Accueil ›Glossaire›Juridique et contrats✦ 27 termes · vérifiés le 14 octobre 2026 · sources officielles
Glossaire juridique et des contrats : 27 termes expliqués
Vous concluez des contrats chaque mois, parfois sans le savoir. Un devis accepté peut valoir contrat, tout comme un échange de mails. Des conditions générales acceptées d'un clic peuvent aussi vous engager. Ces mots décident de ce qui se passe en cas de litige : qui doit quoi, dans quel délai, devant quel juge, avec quelle preuve. Ce glossaire couvre les conditions générales, les clauses, la propriété intellectuelle, la confidentialité, la signature électronique, la protection des données et la résiliation. Les définitions sont écrites pour les indépendants qui travaillent seuls, en micro-entreprise comme en société. Pour le recouvrement des impayés, vous pouvez vous référer au glossaire des impayés ; pour les mentions de facture, au glossaire de la facturation.
Chaque définition indique sa source. Dernière vérification de l'ensemble : 14 octobre 2026. Les seuils et montants cités sont ceux en vigueur à cette date.
A
Avenant
L'avenant est l'accord écrit des parties qui modifie un contrat en cours sans le remplacer. Il fait corps avec le contrat initial. Il ne modifie que les clauses qu'il vise expressément.
Il peut changer le prix, le périmètre, le délai ou la durée, ajouter ou retirer une prestation. Sans avenant, le contrat continue de s'appliquer tel qu'il a été conclu.
Dans une prestation de services, votre contrat fixe ce que vous devez faire. Si le client demande plus que prévu en cours de mission, l'avenant ajoute ce travail et son prix. Pour chaque demande en dehors du cahier des charges, envoyez un devis complémentaire chiffré, à faire signer avant de commencer. Si vous acceptez oralement puis facturez après coup, vous aurez du mal à prouver l'accord.
Sa forme peut être simple : un devis complémentaire signé, un mail d'accord explicite sur un périmètre et un prix, ou un document formel pour les contrats importants. L'essentiel est de tracer l'accord des deux parties sur la modification et son prix. Dans un contrat cadre, l'avenant modifie le cadre lui-même. Les bons de commande, eux, en déclinent l'exécution sans le modifier.
Exemple
En cours de mission, un client demande à une consultante deux ateliers supplémentaires. Elle envoie un avenant d'une page : objet, prix, nouveau calendrier, le reste du contrat inchangé. Le client le signe en ligne le lendemain, et elle le facture sans discussion à la fin de la mission.
Le cahier des charges décrit le besoin du client et les caractéristiques attendues de la prestation : objectifs, périmètre, contraintes, livrables, critères de recette, planning. Une fois annexé au contrat, il devient contractuel et engage le prestataire sur tout son contenu.
Le périmètre peut être fonctionnel et technique. Le document précise aussi les obligations réciproques. Sans lui, ou s'il est imprécis, la mission peut s'étendre au fil des demandes. Si vous acceptez ces demandes les unes après les autres, une mission rentable peut finir à perte.
Prévoyez aussi des critères de recette, ils définissent quand la prestation est conforme, donc quand le solde est dû. Sans eux, la validation dépend de l'appréciation du client. Ajoutez un calendrier avec les obligations du client : s'il valide en retard, le planning se décale, et ces retards notés par écrit vous évitent des pénalités.
Exemple
Une développeuse rédige avec son client le cahier des charges d'un site : arborescence, fonctionnalités, contenus fournis par le client, critères de recette, planning avec dates de validation. Le devis de réalisation s'appuie dessus et les demandes hors périmètre font l'objet d'avenants.
La cession de droits d'auteur est le contrat écrit par lequel l'auteur transfère à un tiers tout ou partie de ses droits d'exploitation, appelés droits patrimoniaux. Elle mentionne chaque droit cédé, sa destination, son support, sa zone géographique et sa durée.
Les droits cédés peuvent être la reproduction, la représentation ou l'adaptation. Sans ces mentions, la cession peut être annulée. En cas de doute, le juge tranche en faveur de l'auteur.
Le droit moral comprend le droit à la paternité et au respect de l'œuvre. Il est inaliénable : il ne se cède jamais. L'auteur conserve le droit d'être nommé et de s'opposer à une dénaturation, même après une cession complète des droits patrimoniaux. Pour un logiciel, ce droit est réduit : le développeur ne peut pas s'opposer à une modification de son code par le client, sauf atteinte à son honneur ou à sa réputation. Une clause qui prétendrait céder le droit moral est nulle.
