✦ 13 termes · vérifiés le 14 octobre 2026 · sources officielles

Glossaire du freelance : 13 termes expliqués

Le mot freelance n'a pas de définition légale en droit français. Il désigne une manière de travailler, pas un statut. Vous vendez votre temps ou vos livrables à plusieurs clients, sans lien de subordination, sous le statut juridique de votre choix. Autour de cette activité s'est construit un vocabulaire mi-commercial, mi-juridique, en partie emprunté à l'anglais : régie, forfait, intercontrat, retainer, portage, intermédiation. Ces mots ont des effets concrets. Ils pèsent sur le prix que vous facturez, sur ce que vous cédez à votre client et sur le risque de requalification en contrat de travail. Les définitions sont écrites pour les indépendants qui travaillent seuls, en micro-entreprise comme en société. Ce glossaire les explique un par un, du point de vue de celui qui signe, facture et se fait payer.

IndexABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ

Chaque définition indique sa source. Dernière vérification de l'ensemble : 14 octobre 2026. Les seuils et montants cités sont ceux en vigueur à cette date.

A

Apporteur d'affaires

L'apporteur d'affaires met un prestataire en relation avec un client, sans participer à la mission. Il reçoit en échange une rémunération, en général proportionnelle au chiffre d'affaires généré. Un contrat d'apport d'affaires fixe le fait générateur, le taux, l'assiette et la durée.

Le contrat d'apport d'affaires précise d'abord quand la commission est due : à la signature du client ou à l'encaissement. Si elle est due à l'encaissement, vous ne versez jamais de commission sur une facture restée impayée. Il fixe aussi la base de calcul, par exemple le montant hors taxes, et indique si la commission porte sur la première mission ou sur toutes celles du même client.

Le contrat prévoit également une durée : un apport ponctuel ne justifie pas une commission sans limite de temps. Il indique également si l'apporteur travaille en exclusivité ou non.

Exemple

Une consultante signe avec un ancien collègue : 8 % du montant hors taxes encaissé, pendant les douze premiers mois avec chaque client apporté. Elle encaisse 24 000 euros hors taxes du premier client la première année. La commission due est de 1 920 euros.

SourceNotion de pratique commerciale ; Code de commerce, article L110-1.

Voir aussiCommissionPlateforme de freelancesPortage salarial

C

Commission

La commission est la part du montant d'une mission prélevée par un intermédiaire : plateforme, apporteur d'affaires, agence ou société de services. Elle s'exprime en pourcentage. Si elle est prélevée sur le prix du prestataire, elle réduit son revenu ; si elle s'ajoute à ce prix, elle augmente le prix payé par le client.

Prenons une commission de 15 % sur un tarif de 600 euros. Prélevée sur votre prix, elle vous laisse 510 euros par jour. Ajoutée à votre prix, elle porte le prix payé par le client à 690 euros et vous encaissez vos 600 euros.

Une commission peut inclure différents services, comme la garantie de paiement, le contrat, la facturation et le recouvrement. Une commission de mise en relation seule, prélevée à vie sur un client que vous servez ensuite en direct, se justifie moins. Au régime réel, la commission est une charge déductible, elle ne l'est pas en micro-entreprise.

Quand l'intermédiaire signe le contrat avec le client, c'est lui qui vous paie, mais en cas de litige sur la nature de la relation, ce sont vos conditions de travail chez le client final qui comptent.

Exemple

Un rédacteur compare deux plateformes. L'une prélève 20 % du montant de ses missions. L'autre prélève 12 %, mais paie à 45 jours sans garantie. Sur 30 000 euros de missions par an, l'écart brut est de 2 400 euros, à comparer au risque d'impayé.

SourceNotion de pratique commerciale ;service-public.fr, régime fiscal de la micro-entreprise(vérifié le 13 mai 2026) ;service-public.fr, comment différencier le travailleur indépendant du salarié ?(vérifié le 21 novembre 2025).

