme, par saisie dans votre livre de recettes ou par synchronisation de vos encaissements. En l'absence de transaction sur la période, aucune transmission n'est requise.

Exemple

Une couturière retoucheuse en franchise encaisse 1 400 euros de retouches auprès de particuliers en septembre et octobre 2027. Sa plateforme transmet, pour ce bimestre, le total par jour de ces recettes. Aucune cliente n'est nommée.

SourceCGI, article 290 ; CGI, annexe II, articles 242 nonies M et 242 nonies O ; CGI, annexe IV, articles 41 septies L et 41 septies M.

Voir aussiE-reportingDonnées de paiementB2B, B2C, B2GLogiciel de caisse et e-reporting

U

UBL

UBL (Universal Business Language) est l'une des syntaxes de facture électronique retenues par la réforme : un format XML standardisé par l'organisation OASIS et très utilisé en Europe. Il se lit avec un logiciel, pas à l'œil nu.

UBL et CII sont deux syntaxes différentes pour exprimer le même modèle de données, celui de la norme EN 16931. Les Plateformes Agréées doivent savoir recevoir l'une comme l'autre, et la plateforme du destinataire met la facture au format dont son client a besoin. Le choix entre les deux relève de l'éditeur, pas de vous.

Vous rencontrerez surtout UBL dans les échanges avec des entreprises étrangères. Une facture UBL reçue s'affiche dans votre logiciel sous une forme lisible, avec ses données déjà extraites ; le fichier brut, lui, ressemble à du code.

Exemple

En 2028, un développeur reçoit d'une agence néerlandaise une facture UBL pour une licence. Son logiciel l'affiche normalement et enregistre l'achat ; cet achat de service à un prestataire établi dans l'Union entre dans son e-reporting.

SourceCGI, annexe IV, article 41 septies C (arrêté du 7 octobre 2022 modifié par l'arrêté du 27 juillet 2026) ; norme EN 16931 ; OASIS UBL ; CGI, article 290, I-3°.

Voir aussiCIIFactur-XFormat structuré

V

ViDA (TVA à l'ère numérique)

ViDA (VAT in the Digital Age) est un ensemble de textes européens adopté en mars 2025 pour moderniser la TVA. À partir du 1er juillet 2030, les ventes entre entreprises de deux pays de l'Union européenne passeront par une facture électronique et une déclaration numérique.

Quand vous facturez une entreprise d'un autre pays de l'Union européenne, la vente relève en France de l'e-reporting à partir de la date à laquelle l'émission électronique devient obligatoire pour vous (1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises). Avec ViDA, ces ventes devront être facturées au format électronique conforme à la norme européenne EN 16931, dans les dix jours suivant le fait générateur et déclarées à l'administration par voie numérique.

ViDA conforte aussi la réforme française : un État membre peut désormais imposer la facture électronique sur les ventes réalisées sur son territoire sans demander d'autorisation à Bruxelles. Les systèmes nationaux existants, comme le système français, devront converger vers le cadre européen d'ici 2035.

Exemple

Une traductrice facture régulièrement des agences allemandes et espagnoles. À partir de juillet 2030, ces factures passeront en électronique au format européen ; une plateforme déjà conforme à la norme EN 16931 lui évite de repartir de zéro.

SourceDirective (UE) 2025/516 du Conseil du 11 mars 2025 ; norme EN 16931 ; Commission européenne, « VAT in the Digital Age ».

Voir aussiOpération domestiqueE-reportingFactur-X

Questions fréquentes

Les confusions les plus courantes, tranchées en quelques lignes.

La facture électronique concerne vos ventes à des entreprises assujetties à la TVA et établies en France. L'e-reporting ne crée aucune facture. Il transmet à l'administration les données de vos autres ventes (particuliers, clients étrangers) et, pour les prestations de services, vos encaissements. Les deux passent par votre Plateforme Agréée. Pour les PME et micro-entreprises, l'émission et l'e-reporting démarrent le 1er septembre 2027 ; la réception, elle, est obligatoire pour toutes depuis le 1er septembre 2026.

Les glossaires voisins

Le vocabulaire de la réforme s'appuie sur celui de la facture et de la TVA.

Les mots sont clairs. La mise en règle prend trois minutes.

Abby est immatriculée Plateforme Agréée. La mise en conformité est incluse dans toutes les offres, y compris l'offre Basique gratuite.

Créer mon compte gratuit →

Gratuit, sans engagement, sans carte bancaire.

Pour aller plus loin

Quand une définition ne suffit pas.

Voir toutes les ressources →