Vous ne pouvez pas céder d'un coup toutes vos œuvres à venir. Dans un contrat cadre, prévoyez donc le principe de la cession, puis cédez chaque œuvre au moment de sa livraison, par exemple dans le bon de commande.
Exemple
Un photographe cède à une marque les droits de reproduction et de représentation de vingt photographies, pour ses supports numériques et imprimés, dans le monde entier, pendant trois ans, moyennant une rémunération. Au-delà de trois ans, une nouvelle cession devra être négociée.
La clause de confidentialité, ou accord de non-divulgation, interdit à une partie de révéler ou d'utiliser à d'autres fins les informations reçues de l'autre. Elle précise les informations couvertes, les personnes autorisées, la durée de l'engagement et la sanction prévue.
Elle peut figurer dans votre contrat de prestation ou prendre la forme d'un accord séparé, signé avant les premiers échanges quand la discussion elle-même oblige à partager des informations sensibles. Délimitez précisément ce qui est couvert, car une définition trop large est difficile à faire respecter et une définition trop étroite laisse des trous.
Un engagement réciproque protège aussi vos méthodes, vos outils et vos tarifs, et il peut continuer de s'appliquer après la fin de la mission si l'accord le prévoit. Vous pouvez également ajouter une clause pénale avec un montant chiffré : sans elle, le préjudice reste difficile à prouver.
Exemple
Avant un audit, un consultant signe avec son client un accord de confidentialité réciproque, valable cinq ans après la mission. L'accord prévoit une clause pénale et la restitution ou la destruction des documents à la fin de l'intervention.
La clause de non-concurrence interdit à une partie de concurrencer l'autre. Contrairement à celle d'un salarié, elle n'impose pas de contrepartie financière entre professionnels. Elle doit être limitée dans le temps, dans l'espace et à une activité précise, et rester proportionnée.
Elle fixe une durée, une zone géographique et les activités visées. Certains contrats de prestation l'incluent quand le client veut éviter que vous travailliez pour son concurrent direct. Une interdiction sans limite de zone ou de durée serait disproportionnée : elle pourrait être annulée, car elle vous empêcherait de vivre de votre activité.
La clause de non-sollicitation est plus étroite, puisqu'elle interdit seulement de démarcher les clients ou les salariés de l'autre partie. Elle est plus facilement admise et peut suffire.
Exemple
Un consultant s'engage à ne pas travailler pour trois concurrents de son client, désignés par leur nom, pendant douze mois après la mission et sur le marché français. Une interdiction générale de faire du conseil aurait été excessive.
La clause de propriété intellectuelle indique à qui appartiennent les créations réalisées pendant la prestation et ce que le client peut en faire. Sans clause, les droits restent à l'auteur, même une fois la prestation payée.
Les créations faites spécialement pour le client peuvent lui être cédées. Vos outils existants, comme vos modèles ou les briques de code que vous réutilisez d'une mission à l'autre, restent à vous : vous pouvez simplement accorder au client une licence pour les utiliser. Pour les éléments qu'il vous fournit, inscrivez au contrat qu'il en détient les droits, ce qui vous couvre en cas de contrefaçon.
Faites dépendre la cession du paiement complet : tant que la facture n'est pas réglée, le client n'a pas les droits. Prévoyez aussi votre droit de montrer le travail dans votre portfolio, qu'une clause de confidentialité pourrait sinon vous interdire.
Exemple
Une graphiste cède au client les droits sur le logo, pour tous supports, en France et pendant dix ans, à partir du paiement complet. Ses gabarits restent à elle, et elle garde le droit de montrer le logo dans son portfolio.
La clause de réserve de propriété permet au vendeur de rester propriétaire des biens livrés jusqu'au paiement intégral du prix. En cas d'impayé, il peut les revendiquer, y compris lorsque l'acheteur fait l'objet d'une procédure collective.
Deux conditions s'appliquent. La clause doit avoir été acceptée par écrit au plus tard à la livraison. Les biens doivent être identifiables en nature. C'est l'une des rares sûretés simples et gratuites du vendeur, c'est-à-dire une garantie de paiement. Insérez-la dans les conditions générales de vente communiquées et acceptées, ou sur le bon de commande. Une clause imprimée pour la première fois sur la facture, après la livraison, est inopposable.