Voir aussiApporteur d'affairesPlateforme de freelancesESN (anciennement SSII)Portage salarialCharges (glossaire comptabilité)Abattement forfaitaire (glossaire impôts)

D

Droits d'auteur et artistes-auteurs

Le régime des artistes-auteurs est le régime social des créateurs d'œuvres de l'esprit : écrivains, compositeurs, auteurs d'arts graphiques et plastiques, photographes, auteurs du cinéma, de l'audiovisuel et de logiciels. Il s'applique aux revenus tirés de la création et des activités qui la prolongent, pas aux autres prestations de services.

Ce régime est distinct de celui des autres indépendants. L'affiliation intervient dès la déclaration d'activité. Elle intervient aussi quand un tiers, comme un éditeur, vous verse des droits d'auteur et opère le précompte : il retient vos cotisations sur la somme versée et les reverse à l'Urssaf. Depuis le 1er avril 2026, l'Urssaf prononce l'affiliation, à la place de la Sécurité sociale des artistes-auteurs. Où que vous habitiez, vous déclarez vos revenus artistiques et payez vos cotisations auprès de l'URSSAF du Limousin, qui gère tous les artistes-auteurs de France. Depuis le 1er janvier 2026, cette démarche se fait obligatoirement en ligne.

La difficulté pratique est la frontière avec la prestation de services. Si vous êtes graphiste et concevez une identité visuelle, la part de création et de cession de droits relève en principe du régime des artistes-auteurs. Si vous déclinez des gabarits ou exécutez un travail sur instructions précises, vous réalisez une prestation de services. Vous pouvez cumuler les deux, avec deux statuts et deux déclarations. Vérifiez votre situation en amont pour éviter un redressement.

Exemple

Une autrice perçoit 18 000 euros de droits versés par un éditeur, avec précompte des cotisations. Elle facture aussi, en micro-entreprise, 9 000 euros de relecture et de correction pour des entreprises. Elle relève de deux régimes et fait deux déclarations, mais une seule déclaration de revenus au fisc.

Sourceservice-public.fr, artiste-auteur : affiliation et régime social(vérifié le 1er juin 2026) ; Code de la sécurité sociale, articles L382-1, R382-1 et L382-4.

Voir aussiLivrableClause de propriété intellectuelle (glossaire juridique)Cession de droits d'auteur (glossaire juridique)BNC (glossaire impôts)Micro-BNC (glossaire impôts)

E

ESN (anciennement SSII)

Une entreprise de services du numérique (ESN) place des consultants chez ses clients pour des missions longues, principalement en informatique. Elle emploie des salariés ou sous-traite à des indépendants. Pour un freelance, c'est un intermédiaire qui prélève une marge sur le prix du client final.

L'ESN peut vous apporter des missions en régie. Le fonctionnement est standardisé : contrat cadre de sous-traitance, bon de commande par mission, relevé d'activité mensuel signé par le client final, facture à 30 ou 45 jours. Ce cadre vous donne parfois accès à des grands comptes qui peuvent être difficiles à atteindre seul. Il apporte aussi une régularité de missions qui limite les intercontrats.

Trois points sont à surveiller. La marge de l'ESN, qu'elle n'a pas à vous communiquer : seul le tarif journalier qu'elle vous verse se négocie. Le délai de paiement, souvent de 45 jours, à intégrer à votre trésorerie. La clause de non-sollicitation, qui vous interdit de travailler en direct avec le client final pendant une durée fixée, souvent douze mois.

Pour tout contrat d'au moins 5 000 euros, l'ESN doit vous demander une attestation de vigilance URSSAF à la signature, puis tous les six mois. Ce document prouve que vous êtes à jour de vos déclarations et de vos cotisations.

Exemple

Un développeur signe avec une société de services : 520 euros par jour, relevé d'activité mensuel, paiement à 45 jours, non-sollicitation de douze mois. Le client final paie 720 euros par jour. Le développeur ne connaît pas la marge de 200 euros par jour.

SourceNotion de pratique sectorielle ; Code du travail, articles L8221-6 et L8222-1 ;service-public.fr, recourir à la sous-traitance(vérifié le 27 juin 2026).