Elle ne couvre que les biens meubles identifiables. Elle ne protège pas les prestations de services. Elle ne couvre pas non plus les biens incorporés ou transformés au point de ne plus être individualisables. Dans une procédure collective, c'est-à-dire une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, exercez la revendication dans un délai strict de trois mois. Ce délai court à compter de la publication du jugement d'ouverture. Si vous vendez des services, l'équivalent est de subordonner la cession des droits d'auteur au paiement intégral.
Exemple
Un revendeur de matériel informatique inscrit une clause de réserve de propriété dans ses conditions générales acceptées à la commande. Un client est placé en liquidation avant d'avoir payé : il revendique les serveurs livrés dans le délai de trois mois et les récupère.
La clause pénale fixe à l'avance la somme due par la partie qui n'exécute pas son obligation. Elle dispense le créancier de prouver son préjudice. Le juge peut la modérer si elle est manifestement excessive, ou l'augmenter si elle est dérisoire.
Elle vise par exemple un retard de paiement, un retard de livraison, une rupture anticipée ou la violation d'une obligation de confidentialité. Son intérêt est dissuasif autant qu'indemnitaire. Un montant chiffré rend le coût du manquement visible à l'avance. Son montant doit rester proportionné à l'enjeu. Pour s'appliquer, elle doit figurer dans le contrat ou dans les conditions générales acceptées par le client, pas seulement sur une facture. Face à un consommateur, une clause pénale déséquilibrée, sans réciprocité, peut être jugée abusive et réputée non écrite.
Elle se distingue des pénalités de retard légales entre professionnels, qui s'appliquent de plein droit sans clause. Elle se distingue aussi de l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros, due par un client professionnel. Dans les prestations intellectuelles, la clause pénale la plus utile sanctionne la violation de la confidentialité ou de la propriété intellectuelle. Le préjudice y est difficile à chiffrer.
Exemple
Le contrat d'un consultant prévoit une clause pénale de 10 000 euros en cas de divulgation des informations confidentielles reçues. Le montant est un forfait dû sans preuve de préjudice ; le juge peut le réduire s'il est manifestement excessif.
SourceCode civil, articles 1231-5 et 1231-6 ; Code de la consommation, articles L212-1 et R212-2.
La clause résolutoire permet de mettre fin au contrat sans passer par un juge, si l'autre partie ne respecte pas une obligation précise, comme le paiement. Sauf mention contraire dans le contrat, elle ne joue qu'après une mise en demeure restée sans effet.
Elle vise par exemple un défaut de paiement, la non-fourniture des éléments nécessaires ou la violation d'une obligation essentielle.
L'intérêt de cette clause est la rapidité. Sans elle, la résolution suppose une décision de justice. Vous pouvez aussi mettre fin au contrat vous-même par un courrier, mais si le juge estime ensuite que le manquement n'était pas assez grave, c'est vous qui serez en faute. Avec cette clause, le contrat prend fin par le seul constat du manquement et l'écoulement du délai. Vous pouvez arrêter une prestation non payée sans attendre un jugement.
Rédigez-la avec précision : énumérez les manquements visés, prévoyez la mise en demeure avec son délai et rappelez que la résolution est acquise de plein droit. Le juge garde un contrôle. Il vérifie la bonne foi de celui qui l'invoque et peut écarter une mise en œuvre abusive. Face à un consommateur, une clause résolutoire que seul le professionnel peut utiliser risque d'être jugée abusive.
Exemple
Le contrat d'un développeur prévoit qu'à défaut de paiement d'une échéance dans les quinze jours d'une mise en demeure, le contrat est résolu de plein droit et les licences accordées suspendues. Un client cesse de payer. Le développeur constate la résolution, arrête les travaux et facture les prestations réalisées.
SourceCode civil, articles 1224 à 1230 ; Code de la consommation, article L212-1.
Les conditions générales d'utilisation fixent les règles d'usage d'un site, d'une application ou d'un service en ligne. Elles ne portent pas sur la vente et peuvent donc s'ajouter aux conditions générales de vente.
Elles précisent ce que l'utilisateur a le droit de faire, qui possède les contenus publiés et jusqu'où va votre responsabilité. Elles ne sont pas obligatoires, mais elles deviennent utiles dès que vous proposez un service en ligne avec des comptes utilisateurs. Pour s'appliquer, elles doivent être présentées à l'utilisateur, qui les accepte, par exemple en cochant une case à son inscription.
Sur votre site, elles complètent deux documents obligatoires : les mentions légales et la politique de confidentialité exigée par le RGPD. Si le service est payant, des conditions générales de vente s'y ajoutent.
Exemple
Une développeuse lance une application de gestion. Ses utilisateurs acceptent les CGU d'une case à cocher à l'inscription, et la version payante a ses propres conditions générales d'abonnement. Son site affiche aussi ses mentions légales et sa politique de confidentialité.
Les conditions générales de vente réunissent les règles que vous appliquez à tous vos clients : prix, conditions de paiement, pénalités de retard, garanties et responsabilité. Elles servent de base à chaque vente ou prestation.
Face à un client professionnel, certaines clauses sont obligatoires, comme les conditions de règlement et les pénalités de retard. D'autres sont facultatives mais vous protègent, comme la clause pénale, la réserve de propriété ou la limitation de responsabilité. Pour s'appliquer, vos CGV doivent avoir été communiquées au client et acceptées avant le contrat, par exemple grâce à un renvoi dans le devis signé.
Face à un particulier, elles mentionnent aussi le droit de rétractation quand il s'applique, les garanties légales et les coordonnées du médiateur de la consommation. Dans tous les cas, une clause qui crée un déséquilibre important entre vous et votre client est interdite.
Exemple
Une graphiste prévoit dans ses CGV un acompte de 30 % du prix total, un paiement à 30 jours et deux allers-retours de corrections inclus. Pour ses clients professionnels, elle ajoute des pénalités de retard égales à trois fois le taux d'intérêt légal et l'indemnité forfaitaire de 40 euros. Pour ses clients particuliers, elle indique les coordonnées de son médiateur.
Le contrat cadre fixe les règles générales des relations futures entre deux parties : tarifs, façon de commander, responsabilité et durée. Des bons de commande ou des ordres de mission précisent ensuite l'exécution de chaque mission.
Chaque commande s'y rattache sans tout renégocier, ce qui accélère les missions suivantes, mais le contrat peut figer pour plusieurs années des conditions défavorables comme vos tarifs.
Un barème de prix révisable suppose une clause d'indexation ou une clause de fixation unilatérale du prix. Un contrat cadre à durée indéterminée peut être résilié à tout moment avec un préavis. Si le préavis est trop court, l'autre partie peut demander en justice des dommages et intérêts pour rupture brutale d'une relation commerciale établie. Le préavis prévu au contrat ne suffit pas toujours : le juge peut l'estimer trop court au regard de la durée de la relation.
Exemple
Une consultante signe un contrat cadre de trois ans avec un groupe : tarifs indexés chaque année, paiement à trente jours, responsabilité plafonnée. Chaque intervention fait ensuite l'objet d'un simple bon de commande.
SourceCode civil, articles 1111 et 1164 ; Code de commerce, article L442-1, II.
Le contrat de prestation de services est l'accord par lequel un prestataire s'engage à réaliser un travail déterminé pour un client, moyennant un prix, sans lien de subordination. Il se forme par l'échange des consentements : devis signé, bon de commande accepté ou contrat écrit.
Précisez les clauses essentielles : l'objet de la prestation, avec ce qu'elle inclut et exclut, le prix et ses modalités de révision, le calendrier, puis les obligations du client (fourniture d'éléments, validation, accès). Ajoutez les conditions de paiement, la propriété intellectuelle, la confidentialité, la résiliation et le règlement des litiges. Quand le contrat ne dit rien sur un point, ce sont les règles par défaut du Code civil qui s'appliquent. Elles peuvent être moins favorables au prestataire.
Votre contrat peut vous engager de deux façons. Avec une obligation de moyens, vous devez faire tout ce qu'un professionnel sérieux ferait, sans garantir le résultat. L'obligation de résultat va plus loin : vous devez atteindre le résultat promis. Un traducteur qui s'engage à livrer un document traduit à une date précise est dans ce cas. Le consultant qui accompagne une réorganisation, lui, est en obligation de moyens. Pourquoi est-ce important ? En cas de litige, cette qualification détermine qui doit prouver quoi.
Exemple
Une consultante signe un contrat de six mois : objet limité au diagnostic et au plan d'action, hors mise en œuvre ; deux jours par semaine ; prix journalier ; obligation de moyens ; confidentialité de trois ans ; résiliation avec préavis d'un mois. Le périmètre écrit lui évite trois demandes hors sujet.
Le droit de rétractation permet au client particulier de revenir sur son engagement, sans motif ni pénalité, dans un délai de quatorze jours. Il vise les contrats conclus à distance ou hors établissement, comme un achat sur internet, par téléphone ou lors d'un démarchage.