Voir aussiCommissionRégie et forfaitRequalificationClause de non-concurrence (glossaire juridique)Contrat cadre (glossaire juridique)

F

Freelance

Le freelance vend ses compétences à plusieurs clients, sans lien de subordination. Le mot n'a pas de définition légale en droit français. Il décrit une manière de travailler, pas un statut. Son statut juridique détermine ses cotisations, son impôt et sa responsabilité.

Freelance et auto-entrepreneur ne sont pas deux options concurrentes. Le premier mot décrit une façon de travailler. Le second désigne un régime fiscal et social simplifié de l'entreprise individuelle. En freelance, vous pouvez être micro-entrepreneur, entrepreneur individuel au réel, gérant d'EURL, président de SASU, artiste-auteur ou salarié porté.

Le freelance se caractérise par deux traits : vous travaillez pour plusieurs clients, en même temps ou successivement, et vous restez autonome dans la façon de réaliser vos missions. Ces deux éléments protègent votre relation contre une requalification en contrat de travail. Si vous n'avez qu'un client et travaillez à ses horaires, dans ses locaux et avec son matériel, vous vous exposez à une requalification. La mention portée sur vos factures n'y change rien.

Exemple

Une développeuse travaille pour quatre clients, depuis son bureau, avec son propre matériel. Elle choisit ses horaires. Elle est freelance au sens courant du terme. Juridiquement, elle est micro-entrepreneuse en bénéfices non commerciaux.

SourceNotion d'usage, sans définition légale ;service-public.fr, différence entre un travailleur indépendant et un salarié(vérifié le 21 novembre 2025).

Voir aussiRequalificationPlateforme de freelancesTravailleur non salarié (glossaire création)Statut juridique (glossaire création)Trouver ses clients en freelance

I

Intercontrat

L'intercontrat est la période pendant laquelle un freelance n'a pas de mission en cours, par exemple entre deux contrats. Le terme vient des sociétés de services, où le consultant sans mission reste salarié et payé. Chez un indépendant, personne ne rémunère cette période en général.

L'intercontrat est la principale raison pour laquelle votre tarif journalier moyen (TJM) ne se compare pas à un salaire. À 600 euros par jour sur 140 jours facturés, vous encaissez 84 000 euros. Un calcul sur 220 jours travaillés laisserait croire à 132 000 euros. L'écart vient des congés, de l'administratif, de la prospection et de l'intercontrat. Intégrez-le dans le calcul de votre tarif plutôt que de le subir.

Trois leviers limitent ces périodes sans mission. Prospecter avant la fin de la mission en cours, au moins deux mois avant son terme. Multiplier les sources de missions : réseau, plateformes, sociétés de conseil et clients récurrents sous retainer. Garder une réserve de trésorerie pour choisir sa prochaine mission plutôt que d'accepter la première venue.

En portage salarial en contrat à durée indéterminée, une réserve financière constituée sur la dernière mission couvre en partie l'intercontrat.

Exemple

Un consultant termine une mission de neuf mois fin juin sans avoir prospecté. Il retrouve un client début septembre. Il a passé deux mois en intercontrat, soit environ 45 jours non facturés. À 600 euros par jour, cela représente 27 000 euros.

SourceNotion de pratique issue des sociétés de services ; réserve financière en portage salarial :service-public.fr, portage salarial(vérifié le 28 mai 2026).

Voir aussiPortage salarialRetainerTaux d'occupation (glossaire gestion)Jours facturables (glossaire gestion)

L

Livrable

Le livrable est ce que le client reçoit à la fin d'une étape ou de la mission : un fichier, un code source, un rapport, une maquette, une formation. Il est l'objet de l'engagement contractuel. Sa remise déclenche la recette et, en général, la facture.

Au forfait, décrivez vos livrables avec précision : le contrôle de conformité porte sur eux. Indiquez le format, le support et le niveau de finition. Précisez aussi ce qui n'est pas fourni : sources ouvertes ou fichiers aplatis, code commenté ou non, documentation incluse ou non, droits cédés ou simple licence d'usage.

Distinguez le livrable de la prestation qui l'a produit. En régie, vous vous engagez sur le temps mis à disposition et le travail accompli. Au forfait, vous vous engagez sur le livrable lui-même. Cette distinction règle la facturation. En régie, la facture suit le relevé de temps accepté. Au forfait, elle suit la livraison et la recette. Rattachez chaque échéance de paiement à un livrable identifiable, pour éviter les factures contestées.

Exemple

Une graphiste précise ses livrables : un logo en trois déclinaisons, en fichiers vectoriels et matriciels, et une charte de huit pages. Les fichiers de travail intermédiaires ne sont pas fournis. La cession de droits couvre les supports numériques et imprimés du client.

SourceCode civil, articles 1103 et 1194 ; Code de la propriété intellectuelle, article L131-3.

Voir aussiRecetteRégie et forfaitCahier des charges (glossaire juridique)Cession de droits d'auteur (glossaire juridique)Facture d'acompte (glossaire facturation)

P

Plateforme de freelances

Une plateforme de freelances met en relation indépendants et entreprises. Elle peut gérer le contrat, la facturation, le paiement et parfois garantir le règlement. Elle se rémunère par une commission sur le montant de la mission, payée par le prestataire, le client ou les deux.

Il existe trois modèles. Certaines plateformes font seulement la mise en relation : vous signez avec le client et vous le facturez directement. D'autres émettent la facture en votre nom, par mandat de facturation : vous restez responsable de son contenu. D'autres encore s'interposent : vous facturez la plateforme, c'est donc elle que vous relancez en cas d'impayé, et elle se charge du recouvrement auprès du client.

Avant de vous inscrire, trois points sont à regarder. Le taux de commission et qui la paie : vous, le client ou les deux. Le délai de paiement et la garantie de règlement si le client ne paie pas. La clause de non-sollicitation, qui peut vous interdire de travailler en direct avec un client rencontré sur la plateforme, souvent pendant douze mois.

La plateforme transmet aussi vos revenus à l'administration fiscale, au titre du dispositif européen DAC7.

Exemple

Une développeuse décroche une mission de 12 jours à 600 euros via une plateforme. La plateforme prélève 10 % du montant de la mission côté prestataire. La développeuse facture 7 200 euros à la plateforme et encaisse 6 480 euros à 15 jours. Elle ne peut pas démarcher ce client en direct pendant douze mois.

Sourceimpots.gouv.fr, transfert d'informations en application des dispositifs DPI-DAC7(consulté le 22 septembre 2026) ; Code général des impôts, articles 1649 ter A à 1649 ter E.

Voir aussiCommissionApporteur d'affairesDAC7 (glossaire e-commerce)Trouver ses clients en freelance

Portage salarial

Le portage salarial est une relation contractuelle tripartite entre un salarié porté, une entreprise de portage et une entreprise cliente. Le porté trouve ses clients et fixe ses prix. L'entreprise de portage l'emploie, facture le client et lui verse un salaire.

L'accès est encadré. Vous devez avoir une qualification professionnelle de niveau 5 (bac+2) ou au moins trois ans d'expérience significative dans le même secteur. Votre prestation chez une même entreprise cliente est limitée à trois ans. Attention, le portage est interdit pour les services à la personne. Votre salaire mensuel garanti est de 70 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale si vous êtes junior hors forfait jours, 75 % si vous êtes senior. En forfait jours, c'est-à-dire avec un temps de travail compté en jours, il est de 85 %. Ce minimum inclut la prime d'apport d'affaires, dont le montant est fixé par la convention collective du portage salarial. En contrat à durée indéterminée, une réserve financière de 10 % du salaire de base de la dernière mission couvre les périodes sans mission.

L'entreprise de portage est votre employeur. Elle signe le contrat commercial avec le client, facture et établit votre bulletin de paie. Elle souscrit pour vous une assurance de responsabilité civile professionnelle et justifie d'une garantie financière qui couvre les salaires en cas de défaillance. Elle n'est pas tenue de vous fournir du travail : vous trouvez vous-même vos clients. Chaque mois, le compte d'activité détaille ses frais de gestion et votre rémunération nette.