Le délai court à partir de la réception du bien, ou du jour où le contrat est conclu pour un service. Vous devez informer le client de ce droit et lui fournir un formulaire type de rétractation, car sans cette information le délai de rétractation est prolongé de douze mois. Si vous vendez en ligne, vous devez aussi proposer une fonctionnalité de rétractation en ligne depuis le 19 juin 2026. Certains achats sont exclus, comme les biens personnalisés ou les denrées périssables.
Vous pouvez démarrer un service avant la fin du délai, à la demande expresse du client. S'il se rétracte ensuite, il paie le service déjà fourni à condition d'avoir été informé, sinon vous risquez de devoir tout rembourser. Ce droit ne s'applique pas entre professionnels, sauf dans les cas prévus par la loi.
Exemple
Une coach vend un accompagnement en ligne avec des conditions générales qui prévoient le délai de quatorze jours et le formulaire type, et propose une fonctionnalité de rétractation en ligne. Une case permet au client de demander un démarrage immédiat et d'accepter de payer les séances déjà faites en cas de rétractation.
La force majeure est un événement en dehors du contrôle de celui qui doit exécuter le contrat. Cette partie ne pouvait raisonnablement pas le prévoir à la signature, ni en éviter les effets. Elle suspend l'exécution si l'empêchement est temporaire.
Quand l'empêchement est définitif, le contrat est résolu, sans dommages et intérêts. Les trois conditions doivent toutes être réunies, et elles sont appliquées strictement. En principe, une hausse des prix ou la défaillance d'un sous-traitant ne sont pas une force majeure, car elles pouvaient être prévues ou surmontées.
Votre contrat peut prévoir sa propre liste d'événements, plus large que celle de la loi. Votre activité repose sur votre présence : une clause qui vise la maladie et l'accident vous sera plus utile qu'une clause générale. Elle peut prévoir la suspension des délais ou la résiliation sans pénalité.
Exemple
Une formatrice hospitalisée en urgence ne peut pas animer une session, mais son contrat fait de la maladie un cas de force majeure, à signaler sous 48 heures. La session est reportée sans pénalité.
La garantie légale de conformité oblige le vendeur professionnel à livrer au client particulier un bien conforme au contrat. Il répond des défauts présents au moment de la livraison, pendant deux ans pour un bien neuf.
Pendant ces deux ans, le défaut est présumé exister dès la livraison, et le client choisit entre la réparation et le remplacement, sans frais pour lui. Quand c'est impossible, trop long ou très gênant, il peut obtenir une baisse du prix ou l'annulation de la vente.
Cette garantie s'ajoute à la garantie des vices cachés, et vous devez informer le client de ces garanties avant la vente. Entre professionnels, la garantie des vices cachés et l'obligation de délivrance conforme du Code civil s'appliquent. Vos prestations de services relèvent en principe de la responsabilité contractuelle, sauf les contenus et services numériques vendus à des particuliers, qui ont leur propre garantie de conformité.
Exemple
Une créatrice vend un meuble en ligne à un particulier. Six mois plus tard, un défaut d'assemblage apparaît à l'usage. Le défaut est présumé exister dès la livraison : elle doit réparer ou remplacer le meuble sans frais.
SourceCode de la consommation, articles L217-3 à L217-14 et L224-25-12 et suivants ; Code civil, articles 1604, 1641 et 1648.
La lettre recommandée électronique est la version numérique du recommandé postal, avec la même valeur juridique. Un prestataire qualifié garantit l'identité de l'expéditeur, les dates d'envoi et de réception, et l'absence de modification du contenu.
Un particulier doit avoir accepté à l'avance de recevoir des recommandés électroniques, alors qu'un professionnel peut en recevoir sans accord. Le destinataire dispose de 15 jours pour accepter ou refuser le pli, et son refus ou son silence n'empêche pas la lettre d'être valablement notifiée.
Pour vous, c'est l'outil de la mise en demeure d'un client professionnel : l'envoi est immédiat, sans déplacement, et le prestataire conserve la preuve. Sa force vient du dispositif technique qui garantit l'identité, le contenu et la date, pas du support.
Exemple
Un lundi matin, une consultante envoie une mise en demeure par recommandé électronique à une société cliente, qui l'accepte le mardi. La date certifiée fait courir le délai de dix jours et sert de preuve dans le dossier d'injonction de payer.
Le médiateur de la consommation est un tiers indépendant chargé de régler les litiges à l'amiable. Tout professionnel qui vend à des consommateurs doit le proposer gratuitement à ses clients, en le choisissant avant tout litige.