Exemple

Une consultante facture 30 jours à 700 euros, soit 21 000 euros hors taxes à son client. L'entreprise de portage prélève ses frais de gestion et les cotisations patronales et salariales. Elle lui verse ensuite un salaire, avec bulletin de paie, droits au chômage et retraite du régime général.

Sourceservice-public.fr, portage salarial(vérifié le 28 mai 2026) ; Code du travail, articles L1254-1 et suivants, D1254-1 à R1254-5 ; convention collective des salariés en portage salarial.

Voir aussiIntercontratCommissionStatut juridique (glossaire création)ARE et ARCE (glossaire création)Assurance responsabilité civile professionnelle (glossaire micro-entreprise)

R

Recette

La recette est l'étape où le client vérifie que le livrable est conforme à l'accord, puis l'accepte. Elle prend la forme d'un procès-verbal, d'un message de validation ou de l'écoulement d'un délai prévu au contrat. Elle déclenche en général le paiement du solde.

Sans clause de recette, votre mission ne se termine jamais vraiment. Le client peut revenir des semaines plus tard sur un détail. Vous n'avez aucun moment où votre obligation est réputée exécutée. Une clause utile contient trois éléments : un délai de vérification chiffré, des critères d'acceptation vérifiables, et une acceptation tacite à la fin du délai sans réserve écrite. La recette marque aussi le transfert de responsabilité.

La recette avec réserves est la formule la plus équilibrée dans le cas de petits retours. Le client accepte le livrable et liste les points à corriger. La facturation est déclenchée, et vous corrigez uniquement ces points. Le paiement n'est pas bloqué pour un défaut mineur. Le procès-verbal de recette sert aussi à formaliser, livrable par livrable, la cession des droits prévue au contrat cadre.

Exemple

Un développeur livre le 3 mars. Le contrat prévoit sept jours de vérification après chaque livraison. Le client signale deux anomalies le 7, corrigées le 10, puis ne répond plus. La recette est réputée acquise le 17. La facture de solde part le 18.

SourceCode civil, articles 1103, 1194 et 1792-6 (réception, par analogie) ; Code de la propriété intellectuelle, article L131-3.

Voir aussiLivrableRégie et forfaitCahier des charges (glossaire juridique)Pénalités de retard (glossaire facturation)Relancer un client qui ne répond plus

Régie et forfait

La régie et le forfait sont deux façons de vendre une mission. En régie, le client achète du temps : le prestataire facture les jours travaillés à un tarif convenu. Au forfait, le client achète un résultat, avec un périmètre et un prix fixés d'avance.

Le choix déplace le risque. En régie, le client paie chaque journée supplémentaire : il supporte le risque de dérapage. Vous êtes protégé, mais vous justifiez votre temps et acceptez un suivi rapproché. Au forfait, le prix reste fixe quel que soit le temps passé. Le risque est donc chez vous. Une sous-estimation réduit votre marge, une surestimation l'augmente.

Ce choix a trois conséquences pratiques. Le contrat : au forfait, il décrit le périmètre, les livrables et le nombre d'allers-retours ; en régie, il fixe le tarif journalier et le suivi du temps. La facturation : en régie, vous facturez chaque mois sur relevé d'activité ; au forfait, par acomptes ou par étapes. Les changements : en régie, une demande en plus se traduit par des jours en plus ; au forfait, elle passe par un avenant ou un devis complémentaire.

Exemple

Un développeur vend la refonte d'un site 14 000 euros au forfait. Le périmètre compte douze pages et deux allers-retours. La maintenance qui suit est vendue en régie, facturée à la demi-journée sur relevé mensuel.

SourceCode civil, articles 1710 et 1787 et suivants (contrat d'entreprise) et article 1231-1 (obligations de moyens et de résultat).