L'obligation vaut quelle que soit la taille de l'entreprise, dans presque tous les secteurs (les soins fournis par un professionnel de santé sont exclus) : elle vous concerne en micro-entreprise dès que vous vendez à des particuliers. Vous devez choisir un médiateur référencé, adhérer à son dispositif et indiquer ses coordonnées sur votre site et dans vos conditions générales.
Seul le client peut saisir le médiateur, après vous avoir adressé une réclamation écrite, et la médiation est gratuite pour lui mais reste à votre charge. Sans médiateur, vous risquez une amende pouvant aller jusqu'à 3 000 euros en entreprise individuelle et 15 000 euros pour une société.
Exemple
Une décoratrice qui travaille pour des particuliers adhère à un médiateur de la consommation référencé. Elle indique son nom, son adresse et son site dans ses conditions générales et en bas de son site internet.
Les mentions légales sont les informations que tout site internet professionnel doit rendre accessibles. Elles identifient l'entreprise, son immatriculation, le directeur de la publication et l'hébergeur, ainsi que l'autorité qui a délivré l'autorisation, pour une activité réglementée.
En entreprise individuelle, vous devez indiquer votre nom et votre prénom suivis de la mention « EI » ou « entrepreneur individuel ». S'y ajoutent l'adresse de l'entreprise, une adresse mail et un numéro de téléphone, votre numéro d'identification, le nom du directeur de la publication et les coordonnées de l'hébergeur. Le numéro de TVA intracommunautaire s'ajoute quand vous en avez un. Une société indique aussi sa forme juridique et son capital.
Un site marchand ajoute les conditions de vente, le droit de rétractation et le médiateur de la consommation. L'absence de mentions légales est sanctionnée pénalement. Ces mentions ne remplacent ni les conditions générales ni la politique de confidentialité : les trois documents coexistent.
Exemple
Une consultante en entreprise individuelle publie sur son site son nom suivi de « EI », son adresse, son adresse mail, son numéro de téléphone, son numéro d'identification et son hébergeur. Elle ajoute un lien vers ses conditions générales et sa politique de confidentialité, puis le nom de son médiateur, car elle travaille pour des particuliers.
La preuve électronique est un écrit numérique admis comme preuve au même titre qu'un écrit papier. Son auteur doit pouvoir être identifié, et le document doit être créé et conservé de façon à garantir qu'il n'a pas été modifié.
Mails, contrats signés en ligne, factures et messages peuvent servir en justice, et le juge apprécie leur valeur au cas par cas. Un simple mail est recevable, mais il convainc moins qu'un contrat signé électroniquement et horodaté. L'horodatage associe au document une date et une heure certaines, attestées par un tiers.
Constituez votre preuve au quotidien en confirmant par écrit chaque décision prise à l'oral, puis en archivant les devis signés. La loi impose aussi de conserver vos factures dix ans. Les messages instantanés sont recevables, tout en restant fragiles, car ils se modifient facilement.
Exemple
Après chaque réunion, un consultant résume par mail les décisions prises et les demandes hors mission, sans que le client les conteste. Lors d'un litige sur le contenu de la mission, cette série de mails datés convainc le juge.
SourceCode civil, articles 1365 à 1368 ; Code de commerce, article L110-3 ; règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), articles 41 et 42 ;service-public.fr, tout savoir sur la facturation(vérifié le 7 août 2026).
L'assurance de protection juridique prend en charge les frais d'un assuré qui doit se défendre ou agir dans un litige. Elle couvre l'information juridique, la tentative d'accord amiable, les honoraires d'avocat et les frais de procédure, dans la limite de plafonds.
Elle ne se confond pas avec la responsabilité civile professionnelle, qui indemnise la personne à qui vous avez causé un dommage. La protection juridique finance votre défense, y compris quand c'est vous qui attaquez pour un impayé ou un litige sur un livrable, si votre contrat ne l'exclut pas.
Vérifiez le seuil d'intervention, en dessous duquel l'assureur ne prend rien en charge, et les plafonds par litige et par an. Un délai de carence peut aussi s'appliquer après la souscription. Le choix de l'avocat vous appartient : c'est un droit de l'assuré.
Exemple
Une graphiste en litige sur une facture de 7 000 euros active sa protection juridique. La tentative amiable échoue, et l'assureur prend en charge l'avocat qu'elle a choisi ainsi que les frais de procédure.
SourceCode des assurances, articles L127-1 à L127-8.
La résiliation met fin à un contrat pour l'avenir, sans remettre en cause ce qui a déjà été exécuté. Elle se distingue de la résolution, qui peut obliger les parties à restituer ce qu'elles ont reçu.
Elle peut venir d'un accord entre les parties, d'une clause du contrat ou d'une décision de justice. Un contrat à durée déterminée ne peut être rompu avant son terme que dans les cas prévus ou pour manquement grave. Un contrat à durée indéterminée, lui, peut être résilié à tout moment avec un préavis raisonnable.
La loi sanctionne aussi la rupture brutale d'une relation commerciale établie, même quand le contrat est respecté. Le préavis suffisant se mesure notamment à l'ancienneté de la relation et au volume d'affaires, et cette protection compte quand votre activité dépend d'un gros client.
Exemple
Un client rompt du jour au lendemain une relation de quatre ans qui représentait 60 % du chiffre d'affaires d'une consultante. Même sans contrat écrit, elle peut réclamer une indemnité correspondant au préavis qui aurait dû être respecté.
La responsabilité contractuelle oblige à réparer le dommage causé à l'autre partie quand le contrat n'est pas exécuté, mal exécuté ou exécuté en retard. Elle suppose un manquement, un préjudice et un lien entre les deux, sauf force majeure.
Pour une obligation de moyens, la faute doit être prouvée, alors que pour une obligation de résultat elle est présumée. Votre contrat peut limiter cette responsabilité avec une clause qui plafonne l'indemnité, par exemple au montant facturé, et exclure les dommages indirects comme une perte de chiffre d'affaires.
Ces clauses sont valables entre professionnels, sauf faute lourde ou intentionnelle, à condition de ne pas vider de sa substance votre obligation essentielle. Face à un consommateur, elles sont considérées comme abusives. Sans elles, une erreur sur une mission de 5 000 euros peut en théorie vous coûter plusieurs centaines de milliers d'euros. En plus de ces clauses, une assurance de responsabilité civile professionnelle adaptée à votre activité vous couvre si vous causez un dommage à un client.
Exemple
Le contrat d'un développeur limite sa responsabilité aux honoraires perçus sur les douze derniers mois et exclut les dommages indirects. Après une panne due à un bug, il répond du dommage dans cette limite, et son assurance prend en charge cette indemnité.
Le règlement général sur la protection des données (RGPD) encadre l'usage des données personnelles par toute entreprise, quelle que soit sa taille. Il impose une base légale, un but précis, l'information des personnes, une sécurité adaptée et une conservation limitée.
Une donnée personnelle permet d'identifier une personne, directement ou non. Vous devez tenir un registre de vos traitements de données et signer un contrat conforme avec vos sous-traitants, comme votre hébergeur ou votre outil d'emailing. Les personnes concernées peuvent demander l'accès à leurs données, leur correction, leur effacement ou s'opposer à leur usage, et la loi vous impose d'y répondre.
Les personnes doivent être informées par une politique de confidentialité claire et à jour, car une politique copiée sur un autre site ne suffit pas. Les cookies qui ne sont pas strictement nécessaires exigent le consentement de la personne. Un délégué à la protection des données n'est obligatoire que dans certains cas.
Exemple
Une coach tient un registre de trois traitements : clients, newsletter avec consentement et formulaire de contact. Sa politique de confidentialité indique les durées de conservation et les droits, et son contrat d'hébergement contient les clauses de sous-traitance exigées.
La signature électronique permet de donner son accord à un document sous forme numérique. Le règlement européen eIDAS lui reconnaît une valeur juridique, et la signature qualifiée a le même effet qu'une signature manuscrite.
Le règlement distingue trois niveaux. La signature simple identifie le signataire, sans garantie technique forte, alors que la signature avancée permet aussi de repérer toute modification du document après la signature. La signature qualifiée ajoute un certificat qualifié, et elle seule est présumée fiable.
Avec une signature qualifiée, c'est à celui qui conteste de prouver qu'elle n'est pas valable. Avec une signature simple ou avancée, c'est à vous d'en démontrer la fiabilité, grâce au dossier de preuve conservé par le prestataire.
Exemple
Une graphiste fait signer ses devis en ligne avec un code reçu par SMS, et le prestataire conserve un dossier de preuve horodaté. Quand un client conteste avoir accepté un devis, elle produit ce dossier.
La sous-traitance consiste à confier à un autre professionnel indépendant tout ou partie d'une prestation promise à un client. Le sous-traitant n'a pas de contrat avec le client final, et le prestataire principal reste seul responsable envers lui.