Voir aussiLivrableRecetteCahier des charges (glossaire juridique)Tarif journalier moyen (glossaire gestion)Contrat de prestation de services (glossaire juridique)

Requalification

La requalification est la décision du juge qui reconnaît un contrat de travail derrière un contrat de prestation. Elle fait suite à une action du travailleur ou à un contrôle de l'Urssaf ou de l'inspection du travail. Le droit du travail s'applique alors rétroactivement.

Le juge regarde la réalité de votre travail, pas l'intitulé du contrat. Il cherche s'il existe un lien de subordination, c'est-à-dire si le client vous donne des ordres, contrôle votre travail et peut vous sanctionner. Plusieurs indices comptent, comme des horaires et un lieu de travail imposés, l'utilisation du matériel du client ou votre intégration dans une de ses équipes.

Si le contrat est requalifié, vous obtenez les droits d'un salarié : salaires, congés payés, préavis et indemnités. Les conséquences pèsent surtout sur le client, qui doit régulariser les cotisations auprès de l'URSSAF et risque des sanctions pour travail dissimulé. Pour rester indépendant, fixez vous-même vos horaires, votre lieu de travail et vos outils.

Exemple

Une consultante obtient la requalification de trois ans de mission chez un donneur d'ordre unique. Elle reçoit des indemnités de rupture, des congés payés et un rappel de salaire. Le donneur d'ordre supporte le redressement Urssaf correspondant.

SourceCode du travail, articles L1221-1, L8221-6, L8221-5 et L8224-1 ;service-public.fr, comment différencier le travailleur indépendant du salarié ?(vérifié le 21 novembre 2025) ;Code du travail numérique, le contrat de travail : les principales caractéristiques(mis à jour le 30 décembre 2025).

Voir aussiFreelanceESN (anciennement SSII)Contrôle URSSAF (glossaire URSSAF)

Retainer

Le retainer est un engagement récurrent : le client réserve une capacité de travail contre un montant fixe, en général mensuel. Il se distingue de la mission ponctuelle par sa reconduction. Il se distingue de l'abonnement à un produit parce qu'il porte sur du temps réservé.

Le retainer réserve un volume de jours, d'heures ou de livrables sur la période. Son premier intérêt est la prévisibilité : quelques retainers couvrent vos charges fixes et rendent les intercontrats moins risqués. Il remplace aussi la renégociation permanente par une reconduction tacite. Pour le client, il garantit votre disponibilité et, en général, un tarif préférentiel.

Trois clauses font la différence entre un retainer sain et un abonnement subi. Le report : les jours non consommés sont-ils perdus à la fin du mois, reportables un mois, ou perdus au-delà d'un plafond ? Le non-report est légitime, puisque le client paie une capacité réservée, mais annoncez-le. Le dépassement : à quel tarif facturez-vous au-delà du volume inclus ? Le préavis de résiliation : prévoyez un ou deux mois selon le volume, pour avoir le temps de replacer la capacité libérée.

Exemple

Une consultante vend un retainer de 2 500 euros par mois : trois jours réservés, non reportables, dépassement facturé 900 euros la journée, préavis de deux mois. Trois clients de ce type couvrent ses charges fixes.

SourceNotion de pratique commerciale ;service-public.fr, tout savoir sur la facturation(vérifié le 7 août 2026).

Voir aussiIntercontratAbonnement (glossaire facturation)Contrat cadre (glossaire juridique)Facturation récurrente (glossaire facturation)

Questions fréquentes

Les confusions les plus courantes, tranchées en quelques lignes.

« Freelance » décrit une façon de travailler : à son compte, pour plusieurs clients. « Indépendant » ou « travailleur non salarié » est une catégorie juridique et sociale, opposée au salariat. « Auto-entrepreneur », aujourd'hui micro-entrepreneur, désigne un régime fiscal et social simplifié de l'entreprise individuelle. Un freelance peut exercer comme indépendant (micro-entrepreneur, entrepreneur individuel au réel, gérant associé unique d'EURL), comme artiste-auteur, comme assimilé salarié (président de SASU) ou comme salarié porté.

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