Certains contrats interdisent la sous-traitance ou l'autorisent seulement avec l'accord écrit du client. Sous-traiter malgré cette clause est un manquement au contrat. La loi du 31 décembre 1975 protège le sous-traitant dans tous les secteurs. S'il a été accepté par le client et n'est pas payé un mois après une mise en demeure, il peut réclamer directement au client final les sommes que celui-ci doit encore au prestataire. Si le client a déjà tout réglé, il ne paie pas deux fois : le sous-traitant doit alors se retourner contre le prestataire.
Comme donneur d'ordre, vous devez vérifier l'attestation de vigilance de votre sous-traitant pour tout contrat d'au moins 5 000 euros hors taxes. Ce contrôle se fait à la signature puis tous les six mois, sans quoi vous pouvez être tenu de payer ses cotisations avec lui en cas de travail dissimulé.
Exemple
Une graphiste confie le développement d'un site à un confrère pour 6 000 euros, après avoir vérifié son attestation de vigilance. Il signe une clause de confidentialité, et elle reste seule responsable du résultat devant sa cliente.
Le tribunal de commerce juge les litiges entre commerçants, entre artisans ou entre sociétés commerciales. Un particulier peut aussi le saisir contre un commerçant. Le tribunal judiciaire juge les autres litiges, notamment avec un professionnel libéral ou un consommateur.
Le bon tribunal dépend surtout du statut de votre adversaire. Le tribunal de commerce est compétent contre un commerçant, un artisan ou une société commerciale, et le tribunal judiciaire dans les autres cas, y compris face à un client particulier. Une erreur de tribunal vous fait perdre du temps, car le tribunal saisi à tort renvoie l'affaire.
Devant le tribunal de commerce, l'avocat n'est pas obligatoire pour une demande jusqu'à 10 000 euros. Devant le tribunal judiciaire, une demande jusqu'à 5 000 euros exige d'abord une tentative de règlement amiable, comme une conciliation ou une médiation. Sans cette tentative, la demande ne sera pas examinée.
Exemple
Une graphiste qui poursuit une société cliente pour 14 000 euros impayés saisit le tribunal de commerce. Un développeur poursuit un ostéopathe, professionnel libéral, pour 3 000 euros impayés : il saisit le tribunal judiciaire et tente d'abord un règlement amiable.
Les confusions les plus courantes, tranchées en quelques lignes.
Oui, un devis accepté et signé par le client forme un contrat. Il fixe l'objet, le prix, les délais et les conditions, et engage les deux parties. Le devis peut décrire précisément le périmètre, avec ce qui est inclus et ce qui est exclu, et renvoyer aux conditions générales de vente pour tout le reste. Une acceptation par mail non équivoque a la même valeur, mais la preuve est plus fragile.
Face à un particulier, oui : vous devez les fournir avant la conclusion du contrat. Face à un professionnel, elles sont facultatives. Vous devez toutefois les communiquer s'il les demande. Sans conditions générales régulières, vous ne pouvez pas vous prévaloir de vos conditions de paiement. Il en va de même pour vos clauses de limitation de responsabilité et votre clause de réserve de propriété.
Oui, dès que vous vendez des biens ou des prestations à des particuliers. Vous devez choisir un médiateur avant tout litige et adhérer à son dispositif. Ses coordonnées doivent figurer dans vos conditions générales, sur votre site et sur vos documents contractuels. Seul le consommateur peut le saisir, après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante. L'absence de dispositif est sanctionnée par une amende administrative.
Oui, si elle respecte le règlement européen eIDAS. Il prévoit trois niveaux : simple, avancée et qualifiée. La signature qualifiée a la même valeur juridique qu'une signature manuscrite. Sa fiabilité est présumée. Les deux autres niveaux sont recevables. En cas de contestation, leur fiabilité doit toutefois être prouvée.
Oui, dès que vous traitez des données personnelles : fichier clients, prospects, newsletter, formulaire de contact, caméra, données de santé. Vos obligations tiennent en quelques gestes. Vous devez informer les personnes et définir pour chaque traitement une base légale et une finalité. La loi impose aussi de limiter la collecte et la durée de conservation, de sécuriser les données et de tenir un registre des traitements. Le registre concerne presque tout le monde, alors que le délégué à la protection des données n'est obligatoire que dans certains cas.
Les glossaires voisins
Les contrats s'appuient aussi sur le vocabulaire de la micro-entreprise, du choix du statut et de la facturation électronique.
Devis signés en ligne dès l'offre Pro, conditions générales rattachées et mentions obligatoires dans un seul outil, gratuit pour démarrer. Abby est immatriculée Plateforme Agréée.